L’effet du Covid-19 est ressenti sur le secteur des véhicules d’occasion depuis l’année dernière. Malgré le confinement, 8 328 véhicules ont été vendus en 2020. Mais ce deuxième confinement semble avoir obscurci les prévisions de vente des véhicules remis en état. La Dealers in Imported Vehicules Association(DIVA) espère écouler, au moins, jusqu’à 7 000 véhicules cette année. Mais est tributaire de l’évolution du taux de change, de la situation du Covid-19 à travers le monde ou encore du Rebate Scheme.

Zaïd Ameer, président de la DIVA, souligne d’emblée que cette incertitude est liée à l’appréciation du dollar américain face à la roupie, et l’augmentation du fret. « Ces deux facteurs jouent contre nous. De plus, les acheteurs potentiels ont chuté de 60% » a-t-il dit. Il avance que les cadres qui achetaient des véhicules d’occasion, les chauffeurs de taxi d’hôtel et ceux qui ont des activités liées au tourisme sont « out of the picture ». Les compagnies engagées dans la vente de véhicules d’occasion doivent opérer sur un marché enregistrant une baisse de 40% de la clientèle potentielle. Il craint que les compagnies de Leasing ne se montrent « que trop prudentes car plusieurs personnes ne peuvent assurer le remboursement des prêts contractés sur leurs véhicules ».

La fermeture des showrooms d’automobiles pendant deux mois n’a, d’autre part, permis aucune vente. Mais le Duty Rebate du gouvernement coonstitue une bouée de sauvetage non-négligebale dans la reprise de la vente et d’absorber l’impact. « Nous avons obtenu une rémission d’au moins de Rs 60 000 sur une voiture de 2018. Au lieu de payer Rs 240 000, nous ne payons que Rs 180 000 », a-t-il ajouté. « Nous sommes parvenus à écouler quelque 4 000 véhicules au 30 juin. Nous espérons pouvoir vendre jusqu’à 7 000 véhicules vers la fin de cette année », a-t-il fait ressortir. Selon Zaïd Ameer, il faut oublier le temps où plus de 10 000 véhicules d’occasion se vendaient annuellement. « Je suis très pessimiste sur la vente de 8 000 véhicules car nous subissons maintenant l’augmentation des prix », concède-t-il.

Un autre facteur qui affectera le marché des véhicules remis en état est la faible disponibilité des véhicules au Japon. « Les Japonais sont aussi touchés par la pandémie. Le nombre de Japonais qui changeaient de voiture chaque trois ans a diminué. Au lieu d’avoir 500 véhicules d’un même modèle aux enchères, nous n’en avons que 150. » De ce fait, les prix augmentent « Nous nous attendons à acheter les véhicules à un prix raisonnable pour que nous puissions les vendre. Sinon, ce sera difficile de pouvoir l’écouler », souligne le président de la DIVA.

Pour que les opérations du secteur des véhicules d’occasion redémarrent correctement, il est d’avis que tout dépendra de l’ouverture maximale du pays le 1er octobre et des arrivées touristiques, mais aussi de ce qui se passera en Europe. « Mais nous ne pouvons rien prévoir en ce moment », a-t-il dit. « Les opérateurs travaillent au jour le jour pour voir de quelle manière ils peuvent Break Even. »

Par ailleurs, il y a aussi le fait que certains véhicules neufs sont moins chers que les véhicules japonais d’occasion. Zaïd Ameer concède que c’est le cas. Mais pour lui, les véhicules japonais conservent leur Commercial Value par rapport aux véhicules neufs qui ne sont pas fabriqués au Japon. « Heureusement que bon nombre de clients savent évaluer la qualité. Nous nageons toujours sur cette vague », a-t-il déclaré. Il s’est dit optimiste que les Mauriciens continueront à acheter des véhicules « malgré la situation économique difficile ». 1 498 véhicules ont été vendus à mars 2021. Et 652 véhicules de plus ont été vendus en avril, 854 en mai, et 654 en juin. Soit un total de 3 658 véhicules d’occasion vendus.

La situation est la même chez Ginza Motors. Selon Vivier Veerasamy, Sales Manager de la compagnie, maintient que le secteur de l’automobile a définitivement été impacté par la crise sanitaire liée au Covid-19 comme la plupart des secteurs à travers le monde. « Nous craignions le pire en période de confinement en 2020 ainsi que cette année, mais nous avons quand même survécu avec l’effet combiné de la dépréciation de la roupie. Cela a été possible grâce à l’intervention du gouvernement qui a temporairement réduit la taxe par 30% et 40%, nous permettant ainsi de compenser la hausse en devises étrangères », dit-il. Et d’ajouter que la compagnie a aussi survécu grâce aux « Mauriciens qui sont restés sans moyen de transport pendant le confinement pour leurs déplacements essentiels et qui pensent à présent à investir dans l’achat d’un véhicule ». Selon le Sales Manager, « il y a aussi d’autres personnes qui avaient économisé au préalable pour s’offrir des vacances mais qui utilisent cette somme pour s’acheter la voiture de leur rêve ».

De janvier à juin 2021, le chiffre de vente chez Ginza Motors est quasiment similaire à celui de l’année précédente. « Chaque année, nous avons connu au moins un mois d’inactivité qui fait que le nombre de véhicules vendus a connu plus ou moins le même impact », dira Vivier Veerasamy.

Avec la dépréciation de la roupie, le prix des véhicules a connu une hausse. « Nous avons actuellement un nombre réduit de véhicules à l’achat et donc à un prix plus élevé. Fort heureusement, nous bénéficions de l’“excise duty rebate”. Au cas contraire, la hausse aurait été plus conséquente, mais en somme, les prix de nos véhicules ont augmenté entre Rs 25 000 et Rs 75 000 », note Vivier Veerasamy.

Concernant la préférence des Mauriciens, ces derniers ont un vaste choix de véhicules, neufs ou d’occasion. « La demande des voitures d’occasion qui sont importés est toujours là grâce aux modèles hybrides disponibles. Beaucoup plus de personnes se tournent actuellement vers les véhicules écoresponsables (hybride, e-power et électrique) afin de faire des économies sur l’essence ainsi que sur les frais d’enregistrements et de la taxe routière », poursuit Vivier Veerasamy.

Mais le Covid-19 a affecté les marchés d’où proviennent les véhicules d’occasion, soit le Japon. « Les véhicules sont toujours disponibles du Japon mais la quantité est limitée. Les véhicules hybrides sont très prisés à travers le monde et les prix aussi prennent l’ascenseur dans les “auction houses” au Japon. D’un autre côté, la pénurie des semi-conducteurs affecte la production de véhicules neufs. De ce fait, les Japonais conservent leurs véhicules pour plus de temps, ce qui affecte la fourniture des véhicules d’occasion », ajoute Vivier Veerasamy.