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Les municipalités de Port-Louis, de Beau-Bassin/Rose-Hill et de Curepipe, avec le concours de la police, font preuve d’une plus grande fermeté à la fois envers les marchands ambulants et envers ces commerçants qui exposent leurs marchandises en dehors de leurs boutiques. Par ailleurs, des opérations de grande envergure sont menées depuis une semaine pour déloger les marchands qui squattent la voie publique à proximité de la gare du Nord dans la capitale et dans les rues des Villes sœurs et de la Ville lumière.

Il y a quelques années encore, à cette période de l’année, des marchands ambulants sillonnaient les rues de la capitale au nez et à la barbe des autorités. Les choses ont bien changé. Les commerçants des magasins de Port-Louis sont satisfaits des mesures prises par les autorités pour faire respecter l’ordre et la discipline. «Durant des décennies, les policiers étaient confrontés à des centaines de récalcitrants quotidiennement. Il y a moins de concurrence déloyale de la part des marchands ambulants de nos jours. Toutefois, nous espérons que ces mesures s’inscriront dans la durée», confie, à Week-End, Azad T, propriétaire d’un magasin de prêt-à-porter situé en face de la gare du Nord où une opération, sous nos yeux, a été menée hier par la Tornado Squad en collaboration avec des inspecteurs municipaux. Lors de cette descente, plusieurs marchands ont été pris en contravention et leurs articles saisis.

Après avoir délogé les marchands ambulants des trottoirs de la capitale, la municipalité de Port-Louis s’attaque désormais aux magasins qui exposent leurs produits sur la voie publique, bloquant ainsi le passage piétonnier. Les policiers sévissent depuis la semaine contre ceux qui ne respectent pas les règlements.

«Une tradition qui s’efface»

Beau-Bassin/Rose-Hill n’échappe pas à cette réalité. Le commerce de rue occupe une place importante dans le paysage de la ville, principalement à la rue Soopramanien, où la présence des colporteurs est visible. Ils occupent un emplacement fixe quotidiennement à proximité du centre commercial Hassamal. Il y a ceux qui arpentent la route Royale pour vendre des accessoires en tout genre. D’autres qui vendent des mangues ou des letchis à même le sol. «Les policiers qui ont tendance à fermer les yeux en temps normal sur la présence des marchands ambulants sont intransigeants actuellement», indique un commerçant d’un magasin à la route Royale. En effet, Week-End a observé que ceux qui opèrent dans le secteur informel se voient systématiquement confisquer leurs marchandises par les membres des forces de l’ordre.

Les marchands ambulants de Curepipe sont également dans le collimateur de la police. Ceux qui écoulent leurs produits alimentaires le long des routes principales de la Ville lumière sont chassés manu militari. «C’est triste. Cela fait vingt ans que je vends des gâteaux piments sur le trottoir. La loi est ambiguë. Dans d’autres endroits de l’île, des collègues travaillent en toute impunité. C’est une tradition ancrée dans le paysage culturel local qui s’efface», explique Sanjay. Aux Casernes centrales, l’on indique que ces opérations crackdown vont s’intensifier à partir de demain.