Le cardinal Piat fait part de son départ en tant qu’évêque

En la Cathédrale Saint-Louis, hier : « Il se pourrait que ce soit la dernière messe chrismale que je préside »

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Une grosse foule avait rempli la cathédrale Saint-Louis, hier, à l’occasion de la messe chrismale présidée par le cardinal Maurice E. Piat en sa qualité d’évêque du diocèse de Port-Louis. « Il se pourrait que ce soit aujourd’hui la dernière messe chrismale que je préside, avec vous à la Cathédrale, en tant qu’évêque de Port-Louis », a-t-il déclaré, suggérant que le nom de son successeur comme chef de l’Église catholique de Maurice devrait faire l’objet d’une annonce très bientôt.

L’homélie du cardinal Piat était très attendue au terme d’un mois de méditation sur sa lettre pastorale dont les points forts ont été soulignés lors de sa dernière intervention à la télévision la semaine dernière lors de l’homélie pour le Dimanche des Rameaux et aussi après sa rencontre avec le Premier ministre cette semaine.

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« La messe chrismale du Jeudi Saint a toujours été pour moi un moment très fort, comme une halte bienfaisante après le long cheminement du carême, une halte fraternelle où le presbyterium réuni autour de l’évêque se ressource dans la mémoire du jour où le Seigneur a institué le sacerdoce », a-t-il affirmé d’emblée. Il a enchaîné dans un élan d’inspiration : « Je ne peux m’empêcher de faire mémoire de toutes ces années où nous avons marché ensemble comme une vaillante caravane, aux couleurs de l’arc-en-ciel, où nous avons porté ensemble le poids du jour et de la chaleur, nous serrant les coudes pour garder l’espérance dans l’aridité des déserts, profitant ensemble de la fraîcheur d’une oasis pour nous reposer et nous abreuver d’eau vive afin de reprendre la route d’un bon pied. »

Se remémorant le chemin parcouru depuis qu’il a succédé au cardinal Jean Margéot, l’évêque de Port-Louis a partagé sa joie d’avoir parcouru ce bout de chemin avec les membres de son presbytère. « Cela a été pour moi une belle aventure humaine où nous avons cherché ensemble à faire résonner la musique de l’Évangile au cœur de la société mauricienne. Chacun avec son charisme, chacun avec sa note ou sa tonalité particulière.

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Cela n’a pas été toujours facile, je l’avoue, de battre la mesure et de maintenir une certaine harmonie ; mais l’Esprit Saint a quelquefois une façon surprenante de créer l’harmonie. Et j’ai appris qu’il fallait quelquefois se laisser surprendre. Tous ceux qui nous ont écoutés n’ont pas toujours voulu danser, mais beaucoup se souviendront un jour que cette musique avait touché une fibre en eux, qu’elle répondait à une aspiration profonde, et peut-être la feront-ils entendre à leur tour, à leur façon », a mis en exergue le cardinal Piat.

L’évêque a rendu hommage à tous ceux qui ont fait un bout de chemin avec lui et qui sont décédés mais aussi aux prêtres mauriciens et aux missionnaires, aux prêtres séculiers et aux religieux. Sur un ton plus religieux, il a expliqué que pour Jésus, être serviteur, est le cœur de sa vie. « Une option claire, forte, centrale, répétée en parole et en action, à temps et à contretemps. Que ce soit durant sa vie publique, au dernier repas ou après la Résurrection, il ne se contente pas de rendre des services mais il adopte la condition de serviteur, il se situe comme serviteur », a expliqué l’évêque, qui a toutefois demandé aux prêtres de faire preuve de patience.

« Ne cherchons pas trop vite des résultats, soyons plutôt confiants dans la puissance de cette grâce qui se déploie dans notre faiblesse. Ayons aussi la patience d’un jardinier qui sait semer mais qui sait aussi attendre qu’apparaissent les premières pousses pour les soigner, les arroser jusqu’à ce qu’elles portent du fruit », a dit le cardinal Piat avant de souligner : « tant d’hommes et de femmes aujourd’hui ont soif d’espérance, tant de pauvres ont soif d’entendre la Bonne Nouvelle. N’ayons pas peur. Soyons des témoins d’espérance à la manière du Père Laval dans la douceur et le respect mais aussi dans la joie, et dans la certitude que le Christ est ressuscité et qu’il invite chacun de nous à ressusciter avec lui. »

La cérémonie a pris fin avec la bénédiction des saintes huiles qui seront utilisées tout au long de l’année dans les paroisses. À la fin de la cérémonie religieuse, empreinte d’émotions et de ferveur, la foule présente a applaudi le cardinal Piat qui clôturait la procession des prêtres en compagnie du père Georgy Kenny, vicaire judiciaire du Tribunal interdiocésain de Port-Louis et curé de la paroisse de Saint-Pierre.

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