Dans la capitale : Covid-19 et chaleur n’intimident nullement les foules

– Face à la flambée des prix, le porte-monnaie est placé sous contrôle struct pour les dépenses de Noël et du Nouvel An

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Les rues de Port-Louis grouillent de monde en cette période de fin d’année et ce, malgré le spectre du Covid-19 et la rude chaleur qui prévaut dans la capitale ces jours-ci. Les marchands de rue ont refait surface en cette période festive et les automobilistes roulent constamment au ralenti dans les principales artères et autres rues avec les embouteillages provoqués par le nombre croissant de véhicules circulant dans la capitale.
Les Mauriciens, comme chaque année, sont de sortie pour les shoppings, pour se faire plaisir et ainsi terminer cette année 2021 sur une bonne note avec leurs proches. Les foules sont constantes ces jours-ci aux abords des centres commerciaux, des magasins ou encore des marchands de Street Food.

Nombreux sont les Mauriciens qui veulent agréablement terminer cette année 2021. Pour ce faire, ils affrontent le spectre de la contamination par le Covid-19 et font leur shopping pour se faire plaisir. « Nou pran nou prekosion. Nou pe met nou mask. Vaksin noun fini fer. Pa kapav aret viv non pli. Nou mars ar nou sanitizer osi. Me nou bizin fer nou shopping anuel. Sanz rido, dekor lakaz, ek invit fami. Me nou fer an sort ki nou pa met lavi dimoun an danze », soutient un père de famille, qui arpente la rue Desforges avec ses proches. « Pa fasil met sa mask la marse dan Porlwi. Pe toufe ek sa saler la », poursuit-il.

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Ces derniers font leurs achats dans la capitale chaque année. « Depans pa parey selma. Touzour bizin servi kass dan enn fason rezonab. Lekonomi finn afekte, bokou pri finn monte. Pa kapav bangole parski nou tou dan linsertitid ki kapav arive an 2021 », précise cet employé du privé. « Nou fer lafami plezir, nou fer ban zanfan kontan sirtou », ajoute-t-il.

Certaines familles ont opté pour boucler les achats un peu plus tôt cette fois-ci pour éviter les ruées et les attroupements en prélude du 24 décembre ou encore la dernière semaine menant au Nouvel An, surtout avec les bonis de fin d’année et les salaires qui ont déjà été versés.

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« Fini terminn bann shopping la boner pou evit lafoul dernie ler. Pa kapav pran tro bokou risk. La pe tann dir fini gagn sipa komie ka Omicron. Viris la fan pli vit seki banla pe dir », laisse entendre un habitant des Plaines-Wilhems venu compléter l’achat de jouets et de pétarades dans la capitale. « Saler Porlwi la extra. Me ou gagn pli so ek sa ban pri pe tande la. Tou kiksoz ser. Pa kapav fer gran tamtam », avance-t-il.

Les vêtements, les produits et objets de décoration, ou encore les jouets demeurent les objets les plus prisés durant cette période de fin d’année. « Noun prefer vinn fer shopping Porlwi parski ban espas komersial tro ranpli ek pri kanon. Nou al li simp sa lane la. Deza ki pwalon ti so sa lane la », fait part une jeune femme, entourée de ses amies. « Ena pri exazere. Prefer aste lor sime, pey inpe pli bo marse », poursuit-elle. « Pa kapav depans kass bonavini. Pe bizin ser sintir. Mwa mo pa tro depans kas ek kado petar. Mo prefer aste bann zafer itil pou mo bann zanfan », lâche pour sa part, une mère de famille, habitante d’un faubourg de la capitale. « Zis mo misie travay ek ena zanfan bizin konpoz lexame. Nou aste zis seki bizin », déclare-t-elle.

Dans le camp des commerçants, surtout des responsables de magasin, le sentiment est mitigé. L’on concède que les affaires ne sont pas au top, comme souhaité, surtout après une année grandement perturbée par le Covid-19. « Dimoun finn perdi travay, pri finn monte, pouvwar dasa finn bese. Li pa fasil sa la fin 2021 la. Klian pa pe depans kouma avan », affirme, pour sa part, un commerçant de la capitale. Il explique qu’avec la pandémie son magasin a accusé un grand manque à gagner. « Klian pa extra. Lartik kout ser ek lor la bizin fer lapey travayer. Manier pe ale pa kone si pou bizin al rod lavi ayer lot lane », explique ce commerçant de vêtements. « Ou trouv ena plin mouvman lor sime, me patou ki pe aste ladan. Bokou pe zis mars marse ek pe degourdi lipie », affirme le quinquagénaire.

Un autre commerçant abonde dans le même sens. « Bann klian nepli aste pou nanyin ek zot pe depans zis ek mwayin ki zot ena. Par kont bann kiksoz alimanter sa dimoun la pe aste plin. Deza ki ena news deor ek seki pe pase ki kapav gagn sertin produi manke dan pei », explique-t-il.

En temps normal, selon plusieurs marchands, dès fin novembre et durant le mois de décembre, les affaires sont plutôt bonnes. Mais visiblement une certaine morosité est en train de prévaloir cette année au niveau de plusieurs commerces malgré le fait que la capitale grouille de monde. On avance qu’habituellement, les magasins recrutent des jeunes étudiants à la recherche d’un emploi durant les vacances.

Cependant, vu que les ventes ont chuté, l’on n’a pas cherché de l’aide. « Sif dafer inn tonbe par 80 % konpare a 2019 avan kovid. Ou azout fre lorla, abe noun plate an fin de kont », se plaignent de nombreux commerçants. « Nous essayons de rester optimistes mais il semble que la situation va de mal en pis. L’impact du Covid-19 est un véritable cocktail explosif avec en contrepartie le pouvoir d’achat des Mauriciens qui a pris un coup. Les gens ne dépensent pas au petit bonheur. Ils achètent ce qui est vraiment important », soutient un homme d’affaires commercialisant des produits sportifs de marque. L’on fait aussi la remarque que de nombreux clients choisissent ces temps-ci d’acheter des produits bas de gamme.

« On travaille au jour le jour. On ne sait même pas de quoi demain sera fait. Si les choses continuent ainsi, on va devoir prendre une décision par rapport à notre business. Étant un magasin spécialisé dans des produits de qualité, nos ventes ont pris un sacré coup ces derniers temps », lance ce commerçant de la capitale.

Pour certains commerces, notamment ceux impliquées dans la vente des produits à des prix abordables, l’on affirme qu’une reprise encourageante a été notée depuis le début du mois de décembre. « Avec le paiement du boni de fin d’année, les ventes ont augmenté dans le magasin », fait comprendre un commerçant. « Bien que le budget des ménages ait été impacté par le Covid-19, les Mauriciens dépensent toujours », confie-t-il.

Les marchands ambulants profitent aussi de cette période de fin d’année et des mouvements de foule dans les rues de la capitale pour tenter de vendre leurs items comme des sacs, des ceintures, des jeans ou encore des jouets. « Nou esey tras enn ti lavi nou si. Deza travay in bien dir sa lane la », confie l’un des marchands qui a aménagé son étal dans l’un des coins de la rue Desforges.

Les affaires sont visiblement bonnes pour les marchands de nourriture, de boissons, de fruits et de “street food”, entre autres. « Avek sa saler Porlwi, dimoun aste bwar plin tank. Dilo limon la al bien. Ban trans melondo la osi dimoun la pe aste », avance un des marchands de boissons et de gâteaux. Même son de cloche du côté des marchands de kebab et de “dalpuri”. « Kote manze bizin dir ki lavant ok ziska ler », laissent entendre les marchands de “shawarma” et de grillades au niveau du Pont de Paris.

À Curepipe, le “mood” est là

À Curepipe, malgré le temps maussade, les consommateurs n’ont pas boudé les magasins, plus particulièrement des enseignes de vêtements. Les principales arcades étaient très fréquentées et on y circulait difficilement. Les banques et le bureau de poste n’étaient pas moins bondés. La crèche dans l’enceinte de la mairie et la vente de sapins aux abords de la rue Commerford, au même lieu chaque année, sont pour rappeler pourquoi la ville est plus animée que d’habitude depuis samedi dernier.

Des policiers, partout dans le centre, à pied ou en véhicule, patrouillent pour faire respecter la circulation, le stationnement ou les mesures sanitaires en vigueur. D’ailleurs, si le port du masque n’était pas obligatoire, vu la fréquentation notée à Curepipe, rien n’aurait indiqué que nous sommes en pleine pandémie.

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