La Market Traders Association accuse la municipalité de soutirer la « concurrence déloyale »

En ce temps de post-confinement, alors que les foires sont encore fermées, des marchands de légumes se multiplient dans la capitale. Ce que déplorent les maraîchers du marché central car avec les restrictions sur l’accès au « gran bazar», la clientèle préfère parfois se tourner vers les marchands « illégaux ». Ils rappellent qu’un ordre de la cour avait interdit des marchands ambulants dans un rayon de 500 mètres autour du marché. Mais cela n’est pas respecté.

À 74 ans, Isoop Soobadar multiplie les démarches pour faire entendre la colère des maraîchers. Le vice-président de la Market Traders Association ne sait plus à quelle porte frapper, tant ses requêtes auprès des autorités sont tombées dans l’oreille d’un sourd. « Je suis parti à la municipalité, à la police, j’ai donné des noms, les endroits… mais on n’a rien fait. » Son problème : avec la décision du gouvernement de garder les foires fermées jusqu’à nouvel ordre, les marchands ambulants se sont transformés en marchands de légumes. Cela, alors même que le marché central opère depuis plus d’une semaine.

Isoop Soobadar dénonce ainsi cette « concurrence déloyale » et déplore le fait que les autorités ne réagissent pas pour faire justice aux maraîchers, qui paient pourtant un permis d’opération à la municipalité. « Près du site de la vente à l’encan, il y a une foire qui s’est installée et il y a au moins 2 000 personnes là chaque jour. On n’impose pas de “social distancing”, il n’y a pas de policier pour surveiller l’entrée comme c’est le cas au marché central. » Isoop Soobadar dit avoir relevé également des marchands rue La Reine et près du supermarché Dream Price. « Rue Arsenal, il y a quelqu’un qui vient dans son camion, il s’assoit comme un Maharajah et il y a six personnes qui vendent les légumes se trouvant dans son caisson. »

Pendant ce temps, affirme-t-il, les maraîchers du marché central peinent à vendre leurs légumes, en raison des règles sanitaires imposées. « On laisse entrer 50 clients seulement pour trente minutes et il y a 300 marchands. Si quelqu’un apporte 25 laitues, par exemple, dans l’après-midi, il n’aura vendu que 5 et il faudra jeter le reste. » Isoop Soobadar rappelle également qu’il y a un ordre de la cour interdisant les marchands ambulants à 500 mètres du marché central. « Cela n’est pas respecté et les autorités ne font rien », ajoute-t-il.