Il est citoyen, prêtre et musicien. Quelle que soit la casquette qu’il porte, Laurent Rivet est sans réserve. Lorsqu’il joue pleinement son rôle dans la société pour aider ses sœurs et frères dans le besoin. Quand il partage la bonne nouvelle aux fidèles de Sainte Hélène à Curepipe. Et lorsqu’il prend sa guitare pour porter ce message au-delà des murs de l’église.

En 2003, alors qu’il est au séminaire, Laurent Rivet sort son premier album Enn zom, Enn Bondie. 17 ans et 5 albums plus tard, il a habilement adapté les textes sacrés dans des styles musicaux qui touchent la population mauricienne.

Ce dimanche 29 novembre, le prêtre chanteur dévoile son sixième album, Pran kont. Il y assume ses trois rôles. Citoyen, en dénonçant les difficultés que connaît notre pays. Prêtre, en continuant, plus que jamais, de transmettre l’amour de Dieu. Et musicien, en enchantant cette parole avec des mélodies aussi soignées qu’accrocheuses. La preuve, s’il le fallait, que “chanter, c’est prier deux fois”.

Pran kont de quoi, donc ? De notre jeune société qui évolue. De notre rôle et de notre impact. Et de la force de Dieu. “Pran Kont est comme une prière qui mêle l’urgence d’un cri à la douceur d’un chant qui invite à l’abandon, confirme le Père Laurent Rivet. Ce cri fait résonner les souffrances des nombreuses personnes que je suis appelé à rencontrer et écouter. Il est urgent de savoir prendre soin des autres, des créatures et de la création que Dieu nous confie. Cette revendication, aussi urgente soit-elle, laisse cependant la première place à la contemplation, à la gratitude, à une attention plus douce, spirituelle, nous menant à découvrir un Dieu qui précède et accompagne nos combats en prenant soin de nous.”

Laurent Rivet est un prêtre de son temps. Son sixième album s’illumine avec du ragga, du très bon reggae, du séga, des mélodies rock et quelques ambiances de variété française pour créer un tout qui ravit tous les goûts et tous les âges. Il s’amuse même avec l’auto-tune – alors que cet outil est censé corriger les imperfections vocales, sur Pran kont c’est Laurent Rivet qui sublime l’auto-tune. Mais Pran kont est bien plus qu’un exercice de séduction. Quand il était au Collège du Saint Esprit, Laurent Rivet reprenait U2, Cake et Radiohead dans un groupe de rock. Sur son sixième album, il convoque ses premières passions musicales et réussit de belles explorations pour créer un disque rassembleur.

L’album commence avec Konbatan, un appel à prendre les armes spirituelles pour se protéger des manigances du mal. Quoi de plus normal que d’inviter le Sergent du ragga mauricien, Blakkayo, pour passer ce message. Le ton est donné. Pran kont se compose d’autres collaborations avec des pointures de la musique mauricienne. Après une première collaboration en 2013 sur Nou Bondie Bon (album Enn Zom, Enn Bondie), Ras Minik pose sa voix sur Psom 18 pour célébrer le Christ libérateur.

Sébastien Margéot apporte son énergie folk sur les arrangements de Kan to la et Tann dir. Sur la chanson titre, Alain Ramanisum et Laurent Rivet sollicitent la lumière de Dieu pour restaurer nos valeurs sociétales.

Et au-delà de la musique, le message de Pran kont reste fort. Les 12 titres éveillent les consciences. Ils nous appellent à nous mobiliser pour croire en le meilleur avec le Seigneur. Kan to la et Dan to lebra nous rappellent que nous pouvons nous abandonner totalement à Dieu dans nos moments de faiblesse. Enfin, sur Tann dir Laurent Rivet évoque le doute de l’existence du Très Haut, mais c’est au Seigneur, lui-même, qu’il demande de préparer nos cœurs pour entendre ses paroles et l’intelligence pour les comprendre. Ainsi, Pran kont célèbre le cercle vertueux de la foi.