…puisque je n’ai pas été testé au retour », estime ce cabin crew d’un vol de Mumbai du 13 octobre dernier. Il a eu de la fièvre quelques jours après ce vol où 8 cas de Covid avaient été détectés. 

« Si jamais il y a une deuxième vague de Covid à Maurice, je suis sûr que ce sera introduit par l’équipage. Le protocole comporte trop de lacunes », estime un membre d’équipage d’Air Mauritius. Pour cause, il a lui-même vécu une véritable angoisse il y a peu, après être revenu d’un vol sur lequel plusieurs passagers ont été détectés Covid-positif par la suite.

« J’aurais pu avoir véhiculé le virus localement sans que les autorités ne le sachent », avoue cet employé d’Air Mauritius. En effet, avec plusieurs autres collègues, il faisait partie du personnel à bord du vol MK111 en provenance de Mumbai, le 13 octobre. Au débarquement, le laboratoire n’étant pas encore fonctionnel, la température de toutes les personnes à bord de l’avion est prise. Toutefois, seuls les passagers ont transité par l’unité de dépistage de l’aéroport. Le personnel navigant, lui, après être passé par les services douaniers, est dirigé vers le transport d’Air Mauritius qui l’a ramené chez lui, où il a pour instruction de s’auto-isoler pendant sept jours. C’est ainsi sans appréhension aucune que notre interlocuteur – même si l’auto-isolement est plutôt difficile à respecter, concède-t-il – l’effectue en rentrant chez lui.

Le lendemain toutefois, un appel du Health & Safety Manager de MK lui apprend qu’il y avait sur le vol qu’il venait d’effectuer huit cas positifs de Covid. Ressentant lui-même des symptômes de grippe et de fièvre, il décide d’appeler la hotline 8924 du ministère de la Santé pour informer de sa situation. Or, à l’autre bout du fil, il apprend qu’il n’y a pas de médecin. Inquiet, il essaiera tant bien que mal de se soigner avec des remèdes de grand-mères. Malgré l’alerte donnée sur la hotline, aucun officier du ministère de la Santé n’a pris contact avec cet employé d’Air Mauritius.
Aucune prise de contact de la Santé
Au 6e jour, les symptômes persistant et les membres de sa famille ressentant aussi quelques symptômes de fièvre, il décide d’appeler lui-même le ministère de la Santé, où on s’étonne que personne, ni du bureau sanitaire de Vacoas ni celui de Curepipe n’a pris contact avec lui pour effectuer un test PCR. D’ailleurs, après ce coup de fil à la Santé, des officiers des deux bureaux sanitaires ont alors appelé chez lui, chacun se renvoyant la balle pour savoir qui aurait dû avoir pris contact. Démarrera alors un processus de dépistage auprès de cet employé d’Air Mauritius, les officiers de la Santé défilant tout l’après-midi chez lui.

« Outre le test PCR effectué très tôt le 7e jour, on m’a même fait un dépistage de la malaria », dit-il. Le test PCR effectué s’est heureusement révélé négatif, indique-t-il, faisant ressortir qu’en outre, « pendant une semaine, j’ai vécu dans une véritable angoisse, surtout que j’ai mes parents qui sont âgés et des enfants avec moi. Mais les autorités, elles, n’étaient pas au courant que j’étais sur ce vol. » Si les mesures, tardives, ont finalement été prises pour le dépistage, ce membre de MK note qu’aucun membre de sa famille, qui pourtant avait des symptômes de fièvre comme elle, n’a été soumis au dépistage. « Certes, j’ai fait de mon mieux pour respecter la quarantaine, mais ce n’est pas commode, car nous avons des espaces communs et un simple moment d’inattention, une trace de main que j’aurais oublié de nettoyer sur le plan de travail de la cuisine aurait pu contaminer les autres si j’étais porteur du virus », dit-il.

D’où sa conviction que « nous ne sommes pas safe en auto-isolement. » « On ne peut pas être safe avec ces loopholes du protocole », prévient ce membre d’Air Mauritius, espérant que les erreurs commises ne se répéteront pas pour d’autres et qu’aucun membre d’équipage de MK ne devienne le patient zéro qui ramènera la Covid à Maurice.