Incidents à La Citadelle : Pouvons-nous y voir un Blessing in disguise ?

Choc, incompréhension, tristesse… L’épisode de violence à La-Citadelle il y a quelques semaines a été condamné sans équivoque et nul ne souhaite qu’un tel événement se reproduise dans l’île réputée pour le savoir vivre-ensemble naturel. Est-il permis de voir dans ce triste épisode un Blessing in Disguise”? Faut-il arrêter d’en parler et le considérer comme un incident isolé ou, au contraire, essayer de comprendre pour mieux discerner et sécuriser notre destin commun ?

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Jonathan Ravat, détenteur d’un doctorat en anthropologie des religions avec un stage post-doctorat en anthropologie économique, et directeur de l’ICJM, est d’opinion que le risque de tout regarder par le biais de cet événement peut lui donner un excès d’importance. Toutefois, nuance-t-il, on ne peut pas mettre cet événement aux oubliettes. « La paix, c’est aussi tenir compte de ce qui se trame de manière sournoise, ce qui est pernicieux et latent comme la discrimination ou les préjugés, inégalités et injustices larvées qui évidemment gangrènent notre pays », dit-il. Ce passionné de l’interculturel formule le vœu d’utiliser cet événement « comme une fenêtre qui nous permet de penser le devenir de notre vivre-ensemble ».

Azhagan Chenganna, chargé de cours en médias et communication et coordinateur du Certificate in Peace and Interfaith Studies à l’université de Maurice, souligne qu’il faut combattre les extrémismes sous toutes leurs formes et prôner à la place la tolérance. « La paix est une valeur qu’il faut constamment cultiver. Une culture de paix et d’harmonie sociale demande un engagement et des efforts tous azimuts de chacun d’entre nous dans un écosystème de violences, de désinformation et de conflits. » Si les Mauriciens ont la chance inouïe de vivre dans un cadre harmonieux, poursuit-il, « il faut à tout prix préserver et renforcer ce vivre-ensemble au quotidien » dans l’esprit de l’unité nationale et de la solidarité.

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Allia Syed Hossen-Gooljar, directrice du Cercle des Dames Mourides (CDM) et autre fervente militante pour l’interculturel à Maurice, est convaincue que la violence n’a jamais résolu un quelconque problème. Elle martèle que vivre l’un à côté de l’autre ne suffit pas. « Il existe plusieurs religions et cultures qui vivent les uns à côté des autres sans se connaître. Cette situation donne lieu parfois à des malentendus et à des tensions parmi certaines composantes de la population. Si nous voulons construire une nation, il faut mettre en valeur les points qui nous unissent. »

JONATHAN RAVAT (ICJM) : « Une fenêtre pour penser le devenir de notre vivre-ensemble »

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Les récents incidents à La-Citadelle ont provoqué choc et tristesse au sein de la population. Cela devrait-il être pris comme un acte isolé ne méritant pas qu’on s’y attarde au risque de déclencher d’inutiles tensions sociales ou, au contraire, devrions-nous essayer de comprendre ce qui s’est vraiment passé pour un meilleur discernement ?

Excellente question. Il faut comprendre que c’est un événement parmi plein d’autres dans la vie d’une société, d’une nation. Dans la vie d’une nation, il y a sa part de joie, de peine, de bonheur, de tristesse et ce n’est pas le seul événement triste qui se passe. Il y a d’autres cas comme des scandales en tous genres qui sont suffisamment graves pour retenir notre attention également.

Le risque de tout regarder par le biais de cet événement peut lui donner un excès d’importance ou de tout cristalliser autour de cette unique question. Mais nous ne pouvons pas mettre cet événement aux oubliettes. Nus ne pouvons le minimiser en disant que cela arrive. Oui, cela arrive, ce n’est pas le seul événement mais c’est suffisamment grave pour attirer notre attention sur le pays et son avenir.

Maurice est appréciée pour être un pays où règnent la paix et la stabilité politique en comparaison à d’autres pays africains. Les Mauriciens de divers groupes religieux et ethniques se côtoient en harmonie. Toutefois, diriez-vous que cette paix demeure fragile, pouvant se transformer en violence au moindre faux pas ?

Tout part de notre définition du mot paix. La paix peut renvoyer à un sentiment de bien-être, de tranquillité dans le moment. La deuxième acception du mot paix est lorsque nous ne voyons pas la violence, lorsqu’il n’y a pas de conflit tangible ou de guerre visible. Je crois qu’effectivement, nous sommes des exemples, pas seulement par rapport aux pays africains, compte tenu de notre densité démographique et de notre densité en termes de religions, de cultures, de langues, etc.

Mais la paix est aussi plus que cela. La paix, c’est aussi tenir compte de ce qui se trame de manière sournoise, ce qui continue derrière les rideaux, ce qui est pernicieux et latent comme la discrimination ou les préjugés, inégalités et injustices larvées qui évidemment gangrènent notre pays. Je pense que nous ne sommes pas à l’abri de ce qu’on appelle la Negative Peace, c’est-à-dire, une paix apparente, mais derrière il y a des petites choses qui se passent et qu’il faut que nous traitions. Ce qui fait que d’un coup, nous pouvons nous retrouver dans une espèce d’explosion, de bouillonnement ou d’effervescence.

Malheureusement, notre histoire le prouve à deux reprises : en 1968 et 1999, en 30 ans d’intervalle. Nous avons eu quelques autres incidents ces derniers temps. Celui de La-Citadelle en est un. Je ne veux pas être conspirationniste ou complotiste. Mais je me dois de dire qu’il y a une espèce de réalité. Y a-t-il un cycle ? Peut-être qu’en raison des réseaux sociaux, le cycle de 30 ans est raccourci. Il faut donc que nous tenions compte de ce qui se passe derrière les rideaux.

La paix qui règne à Maurice est-elle apparente ? Comment qualifier la paix dans le pays ?

J’oserais employer le mot académique Negative Peace, mais je ne veux sous aucun prétexte dire qu’il n’y a pas de paix à Maurice. Il y a le simple fait de pouvoir marcher en toute liberté à toute heure, de pouvoir jouir des droits fondamentaux et des libertés essentielles, d’être dans une démocratie – même s’il y a des défis, on a la séparation des pouvoirs, la Constitution, etc. Nous sommes dans un cadre épanouissant dans ce sens. Je dirais que nus vivons en paix mais cette paix est un peu ébréchée, gangrenée malheureusement à petit feu. La paix est là mais il faut rester en veille.

Par temps de tensions, n’est-il pas important de rappeler la longue histoire du vivre-ensemble des Mauriciens servant de socle aux citoyens et les aider à réaliser qu’ils ont tous une histoire et une fraternité communes ?

Je formule le vœu de faire de cet incident non pas un événement isolé, ni non plus l’absolutiser mais l’utiliser comme une fenêtre qui nous permet de penser le devenir de notre vivre-ensemble. Ce vivre-ensemble, il est merveilleux. Rien qu’à voir la réaction des Mauriciens et la reprise des activités artistiques – même si à mon regret, certaines ont été annulées -, nous pouvons dire qu’il y a une résistance et une résilience. Il y a une sauce/rougaille à la manière mauricienne.

Choisissons de voir dans cet événement une occasion d’y mettre une dimension prospective : penser à un devenir et la possibilité de passer du bien vivre au mieux-vivre ensemble.

Un exemple : investir massivement dans une politique nationale de la culture et de l’interculturalité qui soit au service du mieux-vivre ensemble parce que la production culturelle mauricienne comporte du génie. Nus apprenons à mieux vivre ensemble quand nous écoutons les cadences de notre musique locale.

Les autres moyens de cultiver cette paix qui a pratiquement toujours existé entre nos divers groupes ethniques et religieux ?
L’investissement dans tout ce qui est mémoire et histoire est capital. Il y a des tabous qu’il faut qu’on apprenne ensemble à aborder. Il faut passer du modèle Multiculturalism – qui a fait notre histoire et notre force – à l’interculturalité. Ce passage suppose qu’aujourd’hui nus abordons le fait religieux comme un élément incontournable de notre vie, et que nous venions exalter nos différences religieuses, d’où la question du dialogue interreligieux. À l’instar de tout ce que fait le Conseil des Religions.

Il y a plusieurs autres acteurs qui s’engagent aussi pour le vivre-ensemble. Cela doit aller de pair avec le passage de l’indépendance à la République – pas uniquement comme un fait historique. Ce qui implique le renforcement de la démocratie et des institutions. Il ne faut pas déconnecter ce vivre-ensemble des autres questions politiques, économiques, juridiques, etc. Tout est lié. La remise en question du système économique est importante. Le néolibéralisme à outrance crée des individus consommateurs qui, par définition, ne sont pas inclinés vers le vivre-ensemble. Chacun cherche son bien au lieu de voir la part qu’il peut contribuer à la nation.

Le mot de la fin…

Continuer à célébrer la vie ensemble et ne pas céder à des appels pour se retrancher derrière nou bann.

AZHAGAN CHENGANNA (CHARGÉ DE COURS) : « Nous sommes liés par un destin commun »

Les récents incidents à La-Citadelle qui ont vu un groupe d’artistes et son public être terrorisés par un groupe d’individus, alors même que les premiers se réunissaient pour la paix et en solidarité avec les plus démunis, ont suscité choc et tristesse parmi la population. Cela devrait-il être pris comme un acte isolé, ne méritant pas qu’on s’y attarde au risque de déclencher d’inutiles tensions communales, ou au contraire, devrions-nous essayer de comprendre ce qui s’est passé pour un meilleur discernement ?

Je pense que ce qui s’est passé est très grave et doit être sévèrement condamné. A priori, il s’agit d’un acte isolé d’un groupuscule. Il faut s’interroger sur les motivations tout en ne pas surexposer cet incident afin de ne pas créer de tensions inutiles. Il faut prôner la tolérance et la paix et combattre les extrémismes sous toutes leurs formes. Les forces de l’ordre doivent agir fermement pour assurer la sécurité nationale et l’harmonie sociale dans le pays.

Maurice est appréciée pour être un pays où règnent la paix et la stabilité politique en comparaison à d’autres pays africains. Les Mauriciens de divers groupes religieux et ethniques se côtoient en harmonie. Toutefois, direz-vous que cette paix demeure fragile, pouvant se transformer en violence au moindre faux pas ?

La paix est une valeur universelle qu’il faut constamment cultiver. Une culture de paix et d’harmonie sociale demande un engagement et des efforts tous azimuts de chacun d’entre nous dans un écosystème de violences, de désinformation et de conflits. La paix n’est jamais chose acquise et c’est lorsqu’elle est absente qu’on s’en rend compte. La paix doit être fondée sur le droit et la dignité de chaque personne.

Oui, la paix est d’autant plus fragile que nous sommes dans un contexte global qui est délétère et que nous sommes traversés par des flux d’images transnationales qui sont souvent bouleversantes, lorsqu’elles ne sont pas violentes. À Maurice, nous avons beaucoup de chance de vivre dans un cadre harmonieux. Il ne faut pas laisser quelques énergumènes créer des tensions. Il faut à tout prix préserver et renforcer ce vivre-ensemble au quotidien dans l’esprit de l’unité nationale et de la solidarité. Il y a plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous divisent. Alors que nous nous rapprochons des prochaines échéances électorales, il faut absolument préserver la paix et l’harmonie sociale dans le pays.

Par temps de tensions, n’est-il pas important de rappeler la longue histoire du vivre-ensemble des Mauriciens servant de socle aux citoyens et les aider à réaliser qu’ils ont tous une histoire ou une fraternité commune ?

Nous avons une culture du vivre-ensemble et de nation arc-en-ciel qu’il faut préserver et valoriser. Nous sommes liés par un destin commun. Notre histoire est celle d’un modèle de vivre-ensemble et de solidarité qui réussit. Nous avons une culture démocratique relativement robuste.

Toutefois, il ne faut pas oublier les épisodes tristes concernant des escadrons qui ont émaillé notre histoire. La peur et les souffrances y sont liées. D’où l’importance des institutions régaliennes de l’État, mais aussi de l’éducation pour prévenir ces dérapages.

Quand nous voyons les guerres qui se déroulent actuellement dans le monde, nous réalisons que la paix ne devrait pas être considérée comme quelque chose d’acquis mais qu’il faut toujours faire des efforts. Quels sont les divers moyens de cultiver cette paix qui pratiquement toujours existe entre nos divers groupes ethniques et religieux ?

Les moyens de cultiver la paix devraient s’articuler d’abord autour du respect de l’État de droit. En tant que citoyens, nous avons des droits mais aussi des responsabilités. Notre liberté s’arrête là où commence celle des autres. C’est dans la civilité, dans le respect mutuel et de la solidarité que la paix peut être pérennisée. Il faut inculquer les valeurs citoyennes et le dialogue interculturel pour favoriser la compréhension de l’autre et favoriser la paix durable avec les Mauriciens indistinctement.

Pensez-vous que l’interculturel devrait faire partie du cursus scolaire dès le primaire ?

Je crois qu’il est nécessaire, pour assurer une paix positive et durable, d’introduire des cours d’interculturel dans notre enseignement national. Nous avons déjà un cours de Diploma in Peace and Interfaith Studies à l’université de Maurice et le but est de former des citoyens dévoués à la cause de la paix.

Du plus petit au plus grand, il faut inculquer les valeurs que nous avons en partage et ainsi combattre les préjugés et autres idées reçues qui confortent les fanatismes. Il faut abattre les barrières de l’ignorance sur lesquelles reposent les divisions et autres intolérances. C’est dans l’esprit et le cœur des citoyens qu’il faut semer la paix. Et cela passe par l’éducation.

C’est du moins ce que nous nous efforçons d’inculquer dans le cadre du Diploma in Peace and Interfaith Studies qui est offert à l’université de Maurice avec l’appui du Conseil des religions. La médiation des conflits, la philosophie, les textes sacrés mais aussi des visites guidées dans des espaces religieux sont les moyens pour mieux comprendre les religions et apprécier la diversité religieuse.

Quel message aimeriez-vous passer aux Mauriciens dans le sillage de l’épisode de La-Citadelle ?

Je trouve que ce qui s’est passé à La-Citadelle est vraiment regrettable. Cela, d’autant que Port-Louis, incluant La-Citadelle, a la vocation d’être une ville interculturelle par excellence. Il ne faut surtout pas céder à la peur et à la tentation du repli. Que chacun de nous apporte notre pierre à une paix durable dans notre île Maurice et à travers le monde.

ALLIA SYED-HOSSEN GOOLJAR (CDM) : « Mettre en valeur les points qui nous unissent »

Les récents incidents à La-Citadelle ont suscité choc et tristesse parmi la population. Cela devrait-il être pris comme un acte isolé, ne méritant pas qu’on s’y attarde au risque de déclencher d’inutiles tensions sociales, ou au contraire, devrions-nous essayer de comprendre ce qui s’est vraiment passé pour un meilleur discernement ?

Ces incidents comportent beaucoup de zones d’ombre. Je n’ai pas toutes les données pour faire une déclaration juste et équitable sur ce qui s’est passé. Mais, d’emblée, je dois dire que la violence n’a jamais résolu un problème. Rien ne peut justifier la violence.

Maurice est appréciée pour être un pays où règnent la paix et la stabilité politique en comparaison à d’autres pays africains. Les Mauriciens de divers groupes religieux et ethniques se côtoient en harmonie. Toutefois, diriez-vous que cette paix demeure fragile, pouvant se transformer en violence au moindre faux pas ?

Tout à fait. Maurice est souvent citée sur la scène internationale comme un pays où les natifs de différentes religions et cultures se côtoient en parfaite harmonie. Malheureusement, il n’y a pas un véritable mélange entre les différentes communautés à Maurice. En effet, il existe plusieurs religions et cultures qui vivent les uns à côté des autres sans autant se connaître. Cette situation donne lieu parfois à des malentendus et à des tensions parmi certaines composantes de la population. Parfois, il suffit d’une petite étincelle pour que le pays s’embrase.

Quand il y a des malentendus, voire une méfiance entre les différentes sections de la population, celles-ci ont tendance à lier tous les problèmes qui surgissent à des problèmes ethniques. D’ailleurs, notre pays a connu de graves tensions interethniques en 1968 et en 1999.

Par temps de tensions, n’est-il pas important de rappeler la longue histoire du vivre-ensemble des Mauriciens ?

Absolument. Notre pays n’a pas une population indigène mais est composé de gens venant d’Europe, du continent africain, de l’Inde et de Chine. Il faut travailler pour que toute la population développe un sentiment d’appartenance au pays. Si nous voulons construire une nation, il ne faut pas oublier la contribution de chaque communauté dans le développement historique, économique et social de ce pays.

Par exemple, quand nous célébrons la contribution des esclaves dans le développement du pays et l’arrivée des immigrants indiens à Maurice sous la colonie anglaise, nous devons aussi parler de la contribution des immigrants indiens sous la colonie française. Il faut également souligner l’apport des immigrants chinois qui ont été d’une grande aide pour les gens pauvres à travers leurs petits commerces dans les villes et dans les villages.

Il faut que les Mauriciens soient familiarisés avec l’histoire du pays. Par exemple, combien d’entre nous savent que les Arabes ont laissé leur empreinte sur l’île ? Il y a des endroits dans l’Ouest du pays qui ont pour noms La-Mecque, Médine et Yemen.

Il faut mettre en valeur les points qui unissent quand nous parlons de l’histoire de notre pays. Par exemple, c’est à la baie du Trou-Fanfaron que sont passés les ancêtres des Mauriciens. Ils ont utilisé les mêmes marches pour accéder au sol mauricien. La contribution des ancêtres de chaque communauté qui forme la société mauricienne doit être reconnue à sa juste valeur. Cela aiderait à développer une fraternité agissante entre les différentes communautés vivant sur l’île.

Quand nous voyons les guerres qui se déroulent actuellement dans le monde, nous réalisons que la paix ne devrait pas être considérée comme quelque chose d’acquis mais qu’il faut toujours faire des efforts…
À mon avis, les guerres ont lieu, dans la plupart des cas, pas à cause de la religion mais pour des raisons politiques. Souvent, des personnes pensent que c’est une guerre entre des gens de foi différente ou entre les membres de différentes tribus. La réalité est tout autre. En effet, souvent, la paix sur terre est menacée parce que l’accès aux ressources n’est pas équitable.

Le Professeur Wangari Maathai, Prix Nobel de la Paix en 2004, déclarait : « La paix sociale repose sur une bonne gestion et une distribution équitable des ressources naturelles car l’épuisement et la rareté de ces dernières entraîneront des conflits pour l’appropriation de ce qui reste ».

Quand les gens sentent qu’il y a un groupe qui monopolise les ressources et qui impose son diktat, ils se sentent marginalisés et frustrés. À un moment donné, ils recherchent la justice et le partage. Dans ce processus, souvent il y a des conflits voire même des guerres. Dans un monde où la communication est rapide et où les gens de différentes cultures se rencontrent régulièrement pour diverses raisons, il est impératif de construire des ponts entre les gens de différentes cultures afin de favoriser la compréhension et l’amour entre eux.

À Maurice, nous avons cette chance de pouvoir côtoyer des gens de différentes foi et cultures. Il faut s’ouvrir aux autres. S’ouvrir aux autres ne veut nullement dire que nous ne devons pas revendiquer nos différentes identités qui nous construisent mais que cela ne doit pas s’arrêter là. Nous devons nous dire que nous avons des différences certes, mais nous avons aussi beaucoup de choses que nous partageons ensemble. Il faut aller au-delà des slogans tels que Enn sel lepep, en sel nasion,  Nation arc-en-ciel et Unité dans la diversité.

Un message aux Mauriciens…

Nous devons tous faire preuve de beaucoup de retenue dans nos déclarations publiques. Il ne faut pas tirer des conclusions hâtives. C’est à tout le monde de bien analyser les choses avec discernement et de ne pas se laisser déborder par les passions.

Pour conclure…

Le dialogue interreligieux et interculturel ne suffit pas. La stabilité de notre pays dépendra dans une grande mesure de la manière dont nous gérons l’accès aux ressources, à la méritocratie pour tous et de notre capacité à maintenir un dialogue continu pour faire échec aux conflits inutiles qui nous paralysent et qui nous font reculer de temps à autre. Comme le dit Martin Luther King Junior : « We must learn to live together as brothers or perish together as fools. »

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