•   « En sus de la Covid-19, les travaux du Metro
    nous enfoncent déjà », soutiennent les maraîchers de Vacoas

Les marchands du bazar de Vacoas déchantent. Ils ont été informés par la municipalité qu’ils ne seront pas exemptés des frais relatifs à la location des étals pour les trois mois durant lesquels ils n’ont pas travaillé à cause du confinement. La pilule est d’autant plus indigeste que leur chiffre d’affaires s’est considérablement érodé depuis le démarrage des travaux du Metro Express et du Vacoas Urban Terminal. Les marchands du bazar de Quatre-Bornes sont dans la même situation que leurs collègues de la ville Cendrillon. Le vice-Premier ministre et ministre des Collectivités locales, Anwar Husnoo, qui répondait à une question du député rouge Patrick Assirvaden vendredi soir à l’Assemblée nationale, a soutenu que les revendications desdits marchands ne tomberont pas dans l’oreille d’un sourd et qu’il compte aborder la question avec les mairies concernées. 

« Le projet Metro Express est une aubaine pour nous, car il permettra de drainer une plus grande foule au marché, mais pour l’instant on souffre des travaux qui sont en cours », soutient Irfan., un marchand de légumes qui opère au marché de Vacoas depuis 20 ans. En outre, les travaux préliminaires du Vacoas Urban Terminal sont venus se greffer à la construction de la ligne de chemin de fer avant le deuxième confinement. Ce qui a contraint la mairie de délocaliser une partie du bazar vers un terrain vague situé à l’arrière. Ce chamboulement n’est pas sans conséquence pour les marchands, qui constatent une baisse conséquente de leur clientèle. Il n’y a désormais qu’une seule porte pour accéder au marché, alors que 80% des places de stationnement pour les consommateurs et les vendeurs ont été supprimées.

Les trois mois d’inactivité en 2020 et autant cette année à cause du confinement n’ont fait qu’enfoncer le clou. « Les allocations qu’on a perçues du gouvernement n’ont pas suffi. La hausse des prix des légumes fait fuir les clients qui préfèrent se tourner vers les marchands ambulants qui rôdent autour du marché. La baisse de notre chiffre d’affaires oscille entre 60% et 70% depuis un an », souligne Vijay. Et les maraîchers de la ville Cendrillon ne sont pas au bout de leur peine, car ils ont appris qu’ils devront payer leur fais de location des étals pour les trois mois qu’ils n’ont pas travaillé durant le confinement. « On ne s’attendait pas à ça, car nous avions été exemptés des frais de location l’année dernière lors du premier confinement. Je vais devoir débourser environ Rs 7 000, alors que je commence à peine à sortir la tête de l’eau », soutient un marchand de fruits.

Le maire “appelé” à revoir la situation

Nous avons tenté en vain de joindre le premier magistrat de la ville, Praveen Ramburn, pour avoir son avis sur toute la question. Conscient de l’incompréhension provoquée par cette mesure, le vice-Premier ministre et ministre des Collectivités locales, Anwar Husnoo, a tenté de désamorcer la polémique, vendredi au Parlement, en annonçant qu’il convoquera une réunion avec les maires des villes concernées pour remédier à la situation.

Cette information nous a été confirmée par le maire de Quatre-Bornes, Nagen Mootoosamy, qui est en butte à une vague de contestation après sa décision de ne pas exempter les marchands du bazar de Quatre-Bornes des frais de location. « J’étais confronté à un dilemme, car la mairie se trouve actuellement dans une situation financière délicate au même titre que les marchands du bazar. Il y a la possibilité de trouver une solution, mais cette prérogative incombe au ministère des Collectivités locales. Nous avons déjà eu une première rencontre avec certains officiers en attendant une rencontre avec le ministre qui débouchera, je l’espère, sur une issue favorable pour les marchands », dit-il.

Rose-Hill : les marchands exemptés des frais

Les marchands du bazar de Rose-Hill peuvent pousser un ouf de soulagement, car contrairement à leurs collègues de Quatre-Bornes et Vacoas, la mairie des Villes Sœurs leur a confirmé qu’ils sont exemptés des frais de location des étals pour les deux mois qu’ils n’ont pas exercé durant le confinement. « Quel soulagement ! Les six mois d’inactivité en 2020 et 2021 ont été un coup de massue pour nous. Il y a eu les travaux du Metro Express qui nous avaient déjà mis à genoux en 2019. Cette décision de la mairie nous permettra de repartir sur de nouvelles bases », nous a confié un marchand dudit bazar.