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JN GRAND PAUL LTD : Jean-Noël Grand Paul, d’enfant de cité ouvrière à entrepreneur de renom

S’il y a un entrepreneur qui mérite une belle reconnaissance, c’est bien Jean-Noël Grand Paul qui ne savait ni lire ni écrire et qui aujourd’hui se trouve à la tête de son business, JN Grand Paul Ltd. Il réalise des panneaux publicitaires, des affiches, des pylônes avec assurance. L’homme a su s’attirer le respect et son travail qu’il mène avec rigueur lui permet d’offrir une meilleure qualité de vie à ses enfants, dont son aînée de 20 ans qui aspire à des études universitaires.

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D’une carrure imposante, Jean-Noël Grand Paul dira que sa taille est due à son ancienne passion pour le culturisme et la boxe française. Il a même été champion de Maurice en boxe française et Mr. Indian Ocean, Mr. Pailles et Mr. Moka en bodybuilding. Aujourd’hui, il a mis de côté cette passion au profit de son travail et de ses enfants. Il aide aussi son épouse dans son restaurant, The Big Grill, à Pailles. Jonglant entre plusieurs univers, on aurait pu croire que cet homme né d’un père yougoslave qu’il n’a pas connu et d’une mère mauricienne a eu la belle vie.

Pourtant, il a dû cravacher et relate être : « enn zanfan site ». Au départ, ne sachant ni lire ni écrire, Jean-Noël avait du mal à affirmer sa personnalité et dira que : « pa finn gagn gran ledikasyon, mo finn pass par boukou difikilte. Mais la persévérance m’a fait sortir des bas-fonds et je suis devenu patron de ma propre entreprise ». Selon Jean-Noël, son père qu’il n’a pas connu voulait l’emmener, lui, le fils aîné et ses trois autres enfants ainsi que sa mère, dans son pays, la Yougoslavie. Devant l’incapacité de sa mère à prendre une décision, il est parti voir en premier pour voir si l’herbe était plus verte ailleurs. Un cyclone s’étant abattu sur Maurice, leur toit en paille ne pouvait plus les abriter et sa mère a dû trouver refuge ailleurs. « Avant, on correspondait par lettres. Avec notre changement d’adresse, mon père n’a pu nous retrouver. Ma mère est décédée à 38 ans et ma grand-mère m’a élevé. »

« Les mots doivent s’ancrer dans l’action »

Quand il recompose avec son passé, Jean-Noël Grand Paul laisse transparaître, dans le son de sa voix, une émotion. Il se souvient encore de sa vie d’adolescent fait de petits riens, et de sa hargne à devenir quelqu’un. Mais sans éducation qui ouvre les portes de l’avenir, il voyait sa vie devenir terne. Il décide de faire quelques petits boulots sur le tas pour ne pas sombrer dans les fléaux et se découvre un talent d’artiste. Modeste dans son approche, l’homme n’aime pas être encensé.

Pour lui, les mots « doivent s’ancrer dans l’action ». Prenant son courage à deux mains, il décroche un poste dans une compagnie sud-africaine. « Je me souviens de la confiance placée en moi et de la valorisation de mon travail. »

Travailler c’est son credo et Jean-Noël Grand Paul voit loin. À force de travailler sur des panneaux publicitaires, des affiches, il décide de voler de ses propres ailes. « Tou kitsoz inn vinn dousman. Kan ou bon, bon die trass ou simin. » Sa droiture – dont il a fait une philosophie de vie – le conduira à mettre en place sa propre entreprise, JN Grand Paul Ltd. Lui, qui auparavant exerçait aussi comme chauffeur de taxi, avait glané de part et d’autre quelques contacts lui permettant d’avoir une meilleure visibilité de son entreprise.

S’il concède être un mordu du travail, Jean Noël Grand Paul favorise aussi sa famille dont il a fait le pivot de sa vie. Père de trois filles et d’un garçon, il raconte avec fierté que son aînée veut poursuivre des études universitaires. Sa cadette qui est en SC au collège Lorette cherche encore sa voie et ses deux derniers enfants, une fille de dix ans et un garçon de sept ans sont toujours en primaire.

Pour subvenir aux besoins de cette grande famille, Anoushka son épouse a lancé un restaurant, The Big Grill, à Pailles, spécialisé en burgers, wraps et autres qui se vendent bien. « Ma femme m’aide au niveau de l’administration de mon entreprise et moi, quand cela est possible, je l’aide au restaurant. » Quand il parle de son succès d’entrepreneur, il dira sans détour que la confiance est le maître mot de la réussite. « Pour faire reculer la misère, il faut aussi avoir la volonté de s’en sortir. » Au sein de son entreprise, JN Grand Paul Ltd, Jean Noël s’entoure de sept personnes à qui il a transmis ses connaissances et le respect du travail.

Dans un premier temps, il a pris de l’emprunt d’une banque pour abriter son entreprise, qu’il compte à l’avenir développer en un bien immobilier. Le Covid n’a pas épargné son entreprise, car lui aussi a été contraint de rester chez lui en période de confinement. Aujourd’hui, il voit son avenir prendre un autre tournant, car en sus des panneaux publicitaires, il est aussi capable d’offrir ses services pour des pylônes électriques.

« C’est un boulot qui nécessite de la concentration, car le moindre faux pas peut être fatal. » Les impressions pour panneaux publicitaires pour intérieur ou extérieur font partie de son métier. Il peut les travailler selon différents formats et épaisseur avec le nom du commerce qui permet à chaque propriétaire d’avoir une meilleure visibilité sur leurs produits proposés.

Récemment, il a travaillé pour le compte d’un propriétaire de villa en se chargeant d’installer son auvent. Son message à d’autres qui ont eu une vie difficile : « Il faut toujours commencer par des moyens limités et avoir cette force de caractère pour devenir un grand homme. La vraie réussite réside en l’honnêteté, la rigueur du travail, l’ambition et cette envie forte de sortir de la misère pour devenir une personne responsable. »

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