Reaz Chuttoo sur le droit d’importer des gens de maison : « Ou pe ras manze dan labous travayer »

La Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) demande au gouvernement de venir avec des règlements obligeant les employeurs à rémunérer les travailleurs s’ils ont été infectés par le Covid-19 sur leurs lieux de travail et qu’ils sont obligés de rester confinés.

Le président de la CTSP, Reaz Chuttoo, affirme « que la loi actuelle prévoit que c’est l’employeur qui doit prendre la responsabilité d’un travailleur ». La direction de la MEXA est, d’ailleurs, d’avis qu’il n’est pas possible qu’une entreprise soit fermée complètement lorsqu’un ou deux trois cas de Covid-19 ont été détectés, a-t-il déclaré. « La CTSP est en train de dire que le Covid-19 doit être reconnu comme une maladie professionnelle. » Il se dit conscient que certains pays poussent vers l’immunité collective et décident même de ne pas annoncer combien de cas de Covid-19 sont répertoriés chaque jour parce que c’est un facteur qui sème la panique chez les travailleurs. « Lorsqu’il y a un cas de négligence, c’est l’employeur qui doit assumer ses responsabilités », a-t-il dit. Et d’ajouter que la CTSP réunira ses membres le 22 juillet pour formuler ses propositions sur le protocole sanitaire pour les employeurs.

Le président de la CTSP a aussi déclaré que le dernier budget a souligné que l’autorisation sera accordée pour l’importation des gens de maison. La CTSP s’oppose à cette pratique. « Maurice est perçue comme étant un pays qui pratique le trafic humain. Une bonne à tout faire qui vient de l’étranger sera vulnérable. Nous allons ouvrir une porte à l’abus sexuel avec cette pratique. Des cas similaires existent dans beaucoup de pays du Golfe. Nous avons adressé une lettre au ministre du Travail, Soodesh Callichurn, pour donner notre point de vue. Ou pe osi ras manze dan labous bann dimounn a Moris ki kapav fer sa travay la », a déclaré le président de la CTSP.

La secrétaire générale de cette organisation, Jane Ragoo, a accueilli favorablement la décision du gouvernement de ratifier la Convention 190 sur la violence et le harcèlement au travail. Elle a souligné que cela fait suite à une campagne menée par cette confédération syndicale pour l’adoption de cette Convention par l’Organisation internationale du travail.

Cette Convention protège aussi les travailleurs en dehors des lieux de travail. Ainsi si un patron découvre que la productivité d’un employé a diminué en raison de la violence domestique, il est du devoir de l’employeur de lui accorder un soutien pour se relever.

Depuis 2019, a-t-elle dit, la CTSP avec l’aide d’autres formations syndicales internationales a mené une campagne sur le plan international pour faire voter cette loi. La CTSP avait la responsabilité de demander au gouvernement ici à Maurice de ratifier cette Convention.
« Nous avons été même jusqu’à pénétrer dans le bureau du ministre du Travail avec notre banderole pour faire une photo avec lui pour soutenir cette Convention », a déclaré Jane Ragoo. Maurice est le septième pays au monde parmi les 181 pays qui font partie du l’OIT à avoir signé cette convention. « Le pays est devenu aussi le troisième en Afrique et le premier dans l’océan Indien à avoir signé cette Convention. Le travail ne s’arrête pas là. La CTSP dispose d’un an pour faire un relevé des sites de travail où les travailleurs font face à la violence et au harcèlement et identifier des faiblesses dans les lois du pays par rapport à cette Convention », a-t-elle souligné.