Le collectif Konversasion Solider, regroupant plusieurs organisations citoyennes, prépare la « riposte sociale » aux atteintes à la liberté et aux droits fondamentaux. La Covid-19 Act et la Quarantine Act, votées sous couvre-feu sanitaire, témoignent selon ses animateurs d’une « dérive totalitaire ». Le démantèlement du National Pension Fund est également considéré comme une atteinte aux droits acquis, obtenus après de longues luttes. Les organisations et citoyens sont invités à rejoindre le collectif à l’Unity House, samedi prochain, pour préparer la mobilisation et développer un cahier de revendications.

Le confinement a été une période où il y a eu de « graves atteintes » à la liberté des citoyens, dit Stéphan Gua du Centre for Alternative Research and Studies. Les Mauriciens indignés par la violence policière exposée sur les réseaux sociaux, les changements apportés dans la Covid-19 Act et la Quarantine Act, notamment en ce qui concerne les lois du travail, ont provoqué la colère des Mauriciens qui n’ont cependant pu s’exprimer, poursuit-il. D’où la démarche pour une mobilisation sociale. « Rester tranquille voudrait dire accepter de régresser. Nous faisons un appel à tous ceux qui veulent le progrès à venir nous rejoindre. »

Radhakrishna Sadien de la State Employees Federation souligne, lui, l’emprise du secteur privé sur le gouvernement. « Le budget comprend des mesures cosmétiques pour la population, mais favorise ceux qui ont de l’argent. » Il déplore le manque de dialogue social, pourtant recommandé par le Bureau international du Travail. Ce qui l’amène à dire que Maurice est en train de violer les conventions qu’il a signées. « Nous sommes au bord d’une crise sociale. Il faut mettre l’homme au centre du développement et non pas les profits.» Et ce dernier d’ajouter que le gouvernement a remporté les élections sur la base de certaines promesses, et a donc des comptes à rendre à la population. « C’est seulement à travers la mobilisation que le peuple peut faire entendre sa voix. »

De son côté, Ashok Subron relève que le pays a basculé dans la « dictature des riches ». Aujourd’hui dit-il, une poignée « d’oligarques » est en train de créer des peines et du stress social énormes. « Il suffit d’aller devant les bureaux de l’emploi ou dans les villages côtiers vivant du tourisme pour se rendre compte à quel point les gens sont en difficulté. On n’aurait pas eu à en arriver là si le gouvernement avait été à l’écoute du peuple. On a accumulé des milliards de roupies de profits depuis l’indépendance pour permettre l’accumulation de la richesse d’une poignée de personnes. Aujourd’hui, comme si de rien n’était, le gouvernement se met à leur service. Avec le budget, on leur a ouvert le coffre-fort du pays. »

Il estime ainsi que le pays est à la veille d’une explosion sociale. « Au lieu de protéger les travailleurs, le gouvernement a changé la loi pour permettre la dictature du patron. Presque toutes les avancées ont été enlevées. Avec la Quarantine Act, on a touché à nos droits fondamentaux. On a vu également ce qui s’est passé récemment à l’Assemblée. Tous les signes d’un basculement vers le totalitarisme sont là. »

Le collectif invite ainsi tous les citoyens et toutes les organisations qui veulent participer à la mobilisation, à une réunion à l’Unity House, Beau-Bassin, ce samedi 13 juin, à 13h30.