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Ils prennent coup sur coup depuis plus une année. Après le premier confinement et la fermeture des frontières en mars de l’année dernière, ils s’étaient retrouvés sans emploi et sans ressources. Puis, il y a eu le naufrage du Wakashio qui les a plongés dans la marée noire. Une authentique marée noire. Quelques mois après, alors qu’ils se préparaient à reprendre les activités avec une probable réouverture des frontières, ils sont à nouveau au chômage avec la fermeture des plages.

Tony Apollon confie toute la difficulté à sortir de cette situation. Car le Wakashio, dit-il, a laissé des séquelles profondes. « Avec la marée noire dans le lagon du sud-est l’année dernière et l’absence d’un rapport officiel sur la qualité de l’eau dans le lagon, qui va emmener sa famille nager à Blue-Bay ? Est-ce qu’un ministre va emmener sa famille ici ? D’ailleurs, il y a toujours un panneau sur la plage qui déconseille d’entrer dans l’eau. On ne comprend pas la logique. »

Le plus dur, poursuit-il, c’est que les plaisanciers et les skippers ont vu leur Wakashio Grant interrompue alors que les pêcheurs ont été payés jusqu’au mois de mars. « C’est bien pour les pêcheurs, mais il fallait aussi prendre en considération qu’avec la poupe du Wakashio toujours en place, le démantèlement n’étant pas terminé, les plaisanciers et les skippers ne peuvent pas travailler non plus. Nous avions demandé que l’allocation soit maintenue jusqu’à ce que la poupe soit complètement enlevée. »

De plus, dira Tony Apollon, il y a un « manque de transparence totale » dans la façon dont les victimes du Wakashio ont été payées. « Ceux qui ont perçu la Wakashio Grant ont obtenu le salaire minimum, soit Rs 10 200. Toutefois, ceux qui ont travaillé pour les compagnies responsables du nettoyage du lagon ont obtenu entre Rs 1 000 et Rs 2 500 par jour. Comment a-t-on calculé cela ? S’est-on basé sur le salaire minimum à l’étranger ? Et combien ces compagnies ont-elles obtenu pour pouvoir assurer ce salaire ? On ne sait pas non plus, au niveau du gouvernement, combien d’argent on a reçu pour le Wakashio. Il semble que d’autres ont fait de gros profits sur le dos des vraies victimes. »

À ce jour, les plaisanciers et les skippers se retrouvent une nouvelle fois avec le Wage Assistance Scheme et le Self-Employed Assistance Scheme. On ne sait pas non plus pendant combien de temps cela va durer. Ni quand on procédera à la réouverture des frontières. Pour l’heure, dans le Sud-Est, la marée noire semble durer pour ceux qui gagnent leur vie de la mer.