Les membres du Joint Negociating Panel (JNP) se sont réunis mardi en vue de dégager une stratégie par rapport à la campagne sucrière 2021 qui démarre le 14 juin. La réunion avait pour but également de passer en revue la situation dans l’industrie sucrière, en particulier les conditions de service qui prévalent dans le secteur après trois ans de négociations pour une hausse salariale de 20% pour les laboureurs et artisans.

Pour Lall Deonath, président de l’Artisans and General Workers Union (AGWU), les prévisions pour la coupe 2021 sont bonnes et il se pourrait même qu’on frôle une production de 300 000 tonnes de sucre car les plantations ont bénéficié d’un climat favorable pour la pousse. Il se pourrait même que la production soit bien meilleure que celle de l’année dernière lorsqu’elle avait tourné autour de 280 000 tonnes de sucre.
« Le mood pour les travailleurs de ce secteur n’est pas bon car d’un côté leur nombre a beaucoup diminué dans le secteur et les négociations avec 24 compagnies de l’industrie sucrière ne sont pas en train d’avancer », a souligné ce membre du JNP. Il devait souligner que jusqu’ici les négociations portant sur les améliorations des conditions de service de 4 000 travailleurs « ont été ardues ». Pour lui, ce qu’a avancé un propriétaire d’une compagnie sucrière lors des négociations résume tout : « Nothing is agreed, until everything is agreed. »

Lors des négociations, a souligné Lall Deonath, certains propriétaires sont allés jusqu’à demander à l’AGWU que le travail les dimanches et les jours fériés soit considéré comme « un jour de travail normal ». Il a aussi dit regretter que le ministère de l’Agro-industrie ne soit pas en train d’intervenir dans les négociations. Il devait souligner que le projet de réforme dans l’industrie sucrière « tarde à venir » même après la publication d’un rapport de la Banque mondiale à ce sujet. « Nous souhaitons ardemment que le ministère de l’Agro-industrie convoque une réunion avec toutes les parties concernées pour discuter des recommandations de ce rapport. »

À ce jour, insiste-t-il, les informations qui transpirent du rapport indiquent que la « BM a proposé en majeure partie des mesures pour améliorer la profitabilité des compagnies sucrière sans pour autant proposer des mesures concrètes pour améliorer le sort des travailleurs de l’industrie sucrière ». Et d’ajouter : « La coupe 2021 peut-être “business as usual” pour les patrons de l’industrie sucrière, mais pas pour les travailleurs. »

Devanand Ramjuttun, conseiller technique auprès du Sugar Industry Labourers Union, a abondé dans le même sens. « En l’absence de la publication du rapport de la Banque mondiale sur la réforme de l’industrie sucrière, nous sommes dans le flou. La non-publication de ce rapport est au fait en train de bloquer le processus de négociations », a déclaré le syndicaliste. Il a dit noter que le gouvernement ne se prononce pas sur les recommandations de ce rapport. La réunion de ce mardi a aussi passé en revue les accords collectifs qui arrivent à expiration ainsi que les effets du COVID-19 sur les travailleurs de cette industrie.