Le prix de l’essence et du diesel a accusé une hausse de Rs 2 depuis le 1er juillet, comme annoncé dans le budget 2021/22. Cette augmentation permettra au pays de s’approvisionner en vaccins afin de protéger la population contre le COVID-19. L’impact de cette hausse de prix est direct sur l’industrie du transport. Or, les compagnies d’autobus en sont, d’une certaine manière, protégées grâce à un mécanisme mis en place par le gouvernement. Cependant, l’appréciation de la valeur du dollar face à la roupie complique leur situation, déjà fragilisée par les deux confinements.

La hausse de Rs 2 sur le litre de diesel n’est pas fortement préoccupante pour le Triolet Bus Service. Cette compagnie de transport bénéficie d’une subvention du gouvernement à chaque augmentation de prix du diesel. « Un mécanisme mis en place par le gouvernement nous permet d’absorber cette augmentation de prix du diesel. De ce fait, l’impact sur nos opérations n’est pas si important », a déclaré Viraj Nundall, directeur général de Triolet Bus Service. Malgré cette « protection » assurée par le gouvernement, la situation de la compagnie n’est pas au beau fixe. La baisse de 40% des revenus à cause des deux confinements liés au COVID-19 a rendu la santé financière de la compagnie plus fragile. De plus, le manque de passagers exacerbe encore la situation.

Pouvoir tenir la tête hors de l’eau est une tâche complexe pour le directeur général.

« Depuis que le dollar s’est apprécié, nous avons beaucoup de difficultés à gérer nos dépenses. Nous importons en dollar et de ce fait, nous devons subir ces coûts additionnels », a-t-il dit. La compagnie importe souvent des pièces de rechange pour ses autobus. De nouveaux autobus seront aussi mis sur les routes très bientôt pour remplacer les anciens. Viraj Nundall a fait ressortir qu’une hausse de prix du ticket d’autobus « n’est pas la solution » dans le contexte actuel. « Cela nous affectera davantage et donnera plus de place aux transports marron », a-t-il ajouté.

Mais cette hausse de Rs 2 sur le litre du diesel inquiète le Mauritian Bus Transport. « Cette augmentation de prix pèsera lourd sur nos finances. En un an, nous estimons une augmentation de plus de Rs 1 million », dira son directeur général, Uday Raj Gujadhur.

Même s’il bénéficie d’une subvention du gouvernement à chaque hausse du prix du carburant, les prix des produits qu’il importe montent en flèche. « Je pense que les coûts additionnels pourront augmenter de plus d’un million de roupies pour la compagnie », a-t-il dit. Car on importe des pièces de rechange dont le prix a augmenté depuis que la valeur de la roupie a chuté face au dollar. Déjà, la compagnie a enregistré une baisse du nombre de ses passagers depuis le confinement. Uday Raj reste sceptique quant à une hausse dans le nombre de passagers une fois que le pays aura ouvert complètement ses frontières. Pour lui, il n’est pas question d’augmenter le prix du ticket d’autobus. Affecté depuis plusieurs longs mois par la concurrence déloyale des vans « marron », il craint qu’une hausse de prix du ticket n’entraîne plus de passagers « vers les transports marron au détriment de ses autobus ».

Chez Rose Hill Transport, cette hausse n’a pas réellement un effet grâce au mécanisme mis en place par le gouvernement. Mais pour le CEO de la compagnie, Sid Sharma, d’autres coûts ont augmenté. « Les importations coûtent plus cher et l’impact du métro sur les opérations de la compagnie n’est pas sans effet. Face à ce problème, le confinement a rendu la situation plus compliquée à cause de la baisse du nombre de passagers. Pire encore, le nombre de véhicules augmente dans le pays. En dépit d’une situation qui est devenue difficile, la compagnie essaie de la gérer. » Par ailleurs, tout en accueillant la mesure du gouvernement d’introduire des autobus électriques à Maurice, il souhaite « un soutien du gouvernement pour qu’il y ait plus d’autobus électriques dans le pays ».

D’ailleurs, la compagnie a déjà mis deux autobus électriques sur route. Et pour une île Maurice propre et résister au changement climatique, Sid Sharma espère un changement de mentalité et « que les gens choisissent de voyager par le transport en commun qui est moins polluant étant donné que plus de voitures augmentent la pollution ».
Pour une autre compagnie de transport, cette hausse de Rs 2 du litre de diesel n’a pas de réelle conséquence sur les finances. Toutefois, les coûts des produits importés ont augmenté et rendent la situation de la compagnie plus difficile. « Nous essayons tant bien que mal de naviguer dans ces moments difficiles. Nous avons dû couper les heures supplémentaires des employés », a dit son responsable. Malgré la situation, ce dernier assure le salaire des employés. Et espère que le gouvernement offre « un soutien aux compagnies de transport ».