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Les gardiennes d’enfants affectées aux mini-clubs des hôtels ne savent plus à quel saint se vouer en cette période d’arrêt des activités dans le secteur

Samuella Émilien, qui compte sept années de service comme baby-sitter à l’hôtel Saint-Régis au Morne, n’a aucune assistance financière du gouvernement depuis juin dernier. Cette mère célibataire d’un enfant de sept ans soutient qu’elle s’est rendue à la Mauritius Revenue Authority (MRA) afin d’obtenir une allocation de Rs 5 100 à travers le Self-Employed Assistance Scheme, mais on lui a fait savoir que ce plan ne couvre pas les nounous.

« Je ne sais pas comment faire d’autant que j’ai un enfant de sept ans qui doit aller à l’école. Je lance un appel aux autorités pour qu’elles viennent en aide à cette catégorie de travailleurs. Nous sommes 12 baby-sitters qui se retrouvent subitement sans aucune assistance financière. Je pense que le problème est répandu à travers le pays. C’est lorsque la loi a été amendée une nouvelle fois que nous n’étions plus qualifiées pour obtenir une assistance financière du gouvernement », a déclaré cette mère de famille. Le cas de cette mère de famille a été rapporté à l’Hotel and Restaurant Employees Union.

Selon Preetam Buglooa, président de ce syndicat, les appels téléphoniques venant des baby-sitters ne cessent de pleuvoir en ce moment. Il demeure un fait que cette catégorie d’employées fait face à de sérieuses difficultés car elles n’ont pas d’assistance financière.

« Lorsqu’elles sont allées à la MRA pour s’enquérir de la situation, on les a fait comprendre qu’elles ne sont pas éligibles pour une assistance financière même si elles avaient en leur possession des lettres portant le sceau des hôtels disant qu’elles y travaillent comme baby-sitter. C’est inadmissible ! Certaines de ces baby-sitters comptent environ 17 années de service et ne perçoivent rien en ce moment », a déclaré le président de l’Hotel and Restaurant Employees Union. Il devait aussi soutenir que ces baby-sitters sont allées porter plainte au ministère du Travail après avoir essuyé un refus de la MRA de prendre leurs cas en considération. Il ne se passe pas un jour sans que le bureau du syndicat ne reçoive d’appels téléphoniques pour dire que les baby-sitters ne perçoivent pas d’assistance financière en ce moment bien qu’elles travaillent dans le secteur de l’hôtellerie.

Son avis est partagé par Mary Joyce, qui travaille comme baby-sitter à l’hôtel Le Paradis. « Je suis en train de vivre une situation très difficile actuellement. Depuis juin dernier, je ne perçois aucune assistance financière de la MRA. À chaque fois que je regarde mon “status” sur le website de la MRA, on me dit : “process will start soon”. Depuis juin, je ne vois rien venir sur mon compte et on est presque arrivé au mois d’août. Ce n’est pas possible de continuer à vivre de cette façon. Il faut que les autorités pensent un peu à nous », dira Mary Joyce.

Et d’ajouter : « Je dois admettre que j’avais obtenu une assistance financière de Rs 5 100 du gouvernement pour mars, avril et mai. Et puis, c’est le silence total. Deux mois sans aucune assistance financière alors que nous travaillons dans le secteur de l’hôtellerie. C’est très difficile pour rouler ma cuisine en ce moment. Et en sus de cela mon époux est souffrant. »