Nous avons appris le décès de Jean-Noël Adolphe, figure connue de l’engagement social, éducatif et spirituel à Maurice, dont le parcours aura marqué plusieurs générations à travers des projets de formation, de solidarité et de développement communautaire. Fondateur de la Communauté Fiat, homme de terrain et artisan de plusieurs initiatives sociales et éducatives, il laisse l’empreinte d’un engagement de longue date au service de la formation, de l’action communautaire et de l’accompagnement des plus vulnérables.
Son nom reste d’abord associé à la Communauté Fiat, qu’il avait fondée en 1971 dans le sillage du renouveau du laïcat catholique, avant de mettre sur pied, quelques années plus tard, le Foyer Fiat à Petite-Rivière, devenu au fil du temps un lieu de formation, de réflexion et d’accompagnement pour de nombreux jeunes et adultes. Il était l’initiateur d’un vaste travail de terrain ayant dépassé le seul cadre religieux pour toucher à des problématiques bien concrètes liées à la pauvreté, à l’exclusion, à l’éducation et à l’engagement citoyen.
Au fil des décennies, Jean-Noël Adolphe s’est imposé comme un rassembleur, capable de fédérer autour de lui des jeunes, des éducateurs, des bénévoles et des travailleurs sociaux. Plusieurs initiatives ayant marqué la vie associative et communautaire du pays ont été reliées à son action, notamment dans les domaines de la formation sociale, du développement humain et du travail auprès des personnes en difficulté. Il était à l’origine, directement ou indirectement, de plusieurs structures et projets nés dans cette dynamique, parmi lesquels l’Institut pour le Développement et le Progrès (IDP), la Marche de charité ou encore différentes actions de proximité menées dans des quartiers populaires.
Son action a également laissé une trace particulière à Résidence Barkly, où son nom reste associé à une démarche de lutte contre le décrochage scolaire et l’exclusion, dont un projet de développement communautaire qui avait été mis en place au début des années 2000 sous son impulsion, afin d’aider les enfants et les jeunes en difficulté à retrouver un cadre d’apprentissage et d’accompagnement. Ce travail s’est inscrit dans ce qui est devenu par la suite le Centre of Learning de Barkly, aujourd’hui connu comme un espace de soutien éducatif, de formation et d’encadrement communautaire. Ce centre désormais géré par Caritas Île Maurice, avait été mis en place en l’an 2000 pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
Au-delà des structures qu’il a contribué à lancer ou à inspirer, Jean-Noël Adolphe aura surtout incarné une certaine idée de l’engagement de proximité : celle d’un travail patient, souvent discret, fondé sur la présence sur le terrain, la formation des personnes et la conviction que l’accompagnement humain pouvait constituer un levier de transformation sociale. Cette approche lui avait valu, au fil des années, plusieurs marques de reconnaissance, dont une distinction papale remise en 2014 pour son engagement de longue date. Cette même année, il avait déjà été décoré de l’Order of the Star and Key of the Indian Ocean (OSK) en 2005 pour services rendus au pays.
Jean-Noël Adolphe était un formateur et un rassembleur. Il a été responsable de nombreux groupes depuis son très jeunes âge. En 1961, il est nommé responsable des six chefs d’équipe d’enfants de choeur à Notre-Dame-de-Lourdes, Rose-Hill. Avec les autres responsables et quelques amis, il fonde, une année plus tard, les Young Ones, association regroupant les jeunes des Plaines-Wilhems pour le volley-ball. Et depuis, il a crée de nombreuses fondations et est volontaire pour plusieurs actions sociales et religieuses; il accompagne beaucoup de personnes, surtout les jeunes. Il crée notamment, en 2000, l’École de Solidarité et la Justice (ESJ), organe de formation des futurs travailleurs sociaux, à la demande du Mgr Piat. Après 40 ans, la communauté Fiat a essaimé vers d’autres horizons en prenant racine à La Réunion, aux Seychelles et aussi à Madagascar
Avec sa disparition, c’est un acteur de longue haleine du tissu associatif et communautaire mauricien qui s’en va. Les détails relatifs à ses funérailles devraient être communiqués ultérieurement.
Notre rédaction présente ses sincères condoléances à sa famille, à ses proches ainsi qu’à tous ceux touchés par sa disparition.

