Vivant dans une bicoque depuis 16 ans au centre du village de Rivière-du-Rempart, Marie Jessie Jongou, âgée de 78 ans, et sa fille, Queensy, étaient des personnes complètement oubliées et rejetées à cause de leur extrême pauvreté.

Ne pouvant rester insensible à leur piteuse condition, Le Mauricien avait fait état de leur situation en décembre 2020 pour montrer au public et aux autorités concernées une réalité choquante du pays. Leur maison, terriblement délabrée, est maintenant chose du passé, puisque la National Housing Development Company a offert un toit, à Cottage, à cette femme âgée et sa fille.

La cérémonie de remise de clé s’est déroulée mardi après-midi en présence du Premier ministre adjoint et ministre du Logement, Steven Obeegadoo, et des deux députés de la circonscription Piton/Rivière-du-Rempart (No 7), dont Ravi Dhaliah, ainsi que de la ministre de l’Égalité des genres, Kalpana Koonjoo-Shah. Attendant l’arrivée des personnalités politiques, Queensy et Vanina Jongou, deux belles-sœurs, étaient déjà devant la porte de leur maison. Visiblement émotionnée, Vanina Jongou, la belle-fille de Marie Jessie Jongou, est la source qui a permis d’ouvrir les yeux sur la terrible condition de sa belle-mère âgée de 78 ans, alitée et non-voyante.

Le destin de Marie Jessie Jongou prendra un autre tournant lorsqu’un médecin viendra la consulter suite à une demande faite par la famille après que cette dernière a subi une attaque, paralysant une bonne partie de son corps. « Un médecin venait voir ma belle-mère. Lorsqu’il a vu la condition dans laquelle elle vit, il était très choqué et nous a demandé si on a fait des démarches pour sortir de cette maison. Mais étant donné que nous ne savions pas quelle porte frapper pour obtenir de l’aide, il nous a promis qu’il nous aiderait. C’est grâce à un article publié dans Le Mauricien qu’en un mois ma belle-mère a pu trouver un toit », soutient la belle-fille.

Selon elle, sa belle-mère était très réticente à faire connaître son problème au public et ajoute que c’est elle qui avait pris l’initiative de parler et de répondre positivement à la demande du médecin lorsque ce dernier lui avait suggéré qu’un article soit publié. Devant le refus de sa belle-mère, Vanina Jongou a dû trouver les bons mots afin de la convaincre. « Elle ne voulait pas vivre dans une telle condition et, à la fin, elle a accepté d’en parler », dit-elle.

Suite à une visite à son domicile et le cas rapporté dans le quotidien, la famille Jongou a commencé à recevoir des appels de partout. Vanina Jongou avance que certaines personnes voulaient même offrir des tôles pour rénover la maison. Mais étant donné que la maison n’appartient ni à Marie Jessie Jongou ni à sa fille, ce projet est tombé à l’eau. Ce n’est que lorsque les officiers de la NHDC ont pris connaissance de la situation qu’ils se sont hâtés d’aller rendre visite à la famille Jongou. « Ils ont fait les démarches nécessaires. Mais après quelques jours on n’entendait rien de la NHDC, cela m’inquiétait », dit-elle.
La raison, selon elle, était de trouver un peu d’argent pour verser à la NHDC. « Ma belle-mère n’avait aucun sou. Je pensais que c’était en vain de faire une demande de maison alors qu’on n’avait aucun sou à donner », fait-elle ressortir. C’est en allant à la rencontre des députés de la circonscription qu’elle a appris que le dossier de sa belle-mère était analysé. « J’étais quand même un peu inquiète, car on n’entendait rien de la NHDC », fait-elle ressortir.

En appelant la NHDC, elle dit avoir eu le cœur net après une conversation avec le responsable, Gilles l’Entêté, qui lui a promis de ne pas s’inquiéter au sujet de sa belle-mère, car le dossier de cette dernière était traité. « Nous avons eu la nouvelle d’une nouvelle maison mercredi dernier et vendredi nous avons eu une visite de la NHDC nous confirmant que nous recevrons les clés. Je crois que cette maison a été obtenue lorsque j’ai parlé au médecin et de son soutien grâce à la journaliste », dit-elle. La fille de Marie Jessie Jongou, Queensy, visiblement touchée par le geste de la NHDC, se dit « soulagée » que sa maman puisse vivre dans une maison.

Les clés ont été offertes par le Premier ministre adjoint, Steven Obeegadoo. Voyant l’état pitoyable dans lequel vit Marie Jessie Jongou, il souligne que la maison est dégradée et avariée. La situation de cette famille, dit-il, était « extrême » et ajoute que le dossier était passé par un “fast track” afin de pouvoir « soulager » la détresse de la famille. Queensy vit avec sa maman et arrive difficilement à travailler, étant donné qu’il n’y a personne pour s’occuper de cette dernière, très malade. L’aide des organisations non gouvernementales a été obtenue pour qu’un dépôt puisse être fait à la NHDC et le paiement mensuel a été réduit au minimum pour cette famille.

1 700 maisons cette année

Par ailleurs, Steven Obeegadoo avance que le gouvernement accélère le processus de construction de maisons. Les unités sont passées de 500 en 2018/2019 à 700 unités. En janvier 2021, près de 200 maisons ont été construites. L’objectif est de dépasser à 1 700 maisons cette année. Selon lui, les maisons sont construites rapidement, mais différemment. D’autres actions sont menées à la NHDC, telles la réduction de dépôt, l’élimination des maisons contenant de l’amiante, mise sur pied d’une formule de location pour ceux qui ne peuvent pas acheter une maison, et une autre pour les maisons ex-cité CHA.

L’un des problèmes auxquels fait face la NHDC est de trouver des terrains pour la construction de maisons. Steven Obeegadoo avance que les discussions avec les partenaires de l’État et du privé se tiennent sur des terrains qui ne sont pas sous le contrôle de la NHDC. Le but est d’obtenir des terrains dans des régions appropriées, là où il y a une forte demande. Ces terrains ne doivent pas être éloignés des infrastructures nécessaires. Mais l’endroit où il y a plus de difficultés à trouver du terrain, c’est à Port-Louis, car il n’y a pas suffisamment de terres à construire. « La demande est grande à la NHDC pour les maisons », avance le ministre.