– 300 employés, par phase, pourraient être appelés à quitter l’établissement, avec une indemnité « légèrement supérieure » à ce que prévoit la loi

– Christian Fumado (Acting GM) : « Il n’y a rien de concret pour le moment »

La crise dans le secteur du tourisme se poursuit avec de possibles licenciements à l’hôtel One&Only Le Saint Géran. Selon un employé, environ 300 personnes sont concernées par cet exercice de dégraissage qui touche également les autres hôtels du groupe à l’étranger. Ceux ayant atteint 60 ans et qui sont proches de l’âge de la retraite seront les premiers à partir. Les gros salaires sont aussi visés. Contactée, la direction du Saint Géran a toutefois nié l’information, précisant qu’il n’y a « rien de concret » pour le moment.

Si l’hôtel One&Only Le Saint Géran n’est pas le seul à faire face à la crise causée par la COVID-19, des employés se disent surpris par cette annonce, car l’établissement a été l’un des seuls à opérer pendant le confinement, avec des clients. En l’absence du General Manager, c’est le Directeur des ressources humaines (DRH) qui a annoncé la nouvelle d’une possible réorganisation du personnel aux employés. Toutefois, l’ordre viendrait des “headquarters” à Dubayy. Selon nos sources, si le dégraissage est appliqué, il se fera en phase. En premier lieu, ce sont ceux ayant atteint 60 ans ou qui sont proches de l’âge de la retraite qui seront les premiers à partir. Ensuite, ce sont les gros salaires, soit des personnes au sein même du management, qui seront concernés.

Un employé comptant une dizaine d’années de services dans l’établissement avance : « J’ai été convoqué par le HR Manager. Le Resident Manager, qui remplace le directeur en son absence, était là aussi. On m’a expliqué que, pour des raisons économiques, mon poste pourrait être supprimé. On m’a aussi expliqué que si tel est le cas, j’aurais droit à une indemnisation qui serait légèrement supérieure à ce que prévoit la loi mauricienne et que ce serait dans mon avantage d’accepter cette offre. »

Les employés concernés disent avoir également été avisés que si jamais l’hôtel reprenait ses activités normales, on ferait appel à eux en priorité. « Cependant, on nous a fait comprendre qu’il n’y a aucune garantie de réembauche », disent-ils. Ces derniers avancent que, valeur du jour, « aucune proposition de réduction de salaires ou de congé sans solde n’a été faite ». Il nous revient qu’une dizaine d’employés auraient déjà accepté la proposition du management, car non-syndiqués et craignant de tout perdre, ils ne savent pas vers qui se tourner. D’autres ont contacté le ministère du Travail, mais en l’absence d’une proposition écrite, aucune action n’a été entreprise. Selon nos sources, ils pourraient recevoir ladite lettre le 1er août prochain. L’hôtel compte actuellement 450 employés.

Nous avons contacté le DRH du Saint Géran à ce sujet, mais il nous a indiqué qu’il n’est pas autorisé à parler à la presse et nous a demandé de prendre contact avec Christian Fumado, l’Acting GM. Ce dernier a pour sa part laissé entendre qu’il n’y a « aucune décision concrète » concernant un éventuel licenciement. « Nous n’avons licencié personne. Nous sommes simplement en train de discuter, avec les collègues, pour savoir comment nous allons traverser les deux prochains mois. Il n’y a eu aucun accord ni aucune décision concrète. Nous sommes simplement au stade de discussions pour voir comment nous pouvons faire face à cette situation », a-t-il expliqué.

Rappelons que le Saint Géran, a été le premier hôtel Southern Sun, devenu ensuite Sun International, à Maurice et fondé par le Sud-Africain Sol Kerzner. Au début de l’année 2000, la marque de luxe One&Only a été créée et Le Saint Géran, tout comme Le Touessrok, a été inclus dans ce groupe très sélect. Depuis 2014, Kerzner International a été repris par la société Investment Corporation de Dubayy. Sol Kerzner est décédé en avril dernier.