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Monde du travail : la FTU dénonce des conditions de travail rétrogrades en pratique

Des patrons du secteur privé contrôleraient le temps passé aux toilettes par leurs employés. C’est ce que dénonce la Fédération des Travailleurs Unis (FTU), qui a déjà alerté le ministère du Travail à ce sujet. Selon Atma Shanto, le porte-parole, ce n’est pas la seule dérive dans le secteur privé. Il déplore l’absence de réaction du ministre de tutelle, Soodesh Callichurn.

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Aller aux toilettes fait partie des besoins physiologiques de la personne, fait ressortir Atma Shanto, qui se demande comment certains patrons peuvent noter et limiter le temps passé aux toilettes par leurs employés. « C’est une pratique qui existait déjà dans les années 70. Aujourd’hui, cela revient d’actualité. Au lieu de progresser, on est en train de régresser. De plus, les employés concernés sont des femmes. C’est un manque de respect total envers elles », dénonce le syndicaliste.

Le négociateur de la FTU dit avoir déjà écrit une lettre au ministère du Travail à ce sujet. Il s’étonne cependant que plusieurs semaines plus tard, rien n’ait été fait. « Nous avons un ministre du Travail à temps partiel. Nous nous attendions qu’il prenne position et adresse un message fort aux employeurs qui se croient tout permis. Mais on n’a rien entendu. »
Il s’interroge également sur le rôle de la ministre de l’Égalité des Genres, Kalpana Koonjoo-Shah, qui est supposée défendre la cause des femmes. « Maintenant que nous avons parlé de cette affaire en public, on s’attend à ce qu’elle prenne aussi position et adresse un message fort », dit-il.

Par ailleurs, Atma Shanto déplore le laisser-aller des autorités à plusieurs niveaux concernant les conditions d’emploi dans le secteur privé. « À titre d’exemple, quand une entreprise n’est pas en règle avec l’Employment Rights Act, le ministère est en droit de lui servir une Compliance of Notice. Or, nous notons une tendance ces jours-ci : lorsqu’il y a une Compliance of Notice, l’employeur la conteste. Il y a plusieurs cas comme cela. Le ministère est devenu un bouledogue sans dents », fait-il comprendre.

Un autre cas, ajoute Atma Shanto, concerne une entreprise qui existe depuis 20 à 25 ans, et après tout ce temps, le syndicat a découvert que les salaires de base étaient mal calculés. « Le ministère du Travail dit qu’il n’est pas au courant. Mais que fait-on pour faire respecter la loi ? Il faut attendre que le syndicat dénonce pour qu’on soit au courant ? » se demande-t-il.

À ce sujet, le porte-parole de la FTU dénonce l’attitude d’une compagnie où, après un exercice de vote, 60,3% des employés ont choisi d’être représenté par un syndicat. Toutefois, à ce jour, l’employeur refuse toujours d’accorder la reconnaissance au syndicat. « Aujourd’hui, les travailleurs doivent avoir beaucoup de courage pour faire face aux patrons. Et bien souvent, ces derniers restent inaccessibles. Ils ont des intermédiaires, comme des responsables des ressources humaines ou des conseils légaux », dénonce le syndicaliste.
Le recrutement des travailleurs étrangers dans le tourisme, la surexploitation dans ce secteur, de même que l’insécurité dans d’autres secteurs comme la distribution, préoccupent également la FTU. « Cela fait longtemps que le ministre du Travail n’a pas rencontré les syndicalistes pour savoir ce qui se passe. Il y a tant de problèmes, comme le langage abusif envers les employés, qui est devenu très courant. Le ministère a pris plusieurs années pour venir avec une loi condamnant cette pratique et, pourtant, il n’a entendu aucune poursuite à ce jour. La loi seule ne sert à rien. Elle doit être appliquée », regrette le syndicaliste.

Atma Shanto souhaite ainsi que le ministère du Travail adopte une politique de proximité et mènera des enquêtes de manière sérieuse. « Le ministère a le pouvoir d’enclencher des poursuites quand il y a violation. Il ne faut pas attendre que les syndicats viennent dénoncer. » Ce dernier précise également qu’avec la levée des restrictions sanitaires, la FTU organisera bientôt une série de manifestations.

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