Le trajet de la route Saint Jean à l'avenue des Glaïeuls et vice-versa est un parcours du combattant pour les usagers

Cela fait six mois que les travaux préliminaires du Metro Express à Quatre-Bornes, pour le réalignement des réseaux d’utilité publique à la route Saint Jean, ont débuté. Un chantier synonyme de galère pour les commerçants ayant pignon sur rue dans le centre-ville puisqu’il rend difficile l’accès à leurs commerces. La suppression des parkings fait qu’ils ont également du mal à se faire livrer leurs marchandises. Les longues files de véhicules qui se forment chaque jour aux heures de pointe à l’approche du chantier provoquent d’importants ralentissements qui mettent les nerfs des automobilistes à rude épreuve.

Les fêtes de fin d’année approchent à grands pas. Sauf que l’ambiance n’est guère à la fête pour les gérants des enseignes sises à la route Saint-Jean. La suppression des places de stationnement, le bitume éventré et les engins de chantier empiétant sur les trottoirs sont autant de désagréments qui gênent considérablement l’accès aux bâtiments. Du coup, leur clientèle se réduit comme peau de chagrin. Certes, la mairie de Quatre-Bornes a fait aménager quelque 80 aires de stationnement gratuites sur les 11 terrains qu’elle a acquis à la route Saint-Jean, mais selon les commerçants, ces places trouvent preneurs bien avant la mi-journée.

Par conséquent, il est tout autant compliqué pour les clients d’arriver aux enseignes que pour celles-ci de se faire livrer. « Les clients ne peuvent plus s’arrêter devant notre commerce pour faire leurs achats. Ils tournent au moins trois ou quatre fois pour trouver une place de stationnement, en vain ! Ça les démotive. Quant aux livraisons, n’en parlons pas, c’est un véritable casse-tête. Je déplore le manque de planification dans le déroulement des travaux », dit la gérante d’un magasin d’électroménager.

Le constat dressé par Brian C., un employé de Ceramic Pro, entreprise spécialisée dans le revêtement céramique et le polissage des carrosseries de véhicules, traduit à lui seul le désarroi dans lequel se trouvent de nombreux commerçants. « Comment travailler quand on ne peut plus accueillir de voitures sur l’aire de stationnement qui a été envahie par des déchets de chantier et des gravats dans un premier temps et qui fait l’objet d’excavation par la suite ? Le contexte économique est déjà difficile dû aux effets du confinement. Avec les travaux du Metro Express qui devraient prendre fin en 2022, nous subissons un énorme préjudice qui pourra nous être fatal si les autorités ne trouvent pas de solutions adéquates », indique-t-il.

Prises de bec entre automobilistes

Même son de cloche du côté d’un restaurateur qui, en sus de la suppression de ses quatre places de stationnement, doit composer avec la poussière qui émane du chantier. « J’étais persuadé qu’après le calvaire enduré par les commerces de Beau-Bassin/Rose-Hill, les choses allaient être moins pénibles pour nous, mais tel n’est pas le cas. Mon chiffre d’affaires a baissé de 50% et les choses sont susceptibles de ne pas s’améliorer lorsque les gros travaux débuteront », nous confie le propriétaire du restaurant.

Ce chamboulement n’enchante guère les automobilistes qui empruntent le centre de la ville des fleurs chaque jour, principalement ceux qui font le trajet de la route Saint-Jean à l’avenue des Glaïeuls, et vice versa. Un véritable parcours du combattant, dans la mesure où les travaux d’excavation sont effectués dans le virage et des deux côtés de l’avenue des Glaïeuls. Ce qui débouche sur de longues files de véhicules qui se forment chaque jour aux heures de pointe. Une situation qui dégénère parfois en prises de bec entre les automobilistes venant dans les deux sens. « Je considère qu’il y a un manque de coordination en ce qui concerne cette partie du centre-ville. Pa kapav blok la ri sa koté la ! C’est une critique constructive sur laquelle les parties concernées devraient se pencher sérieusement », indique un automobiliste.

Quatre-Bornes attend son parc récréatif

Cela fait un an que le parcours de santé Gérard Bruneau, sis à la rue Victoria à Quatre-Bornes, a été démoli pour faire place aux travaux du Métro Express. Les férus de jogging et les marcheurs de la ville des fleurs se retrouvent ainsi privés d’un long tracé (d’Ollier à la gare de Quatre-Bornes) qui leur permettait de pratiquer des exercices dans un cadre verdoyant et reposant. À la faveur d’une motion approuvée par le conseil municipal en juillet 2018, il a été établi qu’un nouveau parc verrait le jour à la rue Farquhar, mais quand ? C’est la question qui taraude les habitants.

Pour compenser la perte de la promenade Gérard Bruneau, un parc récréatif sera aménagé sur deux sites appartenant à l’État, l’un en face de l’autre, à quelques encablures du complexe sportif Jean-Roland Delaître. Ces lieux ont abrité jusque dans les années 1990 des maisons pour les chefs juges et les Speakers de l’Assemblée nationale. « Le parc accueillera un parcours de santé et offrira diverses attractions, comme un jardin d’enfants et un espace pour pratiquer de la musculation en plein air », nous avait confié en février dernier le maire de Quatre-Bornes, Nagen Mootoosamy.

Or, les travaux préliminaires n’ont toujours pas démarré jusqu’à présent. Contacté hier, Nagen Mootoosamy indique que « les travaux qui devraient être entrepris par Metro Express Ltd démarreront en février ou mars. Les joggers peuvent pour l’instant utiliser le parcours du complexe Jean-Roland Delaître qui fera l’objet de rénovation dans un proche avenir. »