Des centaines d’usagers de la route et de membres du public ont afflué, hier, au Victoria Urban Terminal, à Port-Louis, à l’occasion d’une campagne de sensibilisation organisée par l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM) Maurice et Seychelles, et ce, dans le cadre de la Journée mondiale de la lutte contre la traite des personnes. Placée sous le thème Trapped Behind the Scam, l’initiative a mis l’accent sur les nouvelles stratégies utilisées par les trafiquants, notamment les fausses offres d’emploi, les recrutements frauduleux et les escroqueries en ligne.
Organisée en collaboration avec le bureau du Directeur des Poursuites Publiques (DPP), la Counter Trafficking in Persons Unit de la police, le ministère du Travail et des Relations industrielles, ainsi que les ONG Passerelle et Gender Links, cette action de sensibilisation a réuni des représentants d’institutions publiques, des forces de l’ordre, de la société civile et des jeunes engagés. Elle a permis à l’OIM et à ses partenaires de mieux informer le public sur les risques liés à la traite des personnes, de faire connaître les mécanismes de signalement et de présenter les services d’accompagnement disponibles pour les victimes. Des stands d’information et diverses activités de sensibilisation ont également permis aux visiteurs de mieux comprendre les signes d’alerte et les moyens de se protéger contre l’exploitation.
« Les trafiquants ciblent les personnes en quête d’un avenir meilleur », a déclaré Alia Hirji, cheffe de mission de l’OIM Maurice et Seychelles. « Ils exploitent les aspirations de celles et ceux qui recherchent un emploi, une formation ou de meilleures perspectives d’avenir, en dissimulant l’exploitation derrière des offres trompeuses et des escroqueries en ligne de plus en plus sophistiquées. La sensibilisation demeure l’un de nos outils les plus efficaces pour prévenir la traite des personnes. En aidant le public à reconnaître les signes avant-coureurs et à savoir où demander de l’aide, nous pouvons empêcher l’exploitation avant même qu’elle ne commence », indique-t-elle encore.
Le thème mondial de cette année met en lumière une tendance préoccupante : le recours croissant des trafiquants aux fausses agences de recrutement, aux annonces d’emploi frauduleuses, aux réseaux sociaux et aux applications de messagerie, et ce, dans l’objectif d’attirer leurs victimes avec de fausses promesses d’emploi ou de meilleures perspectives d’avenir. Une fois recrutées, celles-ci peuvent être exposées au travail forcé, à l’exploitation sexuelle, à la servitude domestique ou à d’autres formes d’abus, souvent dans des situations d’isolement qui les empêchent d’accéder à un soutien ou de demander de l’aide.
Durant toute la journée, les visiteurs ont ainsi pu découvrir les stands des différentes organisations partenaires, s’informer sur les signes permettant d’identifier une situation de traite, vérifier la crédibilité d’une offre de recrutement et prendre connaissance des mécanismes de signalement et d’aide aux victimes. Des supports éducatifs, des vidéos, des quiz et des activités interactives ont également été proposés afin de favoriser les échanges autour de cette problématique.
De jeunes ambassadeurs ont également présenté des saynètes inspirées de situations réelles mettant en scène de fausses offres d’emploi et des escroqueries en ligne. À travers ces mises en scène, ils ont illustré les méthodes employées par les trafiquants pour manipuler leurs victimes et ont rappelé les bons réflexes à adopter pour prévenir ce type d’exploitation.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de l’OIM visant à accompagner le gouvernement mauricien dans le renforcement de la réponse nationale contre la traite des personnes. En réunissant les différents acteurs engagés dans ce combat, la campagne a ainsi permis au public d’échanger directement avec les intervenants de terrain et de mieux comprendre les mécanismes existants pour la prise en charge et le signalement des cas présumés.
À travers son programme de lutte contre la traite des personnes, l’OIM travaille aux côtés des institutions gouvernementales, des forces de l’ordre et des organisations de la société civile afin de multiplier les actions de prévention, de protection et de coopération. L’organisation apporte également son soutien au développement d’un mécanisme national de référencement et de signalement destiné aux victimes.
La traite des personnes demeure une grave violation des droits humains et une forme de criminalité organisée qui continue de prendre de l’ampleur à travers le monde. Les personnes confrontées à des difficultés économiques, au chômage, à l’isolement social ou à un manque d’informations fiables figurent parmi les plus exposées aux stratégies des trafiquants. Célébrée chaque 30 juillet, la Journée mondiale de la lutte contre la traite des personnes rappelle que la prévention est l’affaire de tous. Autorités publiques, forces de l’ordre, employeurs, organisations de la société civile, communautés et citoyens… tous ont un rôle à jouer pour identifier les signes d’alerte, signaler les situations suspectes et protéger les personnes vulnérables.
L’OIM et ses partenaires réaffirment que la lutte contre la traite des personnes repose sur une responsabilité collective. La vigilance du public, le signalement des situations suspectes et la collaboration entre les différents acteurs demeurent essentiels pour mieux prévenir l’exploitation et protéger les personnes vulnérables.


