Le régulateur du secteur audiovisuel reprend la licence accordée à Mayfair and Purely Communications de Vedan Choolun, proche du MSM

L’Independent Broadcasting Authority (IBA) a révoqué hier la licence radio de Planet FM, octroyée en novembre 2018 à travers la compagnie du proche du Mouvement socialiste militant, Vedan Choolun, soit Mayfair and Purely Communications. Une décision qui intervient après que la radio a été constamment en situation chaotique, découlant des différends entre des actionnaires et qui avait cessé d’opérer selon les critères établis depuis quelque temps.

Le conseil d’administration de l’IBA, présidé par Bhooneswar Rajkumarsingh, a tranché en ce sens, mettant en avant le fait que Planet FM ne respectait pas le temps d’antenne recommandé depuis le 6 juin dernier et n’avait pas donné d’explications formelles à l’instance régulatrice. L’IBA maintient qu’il faut à tout prix que les détenteurs de licence radio respectent les conditions rattachées à ce permis. L’IBA reproche aussi à Planet FM le non-paiement des droits de licence qui, selon elle, est une violation de l’Independent Broadcasting Authority (Licence fees) Regulations 2002.

Selon l’IBA, les explications fournies par Mayfair and Purely Communications Ltd n’étaient pas satisfaisantes sur ces points. Planet FM a avancé que c’est son déménagement d’Ébène à Coromandel et la COVID-19 qui l’ont contrainte à ne pas être présente sur les ondes pendant plusieurs jours. Pour le régulateur de l’audiovisuel, il est clair que les faits montrent « un non-respect des conditions de la part de Planet FM ». L’IBA a aussi tenu compte les sommes dues par la compagnie de Vedan Choolun aux créanciers, la rupture de paiement des “fees” à l’IBA et à la compagnie de transmission Multi-Carrier, les frais de location à Landscope Mauritius pour ses bureaux et studio situés à Ébène, ainsi que son incapacité à mettre sur pied un plan structuré. D’ailleurs depuis son lancement en décembre 2018, Planet FM a été à plusieurs reprises sous les feux des projecteurs, avec notamment des secousses internes entre les principaux actionnaires. Une situation qui avait poussé certains employés, dénichés de plusieurs groupes de presse, à quitter leur poste en raison d’une restructuration du “shareholding”.

Cette “ownership saga” de Planet FM avait vu l’un des actionnaires de Mayfair and Purely Communications, Arvind Nilmadhub, alors à la tête du nouveau management, porté plainte contre Vedan Choolun, l’accusant d’avoir détourné Rs 11,4 millions de la firme. Celui-ci avait dû passer quelques jours en détention avant d’être libéré sous caution. Quelques jours plus tard, c’était au tour de Vedan Choolun de porter plainte contre Arvind Nilmadhub, Raphaël Eggenspieller et Osman Badat, un autre directeur de la société.

Au Parlement, en août dernier, lors d’une Private Notice Question, le ministre des Technologies, de la Communication et de l’Innovation d’alors, Yogida Sawmynaden, avait refusé d’accéder à la demande du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, de suspendre le permis de la radio privée, en soutenant que l’IBA ne pouvait se mêler à la gestion de cette radio. C’est la première fois depuis la libération des ondes que l’IBA a déclenché la clause révoquant la licence d’une radio.

Avec l’annulation du permis d’opération de Planet FM, le pays ne compte plus que quatre radios privées, à savoir Radio Plus, Radio One, Top FM et Wazaa FM. Reste à savoir si les autorités envisagent d’allouer un autre permis couvrant les fréquences de Planet FM. Affaire à suivre…