Mo Cake est une micro-entreprise locale, située à Saint-Pierre et spécialisée dans la pâtisserie. Son directeur, Laval Vavra, âgé de 34 ans, exerce comme “attendant” à plein-temps dans une école primaire, puis comme chanteur dans un groupe à temps partiel. Il y a trois ans, il avait développé une passion exceptionnelle pour la pâtisserie, mais n’avait jamais songé à exploiter son talent dans le domaine. Il nous confie que c’est le « chômage technique », pendant le confinement l’année dernière, qui l’a poussé à exploiter son savoir-faire dans la pâtisserie et à ouvrir son entreprise. Rencontre. 

Génoise à la vanille, au chocolat ou encore au coco, massepain, “layer cake”, pâte d’amande, Red Velvet… Une longue liste vous attend chez Mo Cake. Cette petite pâtisserie familiale a vu le jour grâce à Laval Vavra, un jeune entrepreneur autodidacte, qui a défié le chômage technique pendant le confinement. Exerçant comme “attendant” dans une école primaire et chanteur dans un groupe, il s’apprête à prendre une nouvelle décision par rapport à sa carrière cette année.

Revenant sur son parcours, Laval raconte qu’il a été un ancien élève du collège St-Mary’s, à Rose-Hill, mais que son parcours scolaire n’est pas allé au-delà de la Form V. Toutefois, il est actif sur le marché du travail depuis qu’il a 12 ans. « J’étais énormément passionné par la comédie, et ce depuis ma tendre enfance. Quand il y avait des événements dans la famille, je faisais rire les proches. Ma famille, surtout ma sœur, était convaincue que j’avais un talent dans ce domaine. Un jour, ma sœur a vu une annonce publicitaire dans un journal. Le groupe Komiko était à la recherche d’un jeune comédien. J’ai participé à l’audition et j’ai obtenu le rôle. J’ai travaillé pour le compte du groupe jusqu’à l’âge de 18 ans », nous confie Laval.

Par la suite, le jeune homme a décidé de faire ses adieux à la comédie pour une profession à plein temps. Il intègre ainsi un centre d’appels au poste de télé-agent auquel il a consacré huit années de sa vie. En parallèle, il s’est lancé dans la musique, comme chanteur principal dans un groupe. « Mon père était musicien. Depuis que je suis petit, je l’écoutais chanter avec beaucoup d’intérêt, mais je ne pensais pas emboîter ses pas », dit-il. Comme le dit si bien ce dicton créole « dilo swiv kanal », Laval a fini par prendre la relève. « J’ai commencé à chanter et les gens appréciaient ma voix. Pourtant, je n’ai pas eu de formation dans le domaine. Je pense que j’ai hérité du talent de mon père. Alors, j’ai décidé de monter un groupe d’artistes avec des amis et nous l’avons baptisé Mosaik. La spécialité de ce groupe est le mélange de couleurs et de styles musicaux. Puis, j’ai pris des cours pour me perfectionner et j’ai eu la chance d’avoir comme coach la célèbre chanteuse locale Linzy Bacbotte », affirme le jeune artiste.

Toujours en quête d’un emploi sûr, Laval décroche le job d’enseignant de théâtre à l’école Le Nid, à Triolet. Par la suite, il décroche un emploi à plein-temps comme “attendant” dans une école primaire. « Je menais une vie très simple. La journée, je travaillais à l’école et, dans la soirée, j’animais des spectacles à l’hôtel. Mais ma vie et ma carrière ont pris un nouveau tournant en 2020 à la suite de la crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19. Pendant le confinement, j’étais oisif à la maison. Les écoles étaient fermées et les hôtels n’opéraient pas. Donc, je ne pouvais pratiquer aucun de mes deux métiers. Confiné chez moi, j’ai décidé de vivre ma passion pour la cuisine », dit-il.

En effet, Laval relate qu’il a également développé une passion pour la cuisine et la pâtisserie il y a trois ans. « Dans un premier temps, je préparais des gâteaux pour ma famille. Les proches, qui y ont goûté, ont énormément apprécié et, de bouche à oreille, la nouvelle s’est répandue dans la communauté. Je dois préciser que, tout comme pour la musique et la comédie, je n’ai jamais suivi de formation pour la cuisine ou la pâtisserie. Je suis un pâtissier autodidacte. Pendant le confinement, quand les commandes ont commencé à pleuvoir, j’ai décidé d’effectuer plus de recherches sur les techniques de la pâtisserie et de la décoration. À ce stade, les vidéos disponibles sur YouTube m’ont beaucoup aidé. J’ai suivi toutes les instructions disponibles en ligne pour améliorer ma pâte, la base, la crème et la décoration, entre autres », souligne notre entrepreneur.

La petite entreprise prend un envol après le confinement. Selon Laval, le réseau clientèle ne faisait qu’agrandir. D’où la nécessité pour lui de monter son entreprise qui porte aujourd’hui le nom de Mo Cake. Cette micro-entreprise existe depuis un an seulement, mais elle est très prisée parmi les friands de pâtisseries. « Le succès est arrivé très vite. Le secret réside dans la qualité des gâteaux que je prépare. Personnellement, je pense qu’un pâtissier doit préparer un gâteau non seulement avec passion et amour, mais également en imaginant que c’est lui qui le mangera. Ainsi, il aura tendance à bien le préparer. Je fais des gâteaux au goût fait maison, ce qui les différencie nettement des gâteaux commerciaux disponibles sur le marché. J’utilise aussi des ingrédients de bonne qualité », indique le jeune entrepreneur. Pour se faire connaître à travers le pays, Laval, avec la complicité de sa sœur, monte une page Facebook sur laquelle il expose tous ses chefs-d’œuvre et prend des commandes en ligne. Il utilise d’autres réseaux sociaux également pour la promotion de son entreprise.

Laval raconte qu’il a commencé par faire des gâteaux à l’occasion des anniversaires. Mais par la suite, il a reçu des commandes pour diverses occasions, notamment des mariages, soirées privées et des fiançailles. Par ailleurs, il fait ressortir qu’outre les gâteaux, il propose également des napolitaines et des mises en bouche. « Ce succès était vraiment inattendu, mais j’en suis très fier. Toutefois, je crois fermement que j’ai toujours un long chemin à parcourir. D’ailleurs, afin de me faire connaître davantage, je projette d’organiser une journée portes ouvertes, pour laquelle je vais préparer une panoplie de gâteaux et de mises en bouche et les gens pourront venir y goûter gratuitement. De plus, à ce stade, je travaille chez moi, dans ma cuisine. Mais j’aspire à ouvrir une pâtisserie, avec la collaboration et le soutien de ma sœur, qui est comme ma mère. Je réserve aussi des projets pour mon groupe de musiciens cette année, mais ma priorité reste la pâtisserie », dit-il.

Et d’ajouter que la pâtisserie aujourd’hui n’est plus comme celle de l’époque. « Aujourd’hui, les gens commandent des gâteaux pour tous les événements, que ce soit grand ou petit. Pour d’autres, les gâteaux sont des desserts à leur table. Les gâteaux sont devenus un Must. Même les décorations ont été modernisées, avec des chocolats, des fleurs naturelles, des pâtes à sucre, entre autres. Personnellement, je trouve que les gens préfèrent la simplicité comme décoration. Ils sont plus concernés par le goût », conclut-il.