Chaque 28 octobre, depuis 1983, le monde entier observe la Journée internationale du créole. Ledikasyon Pu Travayer (LPT) monte au créneau pour l attirer l’attention sur les priorités sur la question de la langue maternelle. « Guvernman bizin aret met frin, aret blok devlopman langaz lepep, estime l’organe de Lalit, dans une communication. Inn ler pu lev interdiksyon ki ankor ena lor langaz Kreol dan Parlman ek dan lezot linstitisyon Leta ! »

LPT est ainsi d’avis que « ce gouvernement n’a aucune volonté politique d’introduire le Kreol Morisien au Parlement ! Depuis quatre ans, les deux Premiers ministres qui se sont succédé se sont cachés derrière des prétextes techniques : ce sont des Delaying Tactics et rien d’autre ! » De fait, souhaite LPT, s’il Means Business, le gouvernement doit venir de l’avant avec un projet concret, mettre sur pied, justement, un Select Committee, travailler en collaboration avec la Creole Speaking Union, et arrêter une date, afin de signifier sa volonté de véritablement introduire le kreol morisien au Parlement et dans les agences de l’État. »

Ainsi, souhaite LPT « nou pe dimann ki guvernman kumans fer enn pa dan sa direksyon la e vinn anonse zur Parlman repran semenn prosenn enn dat pu introdiksyon langaz Kreol dan Lasanble Nasyonal. Pour ce qui est du Select Committee, avec la CSU, le GM doit donner un Time Frame et avancer une date à laquelle il compte terminer le travail technique envisagé, en vue de concrétiser l’entrée du Kreol Morisien au Parlement ; ce n’est que de cette manière qu’il signifiera qu’il a la volonté politique d’aller de l’avant avec ce projet. » Démarrer une telle action, soutient LPT, implique « dekolonizasyon linstitisyon Leta; plis demokrasi dan pei ek liberte dexpresyon dan nu langaz maternel ».

Dans le même souffle, LPT décrie « la posture de l’opposition : ses députés, non plus, ne jouent pas le jeu ! » LPT rappelle qu’en mars dernier, avant la crise sanitaire de la COVID-19 et la période de confinement à Maurice, Lalit avait organisé un forum sur la question du kreol morisien au Parlement. « Paul Berenger représentait le MMM, Cader Sayed-Hossen, le PTr, Patrice Armance, le PMSD, et Alain AhVee, Lalit, explique LPT. Le MSM n’avait envoyé personne. Lors de ce forum, tous ceux présents étaient tombés d’accord sur la nécessité d’introduire le Kreol Morisien au Parlement. Cependant, quand Lalit a demandé aux députés de l’opposition de faire de la résistance passive — c’est-à-dire de s’adresser à l’hémicycle en Kreol Morisien jusqu’à ce que le Speaker ne les rappelle à l’ordre — personne n’a souhaité jouer le jeu… C’est bien dommage ! Parce que de cette manière, nous aurions marqué un début…»

« Kan pe selebre Zurne langaz Kreol, nu panse li enn lokazyon pu anlev inpe baryer ki pe anpes langaz Kreol epanwi. Tanki Guvernman kontinye interdir langaz Kreol dan Parlman li pe prolonz kolonizasyon olye apiy prosesis dekolonizasyon. Apre 52 an Lindepandans inn ler pu ki derulman tu prosedir  Lasanble Nasyonal nepli domine inikman par 2 langaz etranzer ki pwisans kolonyal finn inpoze e ki Guvernman siksesif finn mintenir.» De même, poursuit l’organe de Lalit,  « interdire le Kreol Morisien au Parlement, c’est enfreindre la démocratie. Il est impératif d’enlever toutes les entraves, comme par exemple, la section 33d de la Constitution de Maurice, qui préconise que pour devenir député de notre pays, il faut pouvoir lire et écrire une langue étrangère, soit l’Anglais. Cette clause est anti-démocratique, car elle exclut tous les candidats qui sont issus de la classe ouvrière ! »

Par ailleurs, LPT explique que « nous avons déjà pris les devants, et fait parvenir à l’équipe de la CSU tout le matériel que nous avons élaboré durant ces 40 dernières années, dans notre combat en faveur de l’usage du Kreol Morisien dans les agences étatiques. ». Ce matériel comprend, entre autres, « un Draft en créole des Standing Orders de l’AN, qu’une équipe de 7 membres de LPT a élaboré en 2018 et que nous avons déjà fait parvenir au Speaker et aux leaders des partis politiques.»