Malgré leur jeune âge et sachant bien que leurs voix risquent ne pas être entendues, trois jeunes de Fridays For Future ont tenu à être présents hier après-midi devant la Mauritius Post de Vacoas pour dénoncer le capitalisme et son impact sur l’environnement. Ces jeunes disent garder  l’optimisme pour un environnement meilleur.

« Notre manifestation vise à faire pression sur le gouvernement car il a le pouvoir de changer beaucoup de choses. Nous vivons sur une petite île et nous sommes frappés de plein fouet par le changement climatique. Nous constatons que très peu d’actions sont prises par le gouvernement pour lutter contre ces effets », explique Mariam Sandhooyea, membre du mouvement Fridays for Future. Cette ancienne étudiante du collège Lorette de Quatre-Bornes souligne que les effets du changement climatique à Maurice sont liés au facteur humain, précisément ceux qui détiennent le pouvoir.

Concernant la situation à Maurice, elle fait comprendre que « le gouvernement construit des drains. Mais au fond, ce ne sont que des symptômes qui sont traités. On ne s’attaque pas à la source du problème ». Citant l’exemple de la destruction des mangroves, elle rappelle que ces plantes sont essentielles. « Il est temps de travailler pour le peuple et non pour accentuer uniquement les profits », dit-elle encore.

Visiblement agacée par le développement qui ne tient pas compte de l’aspect environnemental, Mariam Sandhooyea souhaite que le développement soit durable. « Nous utilisons trop le mot durable comme un outil de marketing. Il faut que cela cesse », a-t-elle dit. Elle regrette que des lois existent pour que les projets de développement ne détruisent pas la nature mais elles ne sont pas appliquées. « Nous sommes partie intégrante de la nature. Nous devons arrêter de travailler contre la nature mais plutôt travailler en harmonie avec elle », a-t-elle fait ressortir.

Au chapitre de la COP-26 qui se tiendra à Glasgow en novembre, elle croit que Maurice peut montrer l’exemple des actions prises pour lutter contre le changement climatique. S’agissant des anciennes conférences COP, elle déplore qu’elles n’aient été que du Green Washing et que peu de progrès aient été accomplis. Elle souhaite aussi davantage de sensibilisation pour ce qui est des actions du gouvernement. Et d’avancer que peu de personnes se posent vraiment des questions sur les effets du changement climatique à Maurice. Elle demande à ceux « qui ont le pouvoir de sensibiliser les gens sur les actions à prendre afin de protéger notre pays ». Elle espère que plus de jeunes se joignent au mouvement. La jeune fille déplore que dans leur élan de participer à la lutte contre le changement climatique, la réaction du gouvernement est quasi nulle. « Nos amis nous ont raconté comment c’est difficile de se faire entendre », a-t-elle dit.

Participant à cette petite manifestation, Anesh Mungur, élève à la Westcoast International Secondary School à Flic-en-Flac, dénonce que les lettres envoyées au National Youth Environment Council n’ont eu aucune suite. « Nous avons soumis nos demandes mais nous n’avons obtenu aucune réponse. » Et d’ajouter ne pas savoir ce qui se passe au sein de ce conseil. « Où se trouve la transparence ? », a-t-il demandé.

À travers cette petite manifestation, Mariam Sandhooyea espère que les Mauriciens soient sensibilisés et « s’élèvent contre la société capitaliste ». De son côté, Soufyaan Timol, leader du groupe, a déclaré que « le changement climatique est grave et difficile à imaginer ». De ce fait, selon lui, être optimiste est le maître mot pour continuer la lutte. Il a fait ressortir que la manifestation d’hier est liée au capitalisme et aux injustices sociales qui sont à la base du changement climatique. « Nous sommes un groupe de pression pour empêcher qu’une chose contre l’environnement soit concrétisée », a-t-il.