Les funérailles de sir Bhinod Bacha, décédé à la suite d’un accident dramatique de voiture samedi, se sont déroulées à la mi-journée hier. Sa dépouille a quitté la chapelle ardente de Moura, à Petite-Rivière, peu après 12h30, pour se rendre à Solférino, Vacoas, où ses proches lui ont rendu un ultime hommage avant son incinération. Les plus hautes personnalités de l’État, qu’il a côtoyées de près, étaient également présentes.
Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a confié que sir Bhinod Bacha était son collaborateur jusqu’à son dernier jour, puisqu’il avait participé à une réunion de travail consacrée aux interpellations parlementaires à son bureau dans la matinée de samedi, soit peu avant le drame. « Hormis sa compétence, c’était une personne très disciplinée et méticuleuse. Lorsqu’on lui confiait un travail, il n’était pas nécessaire de lui demander le résultat; c’est lui qui venait vers vous avec des solutions et des options. Sa contribution a toujours été extrêmement valable. Il était une encyclopédie de connaissances, mais aussi sur beaucoup d’événements et de situations qu’il a vécus. J’ai beaucoup appris des situations qu’il me racontait, et j’en tire des leçons pour les actions », a repris Pravind Jugnauth.
Le Premier ministre, qui était à Baie-du-Tombeau pour la commémoration du 50e anniversaire de la déportation des Chagossiens au moment du drame, a dit avoir eu un choc en apprenant les circonstances de l’accident, alors qu’il quittait la cérémonie en voiture. « Est-ce que vous réalisez, alors que vous avez travaillé en compagnie d’une personne et que vous apprenez peu après qu’elle n’est plus là… J’ai perdu un bon collaborateur. Il me manquera beaucoup. Je garde un très bon souvenir de nos relations, qui n’étaient pas seulement professionnelles, mais aussi amicales, puisque je le connaissais depuis longtemps. Je suis triste de ce départ prématuré », a-t-il dit. Pour Pravind Jugnauth, sir Bhinod avait un sens de l’État, un sens des responsabilités et un esprit de service.
Le président de la République, Pradeep Roopun, a également rendu hommage à sir Bhinod, avec qui il a eu l’occasion de partager son avis sur beaucoup de sujets. « Il était très respecté par la classe politique et administrative. Je le remercie pour sa contribution dans le développement du pays », a-t-il dit.
Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, a noté pour sa part que la population a été choquée par son décès dans ces circonstances tragiques. « La famille Bacha a toujours été très proche de la famille Duval. Nous perdons un mandarin de grande confiance et de compétence, qui a travaillé jusqu’à son dernier jour pour le pays », trouve-t-il.
Le chef de file du groupe parlementaire du Ptr, Arvin Boolell, se souvient, lui, avoir rendu visite à sir Bhinod au moment le plus sombre de sa vie. « À cette époque, j’avais, lors d’une interpellation, affirmé qu’il ne fallait pas avoir un “trial by the press” », a-t-il dit. « C’était une personne qui se faisait respecter, mais il respectait également les autres. Il était intolérant face à l’amateurisme. Je présente mes sympathies à son fils et à toute sa famille », dit-il.
L’ancien président de la République Cassam Uteem, présent également, a dit avoir connu sir Bhinod au Collège Royal de Port-Louis. Cette amitié avait perduré et tous deux ont eu l’occasion de travailler ensemble alors qu’il était ministre dans le gouvernement d’alors, et ensuite en tant que président de la République. « C’était un grand commis de l’État, d’une efficacité extraordinaire. Il est difficilement remplaçable », reconnaît-il.
Parmi les autres personnalités présentes se trouvaient également l’ancien vice-président Raouf Bundhun, qui a connu sir Bhinod depuis sa jeunesse, à Port-Louis, ainsi que Monique Ohsan, ancienne vice-présidente de la République, et pour qui « sir Bhinod reste un monument ».

