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Des 53 000 fonctionnaires du pays, 78% ont repris le chemin du travail hier dans le sillage de la 2e phase du déconfinement. Un taux de présence jugé « satisfaisant » au sein de la direction de la Fonction publique, car celui-ci dépasse les 75% dans 48 ministères et départements. « Cela signifie qu’il n’y a a priori pas de “disruption of work” », fait-on comprendre au ministère de la Fonction publique. Néanmoins, pas moins de 2 000 fonctionnaires continuent de travailler à domicile. « On a autorisé cette méthode de travail afin de garder la balance entre le travail et la vie familiale. Dans le même temps, cela permet de diminuer la pression sur la circulation routière », explique un haut cadre de la Fonction publique.

Pour la rentrée, le ministère a décidé de revoir le système d’enregistrement des présences. Cette opération se fera désormais manuellement afin d’éviter toute manipulation de la machine habituellement utilisée à cet effet, et ainsi limiter les risques de transmission du virus. A noter par ailleurs que les fonctionnaires rentreront à des heures différentes, dépendant de leur catégorie.

Le président de la Federation of Civil Service and Other Union (FCSOU), Narendranath Gopee, qualifie « d’appréciable » le taux de présence dans la Fonction publique. « La rentrée s’est faite en douceur. On n’a pas enregistré des griefs particuliers de la part des fonctionnaires. La Fonction publique a bien démarré et nous espérons que les choses continueront ainsi », dit-il. Même son de cloche du côté du président  de la State and other Employees Federation, Radhakrishna Sadien. Ce dernier dit en effet aussi constater que la rentrée s’est déroulée « sans anicroche ».

Il se dit par ailleurs « satisfait » que la plupart des mesures qui avaient été discutées lors de sa rencontre avec le ministre de la Fonction publique durant la période de confinement ont été respectées. Mais de réclamer malgré tout que le gouvernement « assume son rôle d’employeur » en mettant « gratuitement » à la disposition des fonctionnaires des masques, « car la Covid-19 est considérée comme une maladie professionnelle ».

S’il se dit également satisfait de la manière dont s’est déroulée la rentrée, le président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions (FPBOU), Deepak Benydin, dit cependant noter que les salariés affectés dans les centres communautaires n’ont toujours pas repris le travail en raison de l’obligation de pratiquer la distanciation sociale. Et de dire que le même principe a été appliqué aux employés du Mauritius Institute of Training Development et d’autres institutions supérieures. « Lors de cette rentrée, beaucoup ont continué à ne pas appliquer la distanciation sociale. C’est très dangereux pour la population. Une troisième vague serait fatale pour le pays », préviennent les syndicalistes.