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Les pêcheurs du Sud-Est s’impatientent. Ils voudraient percevoir la compensation qui leur est dûe après la marée noire causée par le naufrage du MV Wakashio il y a un an. Rs 300 000, c’est le montant, estiment-ils, de la compensation qui apaisera leurs difficultés financières ou qui les aidera à affronter leur avenir immédiat. Rs 300 000, selon eux, c’est le minimum raisonnable. Une compensation suivant une catastrophe comme celle provoquée par le MV Wakashio peut aller nettement au-delà de ce chiffre.

“Nous avons perdu nos casiers. Le Wakashio Solidarity Grant a pris fin depuis longtemps. Nous sommes dans une impasse financière. Nous ne pouvons pas réclamer moins de Rs 300 000. Et surtout pas les Rs 134 000 dont on parle actuellement”, explique un pêcheur en faisant allusion à un montant qui circule depuis peu. Il y a plusieurs mois, des pêcheurs du Sud-Est avaient fait part du montant de la compensation qu’ils attendaient lors d’un exercice effectué par l’assureur : Japan P&I Club et aussi à partir d’un formulaire disponible sur le site en ligne du ministère de l’Économie bleue et de la Pêche. Cependant, de nombreux pêcheurs avaient proposé des sommes sans faire de calcul approprié.
Le syndicaliste et négociateur Atma Shanto, de la Federation of Sea Fishermen Association, explique qu’il déposera un dossier au ministère de l’Économie bleue, des Resources marines et de la Pêche, dans les jours à venir et dans lequel un montant représentant la compensation qui devrait être avancée aux pêcheurs sera proposé. “Des pêcheurs et moi-même devions rencontrer le ministre de la Pêche, Sudheer Maudhoo, cette semaine. Je lui aurais remis le dossier que nous avons préparé.

4 000 réclamations

Mais comme à ses habitudes, il a renvoyé la rencontre. Qu’à cela ne tienne, je déposerai ce dossier. Il y a malheureusement des pêcheurs qui ont déjà accepté les Rs 30 000 que leur a proposées l’assureur du MV Wakashio et en signant une quittance, ils se sont engagés à ne pas poursuivre le propriétaire du bateau ainsi que l’État mauricien. Ce qui est absurde ! Je dois rappeler qu’il y a un Fact Finding Committee en cours. Si zame trouve ki fini ena neglizans, personn pa pou kapav fer reklamasion. Ceux qui ont signé la quittance ont verrouillé toutes les portes”, souligne Atma Shanto.

Entre-temps, de son côté, l’assureur, qui a reçu près de 4 000 réclamations de pêcheurs, professionnels de la mer et autres personnes qui dépendent économiquement des produits de la mer, a déjà payé une partie des réclamants. Il s’agit de ceux qui ont fait une réclamation ne dépassant pas USD 1000 et sans aucun justificatif. Ce qui explique le montant à hauteur de Rs 30 000 de l’indemnité déboursée et payée à des réclamants. Pour Kushal Lobine, le conseiller légal de l’assureur Japan P&I Club du MV Wakashio, celui-ci a agi dans le cadre de la loi. Il revient que les récipiendaires des Rs 30 000 ont pris connaissance du contenu de la quittance en créole mauricien avant d’apposer leur signature sur le document. Les réclamations de plus de Rs 40 000 feront l’objet d’investigation avant d’être payées. Cet exercice pourra prendre plus d’une année !