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Guillaume Auffray et Denzel Desveaux, les cousins cordistes : « Plus vite, plus haut, plus fort… »

Qu’il s’agisse du nettoyage des vitres, de la maintenance d’un bâtiment, ou du débroussaillage d’arbres, entre autres, les entreprises et les particuliers sont de plus en plus nombreux à faire appel aux cordistes, qui sont des ouvriers qualifiés polyvalents, bien que présents dans les métiers du bâtiment en particulier. Flairant le bon filon, Guillaume Auffray, 33 ans, et son cousin Denzel Desveaux, 21 ans, qui ignoraient encore ce qu’était cette profession il y a deux ans, sont aujourd’hui à la tête de Reckless Rope Solution (RPS), une microentreprise se spécialisant dans les travaux en hauteur, espaces clos et accès difficile. « Un métier qui connaît une progression fulgurante et où les débouchés sont énormes », confient les deux jeunes cordistes, qui entendent naturellement gravir les échelons professionnels en s’inspirant de la devise olympique « plus vite, plus haut, plus fort. »

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Denzel Desveaux et Guillaume Auffray ont un instrument pour affronter le vide et le dompter : la corde. Or, rien ne les prédestinait à devenir cordiste. Le premier nommé s’étant engagé, après ses études secondaires, dans la Légion étrangère, constituée de militaires sous commandement français, alors que son cousin s’était installé, en 2018, à Dubaï en compagnie de son épouse, qui travaillait alors comme hôtesse de l’air. Mais c’était sans compter l’émergence du coronavirus, qui chamboule tous leurs plans. Contraints de retourner à Maurice après la fin du premier confinement en mai 2020, Denzel Desveaux et Guillaume Auffray doivent alors trouver leur voie. Une rencontre va changer leur destin. Denzel Desveaux souligne avoir « rencontré, par hasard, un ami qui travaillait comme freelance dans le domaine, bien qu’il était plutôt spécialisé dans la vidange, l’assainissement et le nettoyage des canalisations, synonymes d’intervenons périlleuses dans de longues fosses, stations d’épuration et réservoirs. Il m’a demandé de travailler avec lui et j’ai accepté ».

Denzel Desveaux fait ses gammes en réalisant différentes tâches tout en ayant une pensée pour son cousin, toujours au chômage : « La diversité, la hauteur, l’adrénaline et l’autonomie sont autant de points positifs qui m’ont séduit dans cette profession. J’ai alors proposé au patron de recruter Guillaume qui, comme moi, a toutes les aptitudes nécessaires pour s’intégrer. C’est ce qu’il a fait. » Enrôlé dans le groupe, Guillaume Auffray se passionne au plus haut point pour cette nouvelle aventure. Les deux cousins accomplissent différentes missions, suspendus à leur harnais. « Nous avons escaladé des bâtiments tels l’hôtel Hennessy et la Banque de Maurice (BOM). Les tâches sont très variées. Si la formation de base se résume à un cours d’une semaine, la préparation du matériel requiert beaucoup de minutie et de concentration », souligne Guillaume Auffray. Toujours est-il qu’au bout de quelques mois, le courant ne passe plus entre les deux apprentis cordistes et leur patron. L’idée leur vient alors de voler de leurs propres ailes. « Nos chemins se sont séparés avec notre formateur, mais reste que nous lui serons toujours reconnaissants », disent-ils.

« On y a cru dur comme fer dès le début »

Motivés à bloc, les deux jeunes entrepreneurs ont alors des idées plein la tête… Sauf qu’ils ont les poches vides ! Qu’importe, ils ont fait avec les moyens du bord au commencement. Denzel Desveaux confie qu’ « au début, notre travail se limitait au nettoyage des bâtiments. Nous avions nos harnais de sécurité, nos casques et notre kit de lavage qu’on trimballait dans une petite voiture. En dépit des moyens réduits, grâce au bouche-à-oreille, de nombreuses entreprises nous ont sollicités. L’enthousiasme était présent et les espoirs palpables. On savait qu’on était sur la bonne voie, d’autant que seules quatre compagnies exerçaient dans ce secteur d’activité. » Les missions s’enchaînent et au bout de deux mois, Reckless Rope Solution (RPS) est incorporée, pour le grand bonheur des deux entrepreneurs. « Si le métier de cordiste n’était pas connu il y a dix ans, maintenant, on fait bien plus appel à nous, car aux yeux des contracteurs, les avantages d’un cordiste par rapport aux nacelles ou aux échafaudages sont indéniables », souligne Guillaume Auffray.

Outre le nettoyage de vitres, la purge de façades, la maçonnerie, la peinture, le débroussaillage et la coupe d’arbres, leur microentreprise intervient désormais dans l’entretien du matériel électrique, l’installation de détecteurs d’incendie, à la fixation de filets antipigeons en passant par l’inspection de rivières souterraines et le montage de filets de protection autour des falaises. On a rencontré les deux entrepreneurs escaladant un bâtiment commercial de sept étages, mercredi, à Vacoas. Après avoir multiplié les nœuds pour davantage de sécurité afin de les relier aux anneaux qui sont fichés dans le mur, le ballet aérien débute sous l’œil des passants. Les cordistes utilisent un chiffon et un Kärcher pour nettoyer les encadrements. Ils ont beau être à l’aise avec le vide, les deux cousins ne se considèrent pas comme étant des acrobates ou encore des voltigeurs. Leur job, c’est du sérieux. « Notre légitimité, nous la gagnons au quotidien en nous rendant de plus en plus indispensables sur bien des chantiers. On y a cru dur comme fer dès le début et aujourd’hui nous sommes appelés à former les jeunes cordistes », souligne Denzel Desveaux.

Forcément, cette activité requiert la mobilisation d’un personnel formé et compétent. Guillaume Auffray souligne que les principaux critères de recrutement demeurent l’aptitude physique et psychologique des apprentis : « Dans ce cas, vous devez être débrouillard et bricoleur. Si la formation de base se résume à des cours qui durent trois mois, la préparation du matériel requiert beaucoup de minutie et de concentration. » Les deux cousins auraient le vent en poupe, au point de lancer un appel pressant aux jeunes de les rejoindre dans leur aventure. « La jeunesse mauricienne, dont je fais partie, a un énorme potentiel. Sauf que beaucoup affirment que les opportunités n’existent pas. C’est faux ! Cette profession, s’ils se mettent au diapason, peut les propulser très loin…. Plus vite, plus haut, plus fort », conclut Denzel Desveaux.

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