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Conseil des Religions : « Le racisme subrepticement pratiqué à Maurice »

Agir pour l’égalité : mettre fin au racisme, bâtir la paix.” Le thème de la Journée mondiale de la Paix, cette année, amène le Conseil des Religions à faire un constat loin des discours mielleux sur la paix interculturelle dans le pays : « Le racisme est subrepticement pratiqué à Maurice. » Le conseil voit dans l’appel lancé cette année par l’Onu « l’occasion pour nous tous de prendre davantage conscience du déraillement de nos attitudes ». Et il ajoute: « l’amour de notre prochain, quelle que soit sa diversité, est le début du démantèlement des structures qui enracinent le racisme parmi nous. »

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Dans son message à cette occasion, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, souligne : « Le racisme continue d’empoisonner les institutions, les structures sociales et la vie quotidienne dans toutes les sociétés. Elle continue d’être un facteur d’inégalité persistante. Et il continue de priver les gens de leurs droits humains fondamentaux. Il déstabilise les sociétés, sape les démocraties, érode la légitimité des gouvernements et les liens entre le racisme et l’inégalité des sexes sont indubitables. »

S’exprimant sur la manière dont le racisme se manifeste à Maurice, le Conseil des Religion, qui estime qu’il est « subrepticement pratiqué », ajoutant : « il est obscur et protéiforme. C’est le mécanisme de défense de la peur de l’autre, et le fruit de quelques siècles d’intolérance et de préjugés pernicieux. Ça emplit l’air quand les gens commencent leurs phrases par dan nou…. Ça pollue l’atmosphère quand la sélection et le recrutement se font en plusieurs quartiers selon des critères obscurs et mystérieux. Les compétences sont souvent sacrifiées au profit du maintien du racisme. Il contamine de larges pans de la population lorsque les gens se sentent indignes; indignes de certains droits et de l’accès à des services comme la santé, le logement, l’éducation, les soins sociaux, pour n’en nommer que quelques-uns. »

Le conseil va plus loin pour soutenir que le racisme est « une forme de spiritualité perverse » parmi nous. « Il est ancré dans l’état d’esprit de beaucoup et fait partie de la croyance qui alimente la paix négative. Il est si facile de rejeter la faute sur les autres. »

Le conseil estime important que « nous reconnaissions que la plupart des religions ont eu leur part de maintien du racisme et de promotion de la mentalité raciste à travers l’Histoire ». Car « nous avons péché en permettant l’avancement et la diffusion de structures qui enracinent le racisme parmi nous ».

C’est ainsi qu’il exhorte les Mauriciens à prendre davantage conscience du déraillement de nos attitudes qui sont façonnées par les croyances. « La vraie spiritualité est dépourvue de racisme, car elle est fondée et découle de l’amour. L’amour de notre prochain, quelle que soit sa diversité, est le début du démantèlement des structures qui enracinent le racisme parmi nous. Bâtissons un monde meilleur, une île Maurice meilleure – un monde où nous sommes désireux d’honorer l’esprit Divin de l’Autre. »

Pour la présente édition de  la Journée mondiale de la paix célébrée chaque 21 septembre, le Conseil des Religions avance que la guerre en Ukraine ainsi que les retombées de la pandémie illustrent parfaitement les propos du secrétaire général de l’Onu. « Alors que les gens fuyaient l’Ukraine, les réseaux sociaux ont été inondés de rapports mettant en évidence les mauvais traitements et les abus des personnes de couleur aux frontières. D’innombrables rapports ont raconté l’histoire de personnes de couleur empêchées de franchir les frontières, tandis que les Ukrainiens blancs étaient conduits en lieu sûr. De même, le racisme a relevé sa tête hideuse pendant la pandémie. La rhétorique anti-asiatique a augmenté parallèlement au Covid-19, et des statistiques sont apparues dans plusieurs pays révélant que les personnes de couleur étaient plus susceptibles d’être hospitalisées et de mourir du virus. » Le conseil de conclure : « Il ne peut y avoir de paix sans justice. Chacun de nous doit faire ce qu’il peut. »

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