L’ambassade américaine, en collaboration avec le Centre Nelson Mandela pour la culture africaine, l’English Speaking Union et la Private Secondary Education Authority, a organisé le Martin Luther King Community Service Contest.
Au total, 17 collèges s’étaient inscrits pour ce concours qui avait eu lieu de septembre à novembre 2021. Ce concours s’est basé sur les propos du Dr Martin Luther King : « Life is most persistent and urgent question is : what are you doing for others ? »
Le premier prix de cette quatrième édition de ce concours a été remporté par les élèves du collège d’Etat France Boyer de la Giroday, de Plaine-Magnien. Le deuxième prix est allé aux élèves du collège Mont-Lubin (Rodrigues), le troisième prix à la Forest-Side Academy tandis que les filles du collège Maurice Curé ont obtenu un prix avec mention spéciale.
Lors de remise de la remise des prix, Judes E. DeBaere, chargée d’affaires de l’ambassade américaine, a félicité les élèves. « Je salue votre engagement dans un contexte où le Covid-19 a contraint les établissements scolaires à la fermeture. » Le-Mauricien a approché quelques élèves qui ont obtenu un prix pour leur demander d’exprimer leurs points de vue sur ce projet.
Anne-Chloé Pierre-Louis, élève en Grade 12 au collège de Mont-Lubin, Rodrigues, dira que
pour sa première participation au Martin Luther King Community Service Contest a été une grande expérience sur le plan personnel et au sein de la classe. « Je me suis engagée au sein de mon village à Petit-Brûlé avec les enfants de l’Action catholique et au niveau de la classe. On était devenus plus soudés et on a eu un autre regard sur notre entourage. C’était très enrichissant. Notre projet était porté sur l’alphabétisation fonctionnelle avec des élèves du Grade 7 (Extended). Ce n’était pas facile au début car nous ne pouvions pas gérer les enfants de la même manière que les profs, surtout qu’ils sont pleins d’énergie. Nous avions eu des appréhensions au début de ce projet quant à la gestion des comportements, mais surtout sur notre façon de réagir face à eux. »
Selon Anne-Chloé Pierre-Louis, petit à petit, ils ont appris à connaître les enfants, et surtout à les comprendre pour mieux les encadrer. « Finalement c’était une totale réussite à force d’écoute et de communication. Au nom de notre équipe, je remercie la direction du collège et les sponsors pour ce deuxième prix. Nous disons aussi merci à l’ambassade américaine et ses collaborateurs qui organisent ce concours depuis quelques années. Car cela nous permet, les jeunes, de ne pas nous centrer sur nous- mêmes et de transformer des vies autour de nous. »
« Tous les enfants sur un pied d’égalité »
Les élèves de la Forest-Side Academy qui ont participé à ce concours sont Nandeenee Gunnasya, Kanmani Veerapen, Laksha Mugon, Telzeeb Dookhith, Looshina Rughoo, Elisha Potigadoo, Veeti Bungsy, Dhanishta Humil, Vidhi Seebun et Amira Nosimohomed. L’un d’eux témoigne :
« Dès le début, nous savions que nous voulions faire quelque chose pour aider les autres. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi le thème Femmes et enfants en détresse. Notre objectif était de donner la chance et de mettre tous les enfants sur un pied d’égalité. Qu’ils ne soient pas différents de nous, quel que soit notre groupe ethnique. Parce que nous vivons dans un monde concurrentiel.
C’est pourquoi nous avons conçu des stratégies pour encadrer les enfants tout en démontrant que l’apprentissage peut être agréable lorsqu’il est bien mis en œuvre. Après avoir passé du temps avec eux, nous avons réalisé que nous n’avions pas besoin de gadgets sophistiqués pour être très performants car tout peut être réalisé une fois que vous avez défini votre objectif. Nous leur avons expliqué que la vie a plus à offrir en dehors des quatre murs de la classe. Nous avons donc fait des activités pour briser la glace et leur avons également fait faire un voyage dans le passé avec des jeux traditionnels de la vieille école et un peu de jardinage.
Nous n’avions jamais pensé au jardinage comme une activité masculine jusqu’à ce que nous voyions les jeunes là-bas, la sueur collée à leurs chemises et la saleté sur leurs bottes. Nous leur avons appris à préparer la fête de Divali, à peindre des lampes en argile. Et les enfants ont pu exprimer leurs talents. Avec les enfants, nous avons également fabriqué des “ladoos” à la noix de coco, ce qui était une expérience en soi. »
Un intérêt accru
Pour Saivee Mudalli du collège Dr Maurice Curé, il n’est pas juste de dire que les jeunes sont indifférents, qu’ils se sont repliés sur eux-mêmes, loin du monde réel. Car cette attitude peut avoir « des conséquences dangereuses » ; une nation qui n’a pas confiance en sa jeunesse est une nation qui n’a pas confiance en son avenir, dit-elle. « Pour retrouver notre fierté, nous devons entraîner nos jeunes à devenir les leaders de demain, il faudrait les encourager à vivre à fond leur citoyenneté et leur donner des opportunités à faire entendre leur voix. »
Pour que les jeunes contribuent au social, il faut d’abord, suggère-t-elle, qu’ils se sentent confiants. Les jeunes doivent se sentir valorisés et voulus. Les écoles pourraient par exemple, promouvoir une éducation qui ne soit pas centrée sur l’aspect académique mais sur le social et l’environnement. « Les idées fraîches et novatrices de jeunes devraient être entendues et on doit leur donner une place dans la prise des décisions, surtout celles qui concernent leur vie. Malgré la crise sociale et économique contemporaine, et les sombres scénarios souvent dessinés par les spécialistes ainsi que par les médias, l’intérêt des jeunes à s’engager est accru. »
Selon Saivee Mudalli, si les opportunités se présentent, les jeunes sauront les saisir. « De nombreux jeunes s’engagent dans le bénévolat, et pas seulement pour avoir une ligne en plus sur leur CV. Que ce soit en donnant des cours, en organisant des événements sportifs, en s’engageant pour la protection des animaux, en aidant dans un centre social. Nous pouvons faire la distinction. »

