En 2021, dans un contexte de pandémie et d’avenir incertain, alors que les catholiques célèbrent l’Assomption de la Vierge, soit l’élévation de son corps et de son âme dans la gloire céleste, en quoi cette fête peut-elle nous parler ? Pour le père Jean-Michaël Durhône, Marie est un modèle de par la solidarité, la persévérance et la foi qu’elle a témoignées lors de sa vie terrestre. « Marie ne laisse pas sa foi être confinée. Elle ne se laisse pas décourager. Elle prend la route, elle avance, elle est persévérante. »

La fête de l’Assomption commémore l’élévation de la Vierge Marie au ciel au terme de sa vie terrestre. Jean-Michaël Durhône indique que la fête « ne date pas de l’époque où le pape l’a décrétée » comme tel. « Il y a une expérience qui se vit depuis le VIe siècle on peut dire dans l’Eglise. Ensuite, cela s’approfondit vers le Moyen Âge. La célébration arrive après en France avec Louis XIII. Et puis, le 1er novembre 1950, le pape Pie XII définit le dogme de l’Assomption de la Vierge. C’est un acte de foi que pose l’Eglise en célébrant le fait que le corps de Marie a été élevé au ciel et ne s’est pas décomposé. »

Aujourd’hui, l’Assomption continue d’être une fête importante à Maurice comme dans d’autres pays, poursuit le père Durhône. « Dans la manière dont l’Eglise parle de Marie, on ne parle pas d’elle comme Dieu. Marie représente un modèle, un témoin dans la foi. Marie est une femme qui a su vivre sa foi en Jésus Christ, son fils, qu’elle a accueilli comme sauveur. C’est très important de rappeler le fait que Marie a été choisie et appelée par Dieu pour qu’elle accueille le Sauveur, Jésus Christ. Elle devient par là même un modèle de foi. Elle nous montre que grandir dans le chemin de l’amour avec Jésus Christ est possible. »
En 2021, comment cette fête de l’Assomption peut-elle nous parler ? « Je crois que l’épisode de l’Evangile qui sera un peu lu partout à cette occasion, c’est où Marie, enceinte, rend visite à sa cousine Elisabeth, enceinte aussi. Les deux femmes se rencontrent et Elisabeth lui dit : “Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?”. Marie est pour nous un modèle dans le sens où elle aussi, à une période où la vie n’était pas si simple, a parcouru des kilomètres et des kilomètres, quittant Nazareth avec toutes ses collines et ses pentes pour aller dans une ville près de Jérusalem », explique notre intervenant. « Cela nous montre que c’est une personne déterminée. Si on peut dire aujourd’hui, en ces temps de pandémie, de confinement et de déconfinement, Marie ne laisse pas sa foi être confinée. Elle ne se laisse pas décourager. Elle prend la route, elle avance, elle est persévérante. Je crois que cela peut être un modèle pour tous les croyants. C’est une femme qui n’a pas peur d’affronter la vie. C’est une femme missionnaire. Elle n’hésite pas à sortir d’elle-même, de son confort pour aller vers les autres », fait ressortir Jean-Michaël Durhône.

Par ailleurs, ce qu’on peut retenir de la vie de Marie, ajoute le prêtre, « c’est sa solidarité » avec l’humanité. « Elle-même est enceinte et elle rend visite à sa cousine. Elle n’est pas individualiste. Elle ne se replie pas sur elle-même. Peut-être dans notre société d’aujourd’hui, des personnes comme Marie nous montrent qu’au cours de sa vie terrestre, c’est bon de vivre une solidarité avec d’autres personnes. Pour 2021, ce modèle de vie terrestre qu’a vécu Marie peut nous inspirer dans la manière dont nous avançons dans un contexte parfois de découragement, de questionnement et d’avenir incertain. Elle nous donne peut-être une espérance et une force pour dire que c’est possible encore de croire que nous pouvons avancer dans la vie, d’être solidaire. »