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« Le gouvernement doit tirer des leçons de la pandémie en vue de réorienter son système économique, surtout au niveau de sa politique agricole. » C’est ce qu’estime le président du Conseil des Syndicats, Haniff Peerun, qui fait le point sur les prochaines luttes syndicales pour 2021. « Avec tous les syndicats, nous devrons travailler à aider les employés à mieux respirer », ajoute-t-il.

Haniff Peerun explique que « 2020 a été une année de choc pour Maurice, comme pour le monde entier, non habitué au confinement ». Il poursuit : « Nous avons pu, dans ce sillage, être témoins de la solidarité des Mauriciens où chacun est venu en aide, comme il pouvait, à son prochain. » Il dit de même « regretter » que, suite au naufrage du Wakashio, ce soit « d’abord les ONG et les citoyens qui ont retroussé leurs manches », avant de souhaiter qu’à l’avenir, « le gouvernement et les citoyens mettent ensemble la main à la pâte dans les moments durs comme dans les moments qui le sont moins ».

D’autre part, il déplore que ce soit « la classe des travailleurs qui payent les pots cassés quand il y a une crise comme avec le Covid Bill et le PRB ayant été reporté ». S’agissant de la distribution d’aides financières, suite à la crise sanitaire, il déplore encore « que la richesse créée par les travailleurs ait été distribuée sans grande prudence », même s’il reconnaît que le gouvernement a su mettre sur pied plusieurs “schemes” pour venir en aide à ceux qui en avaient besoin. Néanmoins, selon lui, « ce n’est pas possible » que l’industrie hôtelière, qui a amassé tant de richesses durant toutes ces années, soit aidée aujourd’hui par l’argent des contribuables. « Il n’y a pas eu d’études pour vérifier le bilan financier de ces hôtels », dit-il.

Parmi les prochaines luttes syndicales pour 2021, figurent « une négociation tripartite pour que la loi du travail retourne à ce qu’elle était avant la COVID-19 et l’engagement du gouvernement pour appliquer le PRB ». Les syndicats auront aussi pour mission en 2021, dit-il, de veiller « à freiner les pertes d’emploi ». Il explique : « Les employeurs ne peuvent bénéficier de l’aide de l’État pour ensuite licencier leurs employés. Nous veillerons à ce que les employés aient leurs dus indistinctement dans le privé comme dans le public. Mais nous veillerons aussi à tout problème touchant le Mauricien, que ce soit la hausse des prix ou l’ingérence politique au niveau des institutions. Nous élèverons nos voix. »