- Publicité -

Monde du travail : La CTSP réclame une One-Stop-Shop en faveur des travailleurs étrangers

Essence : « Un appel pressant au gouvernement pour qu’il revoie au plus vite les prix »

« Maurice est parmi les premiers pays au monde s’agissant de la baisse du taux de natalité. L’emploi des travailleurs doit être une opportunité pour le pays et non pas une opportunité pour les employeurs », déclare Reaz Chuttoo, porte-parole de la Confédération des Travailleurs des secteurs public et privé (CTSP).

- Publicité -

Il revendique ainsi des structures appropriées « pour que Maurice cesse d’avoir l’étiquette de human trafficking au niveau international. Il faut une One-Stop-Shop pour les problèmes des travailleurs étrangers ». Le syndicaliste lance par ailleurs un appel pressant au gouvernement pour qu’il revoie au plus vite les prix des carburants. « Cela soulagera les consommateurs », trouve-t-il.

Dans un contexte de forte inflation où l’argent est un problème pour les salariés, Reaz Chuttoo déplore que « des employeurs sans scrupule ne donnent à leurs employés que le salaire minimum alors que l’article 26 de la loi stipule qu’à travail égal, il faut un salaire égal ».

Il dénonce le fait que le but de ces employeurs « est d’augmenter l’emploi des étrangers tout en prétextant que les Mauriciens sont paresseux, ne veulent travailler, et ainsi ils ont plus de permis pour recruter des étrangers. Cela risque d’engendrer un grand problème social. Les Mauriciens ont le sentiment que les étrangers leur volent leur travail ».

En 2023, la CTSP fera ainsi « pression sur le gouvernement pour la création d’une One Stop Shop pour se pencher sur les problèmes des travailleurs étrangers ». Reaz Chuttoo indique qu’un rapport des Nations unies qui vient de sortir, mentionne que Maurice ne respecte pas les droits des travailleurs étrangers et que l’ONU suivra ce problème de près.

« Maurice est parmi les premiers pays au monde s’agissant de la baisse du taux de natalité. L’emploi des travailleurs doit être une opportunité pour le pays et non pas une opportunité pour les employeurs. Nous estimons que dans les années à venir, il y aura quelque 400 000 travailleurs étrangers. Il doit y avoir des structures pour eux. Face au déclin de la population, on doit pouvoir parler d’immigration. Pour que notre économie fonctionne, il nous faut environ 2 millions de personnes. L’Immigration Act ne va pas du tout dans ce sens. Il faut du sang neuf. Ce sera une opportunité pour le pays. Avec plus de travailleurs étrangers, il y aura plus de revenus fiscaux, moins de dépenses pour la protection sociale (ces derniers ne resteront pas au pays à l’âge de la retraite), ce qui peut permettre un mieux-vivre pour les Mauriciens. Il faut donc les structures appropriées pour que Maurice cesse d’avoir l’étiquette de human trafficking au niveau international », soutient Reaz Chuttoo.

Un autre problème auquel s’attaquera la CTSP cette année : la surveillance des employés par des caméras. « Aujourd’hui, il n’y a aucune réglementation à ce sujet. Des employeurs installent des Spy Cameras qui n’enregistrent non seulement des images mais aussi le son. Ils utilisent ces caméras pour trouver une faille chez les employés leur permettant ainsi de les licencier », s’insurge-t-il. Or, rappelle-t-il, depuis l’an dernier, les droits liés à la santé et à la sécurité ont été reconnus comme des droits fondamentaux de l’être humain. « Mais, des facteurs demeurent qui affectent aujourd’hui les employés psychologiquement », rajoute-t-il.

L’autre priorité : que les femmes intègrent mieux le marché du travail. « Pour cela, le gouvernement doit pourvoir des formations. En Afrique du Sud, par exemple, dans le secteur de la construction, trois-quarts des opérateurs sont des femmes. À Maurice, pour bénéficier d’une formation comme opérateur, il faut détenir un permis de conduire pour une voiture privée », fait comprendre Reaz Chuttoo, qui s’élève contre cette exigence montrant que les personnes intéressées n’ont pas les moyens d’aller suivre un cours en vue d’avoir un tel permis.

« Cela coûte au moins Rs 20 000 pour prendre des cours avec une auto-école. Auparavant, pour avoir une formation en vue de manipuler un Payloader, la police livrait à la personne son permis. Cette exigence d’un permis pour une voiture privée est un obstacle pour nombre de femmes », dit-il encore.

S’agissant des salaires dans le secteur privé, depuis 2019, la Workers Rights Act stipule que le National Remuneration Board (NRB) fixera désormais des salaires pour les divers corps de métier.

« En effet, il y a trop de discriminations. Il existe 31 Remuneration Orders et ce sont 31 salaires différents. Ce qui est en contradiction avec la section 26 qui stipule que work of equal value should be equally remunerated. C’est donc une priorité que le gouvernement fasse des recommandations pour les divers corps de métier. Ainsi, chaque 5 ans, les salaires seraient revus comme le PRB pour le secteur public », fait-il ressortir.

Enfin, la CTSP a aussi comme priorité le dialogue social : « le National Tripartite Forum figure dans la loi depuis 2019. Or, jusqu’ici, cette plate-forme ne s’est pas réunie… » La confédération s’y attelle donc.

- Publicité -
EN CONTINU

l'édition du jour