hôpital Pamplemousses SSRN
Le décès de la victime a été constaté à l'hôpital de Pamplemousses

– Les membres du Medical Negligence Standing Committee déjà en présence des premiers éléments du dossier, dont le rapport de l’enquête départementale de SSRNH

– Depuis son installation en juin de l’année dernière, ce comité avait bouclé à la fin janvier des enquêtes dans 35 cas d’allégations de négligence avec des conclusions de Prima Facie dans une quinzaine

Tous les regards sont à présent tournés vers le Medical Negligence Standing Committee, chargé de mener une enquête sur le décès, qualifié de crime par le père, d’un nouveau-né survenu dans la nuit de lundi dernier au Sir Seewoosagur Ramgoolam National Hospital (SSRNH) pendant l’accouchement. Les témoignages bouleversants du père et de la mère, selon lesquels la tête de leur bébé était séparée de son corps, ont choqué la population. Mais ce qui a davantage choqué les Mauriciens, c’est la manière dont le corps du bébé a été transporté à la morgue à des fins d’autopsie. Le Medical Negligence Standing Committee entamera ses travaux lundi et entreprendra son enquête à l’hôpital du Nord.

Ce comité, institué en juin 2020, est présidé par Me Lockraj Nuckchady et comprend trois anciens médecins de la fonction publique, ayant occupé des postes à responsabilités durant leur carrière, à savoir le Dr Kandhayalall Boodhoo (ancien médecin urgentiste et ex-président du Medical Council), le Dr Keshaw Deepchand (ancien Director of Health Services et ex-Registrar du Medical Council) et le Dr Shahina Aboobakar (ancien Director of Health Services). Ilqs sont déjà en présence des premiers éléments de cette affaire. Une parenthèse pour souligner que ce Medical Negligence Standing Committee a été institué en juin 2020 par le Cabinet, avec pour attribution « to conduct preliminary investigations only into alleged medical negligence at the level of public health institutions ».

Dans l’entourage de cette instance, on affirme que celle-ci mènera l’enquête entourant la mort de ce nouveau-né « en toute indépendance et en toute transparence, et avec la même diligence et minutie » qui ont caractérisé son travail jusqu’ici. C’est ainsi qu’on fait mention de 35 cas d’enquêtes bouclés par ce comité en six mois, soit de juillet 2020 à janvier 2021. Dans une quinzaine de cas, le comité a avancé des éléments indiquant qu’il y a eu « négligences et “malpractices“ de la part du personnel » mis en cause dans les plaintes. « Cela prouve que ce comité d’enquête travaille en toute indépendance », soutiennent ainsi les principaux concernés. Notons toutefois que d’après la procédure, il revient au Medical Council ou au Nursing Council de confirmer les faits avant de prendre quelconque sanction à l’encontre des membres du personnel soignant mis en cause dans une enquête.

D’habitude, le Medical Negligence Standing Committee mène ses investigations à l’hôpital mentionné dans la plainte de négligence alléguée. Ce qui permet aux membres de ce comité d’enquête de vérifier immédiatement certains documents, de même que l’environnement dans lequel a été prodigué le traitement au patient concerné dans la plainte. Le comité peut également auditionner sur place le personnel soignant ainsi que d’autres membres du staff de l’hôpital qui pourraient être concernés par l’allégation de négligence médicale.

Ce comité prend généralement trois semaines à un mois pour boucler une enquête. Avec une question : combien de temps prendra-t-il cette fois pour rendre son rapport dans le cas de ce mort-né à l’hôpital du Nord ? Dans l’entourage du comité, on ne cache pas que les exigences du confinement pourraient retarder cette échéance et que l’avancement de l’enquête dépendra de la disponibilité des personnes concernées pour les auditions. Cependant, dans les milieux du ministère, on souhaite que l’enquête soit bouclée dans un délai maximum d’un mois.