À l’heure où les déclarations de principe sur l’égalité se succèdent, pour Karola Zuël,Consultante et formatrice d’éducation sexuelle, l’urgence n’est plus aux slogans mais aux actes. Face à la montée des violences et aux réflexes persistants de blâme envers les victimes, l’appel est clair : passer des mots aux actions, ici et maintenant.
Non. Les discours ne suffisent plus. On parle d’égalité, de sensibilisation, de campagnes symboliques mais les actions doivent aller plus vite. Et pas uniquement au niveau du gouvernement ou des écoles. Le changement doit aussi venir de nous, dans notre quotidien.
On entend souvent dire que « l’ennemi de la femme, c’est la femme ». Quand allons-nous changer ce discours ?
Dans un contexte de féminicides en hausse, quel regard portez-vous sur les réactions de la société ?
Nous vivons dans une époque où les féminicides augmentent, et pourtant, la société trouve encore le moyen d’accuser la victime. « Ki’nn mete ? Ki ti pe fer laba ? », « Ti bien kontan apre pe dir inn gagn viole. »
Que faut-il changer concrètement ?
Il est temps de transformer nos micro-actions, nos attitudes, nos réactions face aux violences envers les femmes et les enfants.Le changement commence par soi-même, par notre famille, nos relations amicales, nos collègues. Il ne s’agit pas de répondre par la violence, mais d’éduquer, de corriger, de faire comprendre.Il ne s’agit pas d’agir avec violence pour faire entendre notre point mais de faire comprendre que blâmer une victime n’est pas acceptable. Le viol conjugal n’est pas normal. Le child grooming n’est pas un cas isolé. Les infections sexuellement transmissibles ne concernent pas une seule catégorie sociale.

