Des membres de Protez Nou Lagon se battent contre ventes et marées pour protéger nos lagons. Le Mauricien a approché Jorine Robert, le porte-parole de cette Ong, pour dresser un constat.
Quelles sont, selon vous, les valeurs que nous devons inculquer à notre jeunesse pour qu’elle contribue, elle aussi, à la préservation de nos lagons ?
Il est important de sensibiliser les enfants dès leur jeune âge afin qu’ils deviennent des hommes et des femmes responsables de leur environnement. C’est sans nul doute une leçon extrêmement nécessaire. Le respect de la nature n’est pas quelque chose que nous inculquons en une journée. C’est plutôt un processus que nous devons initier dès le plus jeune âge. Une fois sensibilisés, les jeunes vont faire passer le message autour d’eux et à leurs parents.
Pour nous, chaque petite contribution, qu’il s’agisse de celle d’un enfant ou d’un individu, a toute son importance pour lui et pour les générations futures.
Quel constat faites-vous de l’état de nos lagons ?
L’état de nos lagons à Maurice est déplorable. Nous organisons des exercices de nettoyage et nous nous retrouvons souvent devant des scènes d’horreur. Lors de notre dernier exercice sur une île proche de Grand-Gaube récemment, nous avons même découvert un mini-frigo.
Nous sommes sur une île et notre lagon est ce qu’on a de plus précieux. Allez sur n’importe quelle plage publique un lundi matin et vous en verrez l’état. Le pique-nique du dimanche est une tradition à Maurice. Une merveilleuse tradition qu’il faut préserver et il faut apprendre aux gens à se réorganiser afin de respecter la nature. Les déchets que nous laissons derrière nous se retrouvent tôt ou tard dans notre lagon, c’est dramatique ! Si au moins chaque Mauricien retournait chez lui après un pique-nique avec ses déchets, cela serait génial. Arrêtons de jeter les mégots de cigarettes sur la plage ou dans la mer aussi bien que les masques.
Notre insouciance, notre indifférence nous mènent déjà vers l’irréversible. Nous commençons déjà à en ressentir l’impact, les poissons deviennent rares. Nous oublions parfois que la mer regorge de beaucoup de richesses. Nous, les êtres humains, nous détruisons cela à travers nos actions. Les coraux en souffrent, les algues aussi. Notre lagon n’est plus aussi riche qu’avant et c’est de notre faute. Des dommages irréversibles ont été causés à la biodiversité. Nous sommes peut-être en train de détruire ce qui fait la richesse de notre île. Nous ne le réalisons pas.
Comment a débuté le projet “Protez nou lagon” ?
Cette initiative a débuté avec des gens de Grand-Gaube et des alentours. Les pêcheurs et artistes qui se sont lassés de voir l’état des plages, le manque de poissons, la détérioration des coraux ont décidé d’agir avec les moyens qu’ils avaient.
Nous avons commencé à parler de tout cela au cours d’une activité à la plage pour attirer quelques personnes. Une fois qu’ils étaient là, il suffisait de leur parler. C’est ce que nous faisons encore aujourd’hui mais nous visons plus loin. Tout le monde doit être sensibilisé, les locaux, les touristes, les expatriés.

