Fondée en 1994, Meaders Feeds Ltd entend consolider sa position dans la nutrition animale à Maurice et booster son empreinte régionale. Entre investissements industriels, accompagnement des éleveurs et transformation digitale, l’entreprise mise sur l’innovation pour soutenir la productivité et mieux faire face aux incertitudes qui pèsent sur la filière. Le lancement de son application mobile MeadKonekt, lors du Meaders Symposium 2026, s’inscrit dans cette stratégie.
« Nous ne pouvons pas contrôler chaque défi externe, mais nous pouvons renforcer notre capacité à anticiper, à nous adapter et à répondre », souligne Iqbal Mohungoo, Managing Director de Meaders Feeds. Il évoque un environnement marqué par les tensions géopolitiques, le changement climatique, les épidémies et les fluctuations des prix des matières premières. Pour Maurice, fortement dépendante des importations de ces intrants, ces perturbations peuvent directement affecter les coûts de production, les exploitations agricoles et, en définitive, la sécurité alimentaire.
L’évolution de l’entreprise illustre le développement de la filière locale. Partie d’une production annuelle de 10 000 tonnes à ses débuts, Meaders Feeds a dépassé les 110 000 tonnes l’an dernier. Son chiffre d’affaires s’élevait à Rs 2,3 milliards pour l’exercice clos le 30 juin 2026, avec des bénéfices de Rs 87,8 millions. Détenue majoritairement par Innodis et Inicia, l’entreprise exploite une usine dotée d’une ligne de production entièrement automatisée. Celle-ci assure le contrôle et la traçabilité des aliments destinés à différentes catégories d’animaux, notamment la volaille, les bovins, les porcs, les caprins, les chiens et les primates. Ses activités dépassent également le marché mauricien, avec des exportations vers les Seychelles, les Comores, Mayotte, La Réunion et Madagascar.
Accompagner les éleveurs sur le terrain
Pour Iqbal Mohungoo, la croissance de Meaders Feeds reste étroitement liée à celle de ses clients. L’équipe technique effectue plus de 500 visites de fermes par mois afin de suivre les performances des exploitations, d’apporter un soutien opérationnel et de partager son expertise. Des services vétérinaires gratuits sont également proposés aux clients. « Notre succès est étroitement lié au succès de nos fermiers », rappelle le Managing Director, qui entend poursuivre les investissements dans les installations, diversifier les sources d’approvisionnement en matières premières et améliorer la chaîne logistique. L’entreprise investit aussi dans l’énergie solaire afin de réduire son empreinte environnementale. À plus long terme, elle ambitionne une présence plus prononcée dans l’océan Indien, d’explorer des débouchés en Afrique et de diversifier son portefeuille de produits. La modernisation de la filière passe également par une meilleure utilisation des données et des technologies.
MeadKonekt, un outil pour les éleveurs
Présentée lors du symposium organisé sous le thème Building Tomorrow, Today, l’application MeadKonekt vise à faciliter le suivi des exploitations avicoles. Elle automatise notamment le calcul du taux de ponte, de la consommation d’eau et d’aliments ainsi que du taux de mortalité. Les éleveurs peuvent ainsi consulter leurs indicateurs clés de performance en temps réel et prendre des décisions sur la base de données plus précises. L’application est disponible gratuitement sur les plateformes de téléchargement. « Nous ne proposons pas seulement une application, nous offrons à nos éleveurs un véritable partenaire digital », affirme Iqbal Mohungoo. L’objectif : simplifier les opérations quotidiennes et améliorer la performance des élevages grâce à une gestion plus structurée de l’information. Le symposium a réuni des experts internationaux autour de la productivité, de la résilience, de la durabilité et de l’intelligence artificielle appliquée à l’aviculture.
Préserver la production locale
Pour Fabrice David, Junior Minister de l’Agro-Industrie, la résilience du secteur dépend notamment de la capacité à protéger la production locale face à la concurrence internationale. « Protecting our poultry industry is therefore not simply about protecting businesses. It is about safeguarding jobs, preserving productive capacity and maintaining our ability to feed our population », a-t-il déclaré.
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Il a rappelé que Maurice compte environ 300 petits éleveurs de volailles, représentant près de 15 % de la production, les 85 % restants étant assurés par cinq producteurs intégrés. La dépendance aux matières premières importées, notamment le maïs et le soja, constitue par ailleurs une vulnérabilité face aux conflits, aux perturbations logistiques et aux fluctuations des taux de change. « Our objective is clear: to protect local production, keep food affordable and strengthen our food sovereignty », a conclu Fabrice David.

