Photo : Lalljee

« Inquiétant ! » C’est ainsi que Rashid Imrith, président de la Fédération des syndicats du secteur public (FSSP), a qualifié l’incendie qui a eu lieu samedi dernier à l’hôpital Jeetoo. Selon lui, cela remet en question la sécurité dans les bâtiments publics. Il se demande aussi pourquoi l’alarme ne s’est pas déclenchée. Rashid Imrith souhaite de fait la mise sur pied d’une Commission d’enquête indépendante, présidée par un magistrat, au minimum, pour faire la lumière sur cette affaire.

Le feu qui s’est déclenché dans le département de la finance de l’hôpital Jeetoo remet en question la sécurité dans le bâtiment. Telle est l’analyse de Rashid Imrith qui confie que beaucoup de documents ont brûlé. « Le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, qui avait déclaré qu’un climatiseur surchauffé était à l’origine de l’incendie, s’est prononcé trop rapidement et aurait dû laisser l’enquête déterminer la responsabilité », estime-t-il. Rashid Imrith se demande ainsi pourquoi l’alarme ne s’est pas déclenchée ce jour-là, « alors que, généralement, c’est le cas pour la moindre fumée dans le bâtiment ».

La FSSP souhaite donc l’institution d’une Commission d’enquête indépendante, présidée au minimum par un magistrat, pour faire la lumière sur toute cette affaire. « Cela permettra de déterminer s’il y a eu négligence sous l’Occupational  Health and Safety Act ou pas », dit Rashid Imrith, qui est aussi d’avis qu’il aurait fallu sceller le bureau pour les besoins de l’enquête et pour protéger les employés. « À mon avis, le bureau n’est pas fait pour accueillir autant de personnes. Il nous revient également que des rallonges ont été ajoutées, alors que l’Electrical Services Division l’avait déconseillé. Ces deux faits sont des pratiques courantes dans les bureaux du gouvernement », précise-t-il.

Outre l’insécurité, Rashid Imrith déplore également le problème de perte de documents dans les hôpitaux, dont un cas à l’hôpital de Flacq actuellement. « Depuis décembre 2018, il y a des employés qui ont fait des Overtime et ils n’ont pas été payés à ce jour parce qu’on ne retrouve pas les documents. Je demande que ce paiement soit fait au plus vite, quitte à faire des réajustements lorsqu’on retrouve les documents », réclame-t-il. Dans le même sillage, il souhaite que le paiement de Rs 15 000, promis aux Frontliners, soit effectué et qu’outre les policiers et le personnel médical, les Fisheries Protection Officers, les éboueurs et les employés des supermarchés soient aussi considérés. « La COVID-19 est encore là et on aura encore besoin de ces personnes », dit-il.

Rashid Imrith souhaite également des amendements à l’Occupational Health and Safety Act, afin que le gouvernement, en tant qu’employeur, soit également tenu pour responsable, lorsqu’il y a des manquements. « Tel n’est pas le cas actuellement », avance-t-il, estimant que « le gouvernement doit aussi être sanctionné en cas de négligence, comme c’est le cas pour le privé ».