Le travailleur social Raouf Khodabaccus a tenu une manifestation pacifique devant le Parlement mercredi pour réclamer la démission du Speaker, Sooroojdev Phokeer. « Le rôle du Speaker est de faire avancer la démocratie. Mais Sooroojdev Phokeer fait tout pour museler l’opposition. Les députés de l’opposition jouent le rôle de chien de garde dans une démocratie, et ils doivent pouvoir s’exprimer », estime l’organisateur de ce rassemblement.

Il estime que le Speaker a été nommé à ce poste « comme récompense politique ». Et de demander : « Eski enn azan ki vinn rekonpanse pou vinn Speaker kapav inparsial ? » Ce qui fait dire à Raouf Khodabaccus que « c’est une période triste et noire pour notre démocratie » et que Maurice « se dirige vers un système de dictature ». Avant de rappeler que le Speaker « est payé des poches des contribuables » et que Sooroojdev Phokeer « a l’obligation de faire son travail de manière impartiale, et non d’agir comme un agent du MSM ».

Pour éviter ce genre de situation, le travailleur social propose qu’un juge en fin de carrière soit nommé Speaker « pour assurer une attitude “fairness” au sein de l’hémicycle ». De son côté, l’activiste social Ivaan Bibi, tout en apportant son soutien aux revendications de Raouf Khodabaccus, explique qu’il manifeste devant le Parlement « tous les jours depuis quatre semaines », bien que pour des causes différentes. « Je réclame la démission du gouvernement. J’étais devant le Parlement mardi avec Arvin Boolell. La population dans son ensemble est d’accord sur le fait que le Speaker agit d’une manière “biased”. Nous ne pouvons plus continuer comme ça ! » Ivan Bibi dit d’ailleurs « suivre de près » l’affaire de pétition électorale en Cour suprême et estime que la population « a été bernée par les promesses faites par ce gouvernement depuis 2014 ».

À noter que cette manifestation s’est déroulée avec un maximum de dix personnes devant le Parlement, les participants ayant de plus respecté la distanciation sociale et portant leur masque, sous le regard des policiers de la Government House, qui veillaient au grain. Par ailleurs, contrairement à de récentes manifestations, où des policiers avaient confisqué les pancartes et banderoles des manifestants, cette fois, ils n’ont pas réagi lorsque Raouf Khodabaccus a brandi une banderole portant le message : « Speaker Phokeer, grossier personnage ! La honte nationale. »