Sébastien Sauvage (Photo d'archives)

L’Ong aidera les personnes impactées par la pollution du Wakashio à lancer leurs petites entreprises

La réorganisation des moyens de subsistance des personnes dépendant de la mer est l’un des axes où Eco-Sud compte utiliser les fonds récoltés sur Crowdfund.mu, qui avait atteint hier matin plus de Rs 21 millions. Parallèlement, Eco-Sud poursuivra la formation pour les guides marins et terrestres, ainsi qu’en agro-écologie. Le nettoyage des plages et la restauration des zones sensibles figurent aussi parmi les priorités. L’utilisation des fonds sera communiquée aux donateurs à travers une page spéciale créée sur la plateforme Crowdfund.mu.

Un peu plus d’un mois après la catastrophe provoquée par le naufrage du MV Wakashio dans le Sud-Est du pays, l’Ong Eco-Sud procède à la mise en place de différents projets en vue d’aider les personnes affectées par ce drame écologique à réorganiser leur vie.

Pêcheurs, plaisanciers et autres résidents des villages du Sud-Est se retrouvent aujourd’hui sans emploi, l’accès à la mer leur étant toujours interdit et l’exercice de nettoyage étant toujours en cours. De plus, on ne sait combien de temps cela prendra pour que le lagon de Mahébourg soit complètement rétabli après le déversement massif d’hydrocarbures de la marée noire Wakashio.

Dans ce contexte, Eco-Sud a pris l’initiative de former les personnes concernées pour un “alternative livelihood”.» Déjà, l’Ong était engagée dans la formation des guides marins et terrestres. Elle continue dans ce sens et lancera bientôt un appel à candidatures. D’autre part, une formation sera offerte à ceux intéressés par le métier d’agriculteur. Eco-Sud a déjà lancé une ferme communautaire à Saint Roc.

« Mais tout le monde ne veut pas être planteur ou guide. Nous avons été à l’écoute des personnes pour connaître leurs intérêts. Beaucoup sont intéressés par des métiers et souhaitent lancer leurs petites entreprises. C’est dans ce contexte que nous allons mettre en place une cité des artisans, où les gens pourront se former en menuiserie, en plomberie, en coiffure, etc. Nous invitons les artisans à accueillir des personnes dans leurs ateliers pour la formation. Nous allons ensuite aider ces dernières à lancer leurs petites entreprises et les encadrer », explique Sébastien Sauvage, porte-parole de l’Ong.

Le Mauritius Institute of Training and Development (MITD) et l’école hôtelière Sir Gaëtan Duval seront mis à contribution. Sébastien Sauvage souligne qu’il « ne faut pas se concentrer sur le tourisme » et qu’il faut aussi prendre en considération les besoins des Mauriciens. « Le challenge est de former et d’accompagner, jusqu’à ce que la personne puisse être autonome. »

Les fonds levés sur Crowdfund.mu, qui avait atteint Rs 21 236 958, sera utilisé « de manière judicieuse » sur trois axes : le nettoyage des plages, la restauration des zones environnementales sensibles impactées par la pollution du Wakashio et la réorganisation de la vie des personnes impactées. À ce sujet, un “advisory committee” a été mis sur pied pour un droit de regard et pour conseiller sur l’utilisation des fonds récoltés.
Cinq personnes ont été invitées à faire partie de ce comité. Trois d’entre elles, à savoir Pooba Essoo, qui compte une longue expérience dans le social, et qui a travaillé notamment au National CSR Committee, le syndicaliste Clency Bibi, de la CSG-Solidarité, et Jean Lincoln, habitant de la localité, et qui travaille également à la Mauritius Marine Conservation Society, la Mauritius Scuba Diving Association et Reef Conservation. Deux autres personnes sont toujours en réflexion.

Rappelons que, de son côté, le journaliste français Hugo Clément a, lui, organisé une levée de fonds au profit d’Eco-Sud sur gofundme.com. Hier matin, des promesses de dons de l’ordre de 103 890 euros, soit près de Rs 4,9 M, avaient été enregistrées. En ce qui concerne la levée de fonds sur crowdfund.me, Sébastien Sauvage indique que les Japonais ont contribué pour 25% aux fonds récoltés. Suivent dans l’ordre, pour le Top 10, des donateurs des pays suivants : Angleterre (13,4%), USA (12%), Maurice (11,3%), Canada (5%), Australie (4,7%), Allemagne (4,6%), France (4%) et Suède (2,5%).
Sébastien Sauvage rappelle qu’Eco-Sud a quitté le National Wakashio Crisis Committee, car il n’y a eu « aucun retour » sur ses demandes, dont la mise sur pied d’un comité de consultation national.