Journée mondiale : Au moins un Mauricien sur 10 souffre d’arthrite

“ It’sin your hands, take action.” Tel est le thème cette année de la Journée mondiale de l’arthrite, observée chaque 12 octobre. Ashan Purmessur, président de l’Association of Rhumatology Concerns (ARC), indique que cette maladie peut être très handicapante sans un dépistage précoce et les traitements appropriés. À Maurice, quelque 130 000 personnes, littéralement un sur dix, souffrent d’une forme d’arthrite, parmi la centaine de types existants.

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L’arthrite, également appelée polyarthrite rhumatoïde, est une maladie auto-immune se caractérisant par l’inflammation des tissus touchant les articulations. Elle fait partie des rhumatismes et maladies musculo-squelettiques (RMS). Sur le plan mondial, 20 millions de patients en sont atteints.

Ashan Purmessur, président de l’Ong ARC, attire l’attention sur le vrai enjeu de santé que
constitue l’arthrite

« C’est une journée pour sensibiliser la population sur la maladie et pour mieux faire conseiller et guider les patients. Il existe 100 types d’arthrite. D’après les statistiques du ministère de la Santé, quelque 130 000 Mauriciens souffriraient d’une forme de rhumatologie liée à l’arthrite », fait ressortir le président de l’ARC.

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Lors de cette journée, l’accent est mis sur l’importance d’un diagnostic précoce. « Nous conseillons à ceux qui ont les premiers symptômes de se rendre à l’hôpital pour faire un test sanguin et détecter toute inflammation. Le médecin pourra référer la personne à un rhumatologue si besoin est », fait-il comprendre.

Ashan Purmessur note par ailleurs que la polyarthrite rhumatoïde est un véritable enjeu de santé. « Nombre de ceux qui en souffrent ne peuvent travailler. Contrairement à ce qu’on croit souvent, à savoir que cela ne concerne que les personnes âgées, tel n’est pas le cas. L’arthrite peut aussi affecter les enfants. Le taux d’arthrite juvénile augmente d’ailleurs au fil des ans. Des bébés de trois à quatre mois peuvent en être atteints, mais il est difficile de faire le diagnostic à cet âge. C’est quand on fait une batterie de tests qu’on parvient à poser le diagnostic », affirme-t-il.

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Des adolescents en souffrent également, car cette maladie est héréditaire. « Elle peut parfois aussi être liée au stress. Autrefois, les gens en souffraient, mais ne se rendaient pas à l’hôpital, et vivaient avec sans traitement. Mais aujourd’hui, quand les patients voient qu’ils en souffrent, ils découvrent que leurs enfants aussi en souffrent. Ou parfois quand on découvre la maladie chez l’enfant, on découvre par la suite que le parent en souffre », prévient-il. À noter que l’alimentation ne déclenche pas cette maladie, quoi que cela peut accentuer la goutte, qui est une forme d’arthrite. « Ceux souffrant de la goutte doivent réduire l’apport en protéines dans leur nutrition », ajoute-t-il.

L’Ong ARC organise des rencontres durant l’année, où des professionnels de la santé (pharmaciens, rhumatologues, diabétologues, diététiciens, nutritionnistes…) viennent prodiguer des conseils. Un service psychologique permet aux membres de parler de leur problème. « Parfois, en effet, il y a des choses que les patients n’ont pas l’occasion de confier ailleurs. Ils peuvent certaines fois être considérés comme des paresseux par les proches, alors que la personne souffre. C’est une maladie qui n’est pas visible, mais la personne souffre de douleurs, de brûlures, etc. », fait-on comprendre.

problème pour ceux se rendant à l’hôpital pour des soins. « Quand le patient fait un test sanguin, ce n’est que dans un mois qu’il aura ses résultats. Entre-temps, ses conditions physiques peuvent se détériorer. Nous, à l’Ong, nous travaillons avec des laboratoires et la clinique Ferrière. Nos membres bénéficient de remises sur les tests sanguins », propose-t-il.

Si le patient ne s’y prend pas tôt, « il peut avoir des déformations et des inflammations agressives, ce qui peut beaucoup l’handicaper », au point, dit-il, de devoir arrêter le travail. « C’est très difficile d’un point de vue social et psychologique », fait-il encore ressortir.

Il dit avoir déjà soumis un rapport au ministère de la Santé pour mettre en exergue la nécessité de traitements basés sur des normes internationales. « Celles-ci recommandent que les patients puissent avoir des Disease-modifying anti-rheumatic drugs (Dmards). Mais, selon le protocole international, quand ces Dmards ne fonctionnent pas, on prescrit des Biologic Dmards, soit des traitements très spécifiques. Mais à Maurice, au lieu de ces Dmards, on prescrit de la cortisone. C’est là où tout s’aggrave. La douleur diminuera, certes, mais les os vont commencer à s’effriter, surtout qu’à Maurice, on ne prescrit pas de la cortisone sur un an ou deux, mais sur une dizaine d’années. Et au fil du temps, les organes, comme les reins ou le foie, sont affectés » , avance-t-il.

D’où la campagne d’ARC pour réclamer la mise sur pied d’un dé- partement rhumatologique dans chaque hôpital pour un traite- ment spécifique pour les patients souffrant d’arthrite. « Depuis quatre ans maintenant, on de- mande au gouvernement que des Dmards biologiques soient prescrits aux patients. Tous les patients n’ont pas besoin de Dmards biologiques, car certains peuvent se soulager avec les Dmards », dit encore Ashan Purmessur.

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