Le ministre des Services financiers a apporté des précisions et la confirmation de la présence de Maurice sur la liste grise du Groupe d’action financière (FATF-GAFI) et de la liste noire de l’Union européenne (UE) concernant le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Il devait soutenir dans un premier temps que le secteur financier a connu une croissance annuelle de 5,2% pendant ces 5 dernières années et représente 12% du Produit intérieur brut (PIB). Un secteur qui, selon lui, s’est développé rapidement, « et dont il fallait s’attendre à ce qu’il passe sous la loupe des institutions internationales ».

Le ministre des Services financiers déplore toutefois qu’à « aucun moment » l’UE n’ait consulté Maurice ou procédé à des évaluations avant de décider de placer le pays sur cette liste noire. Une « décision unilatérale » qui a fait, selon lui, « germer de nombreuses réserves sur la méthode utilisée par l’UE ». Il avance que le gouvernement a « mis les bouchés doubles pour rétablir Maurice comme un centre financier de réputation ».

Il a aussi fait état de la conversation téléphonique entre le Premier ministre, Pravind Jugnauth, et le président du Conseil européen, Charles Michel, pour demander que Maurice soit évaluée par l’UE avant que la liste noire ne soit effective avant le 1er octobre. Il soutient ainsi que « toutes les parties concernées se sont engagées à s’adresser aux exigences du GAFI », avec un cabinet juridique et des lobbyistes en Europe « engagés pour plaider notre cas, explorer la marche à suivre et faire tout ce qui est possible pour que Maurice sorte de cette liste qui sera adoptée par le Parlement européen ».

Il a aussi rappelé l’engagement du pays avec l’UE, les ambassades européennes, la mission à Bruxelles ainsi que les États membres de l’UE pour obtenir une évaluation autonome avant le 1er octobre. Et d’ajouter : « l’objectif est d’adresser les déficiences notées par le GAFI. Cinq sous-comités ont été mis sur pied pour s’assurer d’être en conformité avec les cinq items de l’Action Plan du GAFI. Jusqu’au 31 août, nous devrons obtenir des développements. »

Et de conclure que, d’ici fin septembre, « avec toutes les mesures prises, nous pourrons démontrer au GAFI et à l’UE les progrès faits » afin de pouvoir sortir de la liste noire. « C’est un sujet d’importance nationale qui demande un effort collectif. »