Histoire et religion : Le Bienheureux Père Laval 23 ans de mission à Maurice

Ajouter en tant que source préférée sur Google

Jacques Désiré Laval est né en France. Son père est le maire de son village, ses parents sont déjà riches de trois filles quand naissent en 1803 les jumeaux : Jacques et Michel, mais ce dernier ne vivra que 10 jours. Jacques grandit dans une famille aimante, sa maman Suzanne, connue pour sa bonté et son dévouement envers les pauvres, meurt lorsqu’il n’a que huit ans. Son papa se remarie peu après. Jacques termine ses études secondaires et obtient son diplôme de médecin. Il travaille, mais il pense aussi à se faire prêtre.

- Publicité -

À 17 ans, il entre au petit séminaire d’Evreux. À 22 ans, il est reçu au baccalauréat. Une de ces joies est d’avoir été choisi pour donner aux pauvres les restes de la salle à manger.
1830 : Il est reçu docteur en médecine. Il exerce en Normandie. Il aime monter à cheval et assister à des mondanités. Il fait une chute à cheval et assume la déception de voir sa cousine se marier.

1835 : Il décide d’entrer au séminaire de Saint Sulpice ; sa joie est de se voir confier la responsabilité des pauvres.

- Publicité -

1838 : Il est ordonné prêtre et nommé curé de Pinterville. Il s’occupe beaucoup des enfants qu’il nomme ses « petits agneaux ». Il veut travailler auprès des plus pauvres et passe une vingtaine de jours à Londres avec Mgr. Collier, nommé vicaire apostolique de Maurice par Rome.

1841 : Il débarque à Maurice après deux mois de traversée maritime.

- Advertisement -

1842 : Il est nommé aumônier des prisonniers. Il est un contemplatif projeté dans l’action par sa passion d’être utile aux plus abandonnés. Son charisme est la grande douceur qu’il aura pour les pauvres. Quelle que soit leur classe sociale, qu’ils soient d’origine africaine, malgache, chinoise ou européenne, Créoles, Mozambique, Malgaches et Indiens fréquentent les chapelles chaque dimanche.  Les fléaux à combattre : l’ivrognerie, le libertinage, le luxe. Premier missionnaire des Noirs, il est le seul à s’occuper de cette mission. Dans une lettre à son supérieur, il parle du résultat de ses quatre années de travail : « 3 000 pratiquants noirs qui ont une foi bien robuste. Une floraison de petites chapelles en bois sont construites et les personnes qu’il a catéchisées sont devenus ses auxiliaires laïques. »

Une de ses grandes mortifications était les heures passées au confessionnal. Dans une lettre écrite en 1842 qu’il expliquait : « C’est au pied de la croix et par les croix quotidiennes que le missionnaire est appelé à sauver son âme et celle des autres. »
Il fait venir les religieuses Filles de Marie à Maurice. Ce n’est plus un déshonneur de fréquenter l’église tous les dimanches, les chapelles contiennent 1 000 jusqu’à 2 000 personnes, avec pour résultat un décroissement sensible des crimes et délits des Mauriciens.

1847 : 24 chapelles ont été construites, dont certaines des paillotes.
Père Laval célèbre une messe à 4h30 le matin avant que le travail ne commence et tous les vendredis soir un chemin de croix. Beaucoup de confessions — quelque 4 000 au cours d’un mois.

Père Laval est de santé fragile et se nourrit très peu, car il fait beaucoup de mortifications.  En 1856 commencent ses deux années de maladies. Il ne peut célébrer la messe et même recevoir l’hostie, mais il accueille ceux qui viennent lui demander conseil. Ce n’est qu’en 1862 qu’il peut retrouver le bonheur de célébrer de nouveau la messe et recommencer de s’occuper de ses pauvres. Son ascétisme ou la fatigue de ses travaux ne l’empêchait pas d’offrir à tous un visage qui reflétait la douceur et même la gaieté.

Le supériorat de la Congrégation du Saint Esprit à laquelle il appartenait a été une des croix de sa vie.

1854 : le choléra et ses incidences religieuses a fait 6 000 victimes avec 250 morts par jour ; ce qui a requis un grand travail auprès des prêtres et a souligné le besoin pressant d’avoir plus de prêtres dans notre pays.

1856 : une nouvelle étape dans le catholicisme mauricien avec la population blanche pratiquant leur religion en grand nombre et assistant régulièrement aux messes dominicales

1857 : Père Laval, souvent malade, est épuisé. La faveur que demande le Père Laval le 7 décembre 1859 : « J’ai mon très Révérend père à vous demander une faveur : « Le Révérend Père Thévaux, notre supérieur, m’a demandé de faire tirer un portrait pour le placer auprès de celui de notre vénéré Père Liberman de sainte mémoire, qu’il n’en soit pas ainsi, s’il vous plaît. La place qui m’appartient dans la congrégation est de rester ignoré et, après ma mort, à rester caché dix pieds sous terre. J’espère que vous voudrez bien obtempérer à ma demande. »

Son supérieur lui répond : « Je ne peux accorder à sa demande, pour son portrait, il faut qu’il se laisse tirer par obéissance. Il le fera une fois assis avec sa croix de missionnaire à la main, une seconde fois debout devant un grand crucifix qu’il montre du doigt comme si qu’il disait « Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique. »

1864 : Il meurt à l’âge de 61 ans dans sa maison à la Cathédrale. 20 000 personnes défilent devant son corps ; 40 000 le conduisent dans sa dernière demeure à Sainte-Croix où il a demandé à être enterré devant la grande croix qui se situe devant l’Église.

Dans Le Cernéen du 14 septembre, le prêtre jésuite qui fait son homélie dit : « Vous avez bien raison de pleurer : vous avez perdu votre meilleur ami. Et cependant, cette cérémonie ressemble à un triomphe. On dirait qu’en pleurant le bon Père Laval, vous célébrez la fête du Saint Père Laval. Il était très humble et ne parlait jamais de lui. Il coupait court à tout éloge en disant qu’il n’avait jamais fait grand-chose. »

Des milliers de pèlerins de Maurice et d’ailleurs de toute foi et communautés confondues continuent à lui rendre visite à son tombeau. Son troisième caveau a été placé en 2014.
Monique Dinan

EN CONTINU