L’Union of Artisans and Allied Workers of Cane Industry (UAAWCI), par l’entremise de leur avoué, Me Ramano, a servi une mise en demeure en octobre 2020 à la Medine Sugar Miling Company Ltd (MSMC), pour lui rappeler qu’elle « n’a pas respecté ses engagements pris le 1er mars 2019 » lors d’une réunion concernant l’allocation de portions de terre au Morcellement Cascavelle, aux ex-employés de la MSMC.

« It was decided inter alia that after the Morcellement Board would issue a Letter of Intent (LOI) with its conditions anytime frame for the completion work, you would complete the infrastructure work for the hundred and six plots of land as stipulated in the LOI and would launch the tender exercise and would allocate the contract by the Bord of Medine. Whereas despite the fact that the Morcellement Board has already issued the LOI since January 2020, you have not taken the necessary steps to complete infrastructure works for the 106 plots of land as stipulated in the LOI. In fact, you have not even started works at the Blue Print Employee’s site at Casela. Consequently, for quite some time, the workers of the ex-MSMCL have been and are still being kept waiting for the allocation of their respective plots of land. Whereas oftentimes amicably requested by the ex workers, you have up to now failed and neglected to do so. »

Dans une lettre à l’avoué Me Ramano, la représentante des ex-employés de Medine, Me Bansrop, Head of Legal de Medine Group, a écrit : « Whislt Medine makes no admission whatsoever of the averments, allegations and or imputations contained in the said “mise en demeure”, please note that the infrastructure works have started and will be completed in due course. Allocation of lots will take place once the Mauritius Cane Industry Authority (MCIA) is satisfied that all conditions have been fuillfiled. »

En juillet 2020, environ une cinquantaine d’ex-employés de la MMC Ltd avaient voté à main levée au village de Bambous pour une marche pacifique devant le quartier général de Medine, et ce accompagnés des époux, épouses et enfants. Cette démarche faisait suite à une réunion, qui avait été organisée par Serge Jauffrey, le négociateur de l’UAAWCA. Malgré la fermeture de l’industrie sucrière de Medine, les ex-employés attendaient toujours leurs lopins de terre comme établi en vertu du “Blueprint” de 1997, qui stipule que « les ex-employés percevront chacun des indemnités et un lopin de terre d’une superficie de 6 à 8 perches, dépendant de leur temps de service ».

Pour rappel, l’usine avait fermé ses portes le 15 avril 2015. En effet, 98 employés sont concernés par cette remise de terres. Un site de 25 arpents avait été identifié à Cascavelle, soit à proximité du village Xavier. Lors d’une réunion avec les ex-employés après la fermeture, Rajesh Narain, Project Operation de la MCIA, avait expliqué que « the agreed Morcellement is at Cascavelle, field number 5917 kwown as Casela » et que « Medine bill have to carry out an EIA for this plot ».

Pritam Busawon avait commencé à travailler à Medine en 2013 comme ajusteur mécanicien. Il a été choisi pour être le porte-parole d’ex-employés de Medine. Il n’est pas du tout satisfait de la manière dont les procédures sont faites pour qu’ils obtiennent leur portion de terrain à Morcellement Cascavelle. « On attend toujours le tirage au sort. Rien n’a été fait jusqu’ici. On piétine. On n’avance pas. Ce n’est pas à nous d’entreprendre des démarches pour qu’on obtienne le Land Conversion Permit. La MCCl n’a pas respecté son engagement sur plusieurs points. Elle était d’accord pour vendre des outils que nous avions utilisés pour faire notre travail. Cela a été fait sans notre consentement », dit-il.

Autre point soulevé par le porte-parole : la présence d’un médecin à l’hôpital de Medine trois fois par semaine. « Il était convenu que ceux souffrant de maladies comme le diabète, la tension artérielle ou le cholestérol reçoivent des médicaments. Cela ne se passe pas comme convenu. Zot bizin respekte zot parol. »

Erick Bauda, ex-employé de MCCL, avait fait ses débuts dans cet établissement sucrier en 1978. Il n’avait que 15 ans à cette époque. La direction lui avait donné la possibilité de suivre un stage de trois ans comme tourneur-ajusteur à l’école technique de St-Gabriel, à Sainte-Croix. Ayant réussi ses examens, il avait pris de l’emploi comme soudeur et avait travaillé pendant dix ans avant de devenir chef de l’atelier tourneur.

Nous l’avons rencontré mercredi dernier à Morcellement Cascavelle sur le site identifié pour la propriété de Medine, où les ex-employés devraient construire leurs maisons. « Nous avons consacré une bonne partie de notre vie pour que cet établissement prospère. Nous devons nous battre encore aujourd’hui pour avoir ce que nous méritons. Dommage qu’il y en a qui sont déjà morts et n’ont pas eu la chance de profiter de leur dur labeur. Zordi nou ankor pe lite pou gagn saki merite. C’est bien dommage. Je souhaite que les procédures soient complétées en ce début d’année 2021 », a-t-il confié au Mauricien.

Pour rappel, selon la MCIA Act, c’est le ministère de l’Agro-industrie qui approuve une demande de fermeture après avoir examiné les aspects techniques, logistiques, humains et financiers. La demande pour la fermeture de l’usine sucrière de Medine a été soumise en septembre 2018.