Alors que la rumeur enfle qu’Air Mauritius envisage de vendre le Paille-en-Queue Court après avoir vendu quatre avions dont la compagnie avait la propriété exclusive, des employés, à travers un courriel du 28 janvier de leur syndicat AMCCA – Air Mauritius Cabin Crew Association, demandent des explications concernant certains items de dépenses et revenus et souhaitent désormais être informés régulièrement de la réelle situation financière de leur entreprise. Interrogation et souhaits qui sont restés sans réponse jusqu’ici de la part des administrateurs et autres dirigeants de la compagnie.

La vente éventuelle du Pailles-en-Queue Court constitue une surprise pour les employés qui affirment que seuls sept étages sont utilisés par Air Mauritius et que le reste des 12 étages est loué au gouvernement et à d’autres entreprises, ce qui est une source des revenus non-négligeable pour la compagnie d’aviation nationale. Pourquoi la vendre?

Dans cette conjoncture, l’interrogation majeure qui circule parmi les employés concerne la somme de Rs 9 milliards que le gouvernement a prévu d’injecter dans les finances d’Air Mauritius d’après le budget de l’année dernière. Ils se demandent pourquoi cette injection n’a pas été faite jusqu’ici, puisque comme l’affirment les dirigeants, il n’y a pas de visibilité pour l’avenir économique d’Air Mauritius tant que l’ouverture des frontières n’aura pas été fixée par le gouvernement.

Régime d’assistance salariale de l’État pour les employés

Ces employés affirment qu’à partir des comptes qui leur ont été récemment fournis – qui ressemblent fort à ceux reçus par voie de mise en demeure au début de l’ère administrée –, le déficit annoncé est d’environ 1,5 milliard de coûts attendus d’Air Mauritius, jusqu’en mars 2021, en tenant compte de l’injection de Rs 9 milliards par l’État mais en n’incluant pas les réductions de salaire des employés et la vente des actifs de MK. La question est de savoir si les fonds générés par la vente des quatre avions font aussi partie de ce bilan financier ou pas.

L’AMCCA se demande aussi pourquoi la facilité fournie par le gouvernement à d’autres secteurs comme le régime d’assistance salariale, le WASP, n’est pas étendue aux employés d’Air Mauritius, considéré comme un « travail et secteur essentiel » pour le développement économique du pays. D’autant que bon nombre d’employés de ce secteur sont en congé non payé continu depuis plusieurs mois ou travaillent à temps partiel alors que d’autres le sont à plein temps bien que la direction ait affirmé qu’il n’y avait pas beaucoup d’activités à Air Mauritius.

Dans ce contexte, la position des administrateurs en ce qui concerne les services d’hélicoptère et Airmate, sous administration aussi, puisqu’ils sont rattachés à Air Mauritius Limited, intéresse également le syndicat du personnel navigant.

Plus de transparence

De même, les employés souhaitent savoir comment Air Mauritius parvient à honorer les dépenses salariales et autres pour son administration élargie alors qu’il a de grandes difficultés à honorer les paiements mensuels de salaires à ses employés.

Ainsi, les employés soutiennent que la priorité est de sauver le transporteur national et que, de ce fait, l’argent de l’État doit être injecté sans délai et sans tenir compte de sa rentabilité présente et future. Ils exhortent la direction de MK d’agir promptement et de ne pas se cacher derrière l’attente de la « visibilité », car cela conduit inévitablement à l’effondrement des derniers piliers de la compagnie aérienne nationale.

Enfin, les employés, qui se disent aussi créanciers de la société et dépendent d’Air Mauritius pour vivre au même titre que les actionnaires, souhaitent plus de transparence dans la gestion des affaires. À cette enseigne, ils ne souhaitent plus être tenus dans l’ignorance des décisions concernant de la compagnie mais être tenus au courant de toute évolution et information en temps réel. En conséquence, l’AMCCA dit sa confiance et sa foi dans ce qu’elle appelle le « joyau de notre République et la fierté nationale que sont Air Mauritius Ltd, qui doit être sauvegardée pour le bien de l’économie nationale, du peuple mauricien et le reflet de la nation ».