On se serait cru un jour de foire à Mahébourg. Mais la foule qui s’était massée sur le front de mer n’était pas là pour faire des achats ni tenter de voir le MV Wakashio de loin. Tous ces citoyens ont répondu à l’appel des militants de Rezistans ek Alternativ pour apporter leur collaboration à limiter les dégâts dans la baie de Mahébourg. Il y avait des résidents du village, ceux venus d’ailleurs, mais aussi des employés d’hôtels de la région. Tous mettent la main à la pâte pour fabriquer des bouées artisanales à base de feuilles de cannes sèches et de sarlon.

David Sauvage, le porte-parole, explique : « Nous sommes sur place depuis jeudi soir pour évaluer un prototype pouvant contenir l’huile. Nous avons utilisé les pailles de cannes et le sarlon. Il y a également des bouteilles en plastique. Notre but est de le mettre à la disposition des autorités pour l’utiliser là où il faut. On voulait d’abord tester cela, mais ceux qui pompaient l’huile nous ont fait comprendre qu’on n’avait pas le temps pour cela, car il manquait 500 mètres de bouées entre l’île Mouchoir Rouge et le Waterfront. Nous avons dû le déployer tout de suite pour empêcher l’huile de se répandre, avec la collaboration des résidents et des pêcheurs notamment. »

Hier matin, l’affluence était grande sur le front de mer de Mahébourg, car des Mauriciens étaient venus en grand nombre apporter leur aide à cette action citoyenne. David Sauvage indique que des compagnies, dont les sucreries, ont mis à leur disposition des feuilles de canne et du sarlon pour la fabrication des bouées. Tout en disant apprécier ce geste, il fait toutefois ressortir que les bouées vont contenir l’huile pendant quelque temps, mais qu’il faut impérativement que les autorités prennent les mesures nécessaires pour faire pomper l’huile. « Nous fabriquons quatre lignes de 25 mètres en une heure. À mon avis, c’est dans des moments pareils que la nation se construit. C’est touchant. Les gens mettent leur cœur à contribuer à sauver notre environnement. Un peu partout à travers l’île, les gens s’organisent et sont en train de fabriquer ces bouées. »

David Sauvage lance toutefois un appel pour avoir des combinaisons de plongée pour ceux qui vont poser les bouées en mer. « Nous sommes tous là en tant que citoyens pour apporter notre collaboration, mais il faut aussi que les personnes qui vont poser ces bouées en mer soient protégées. Nous faisons donc un appel pour qu’on nous apporte des combinaisons de plongée. Il nous en faut une dizaine. »

Daniel Saramandiff, président de l’Association des professionnels du tourisme, est aussi venu avec une équipe pour donner un coup de main à la fabrication des bouées artisanales. Il explique : « Nous sommes tous des opérateurs du tourisme. Il y a les employés de Beachcomber, de Lux, des tour-opérateurs… Nous avons 500 personnes qui seront mobilisées chaque jour pour donner un coup de main. Nous allons aider les Ong à faire des barrages et, de notre côté, nous allons en fabriquer d’autres pour les mettre ensemble. »