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Musée de l’Esclavage – Pravind Jugnauth : « Un lieu de mémoire servant à construire l’avenir »

Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui procédait, hier soir, à l’inauguration de l’aile réhabilitée du musée de l’Esclavage, a souligné la volonté du gouvernement « de reconnaitre le sacrifice des esclaves et de mettre en valeur leur contribution au développement du pays ». Le ministre des Arts et du Patrimoine, Avinash Teeluck a, pour sa part, annoncé qu’un montant de Rs 50 millions supplémentaire sera consacré à ce projet en ajoutant que « la mémoire de nos ancêtres dépasse toute considération financière ».
C’est dans un édifice complètement rénové qui a retrouvé son éclat d’antan que s’est déroulée la cérémonie d’inauguration d’une aile de l’ISM. Un des moments forts de cette cérémonie a été la présentation d’un slam par Kylian Razaze, âgé de 7 ans, intitulé « Rakont mwa gran mama » qui a été très apprécié par l’assistance.

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Le Premier ministre Pravind Jugnauth a placé la création du musée intercontinental de l’esclavage dans son contexte local et international en mettant l’accent sur le fait qu’il « contribuera à promouvoir le respect du peuple africain et de reconnaitre leur contribution à Maurice et par conséquent à renforcer l’autonomie des citoyens mauriciens ayant une ascendance africaine ». Il ajoutera que « nous souhaitons que ce musée soit au service des droits de l’homme et qu’il instaure un nouvel élan vers l’égalité sociale et qu’il réponde à l’aspiration de plus de justice sociale .»

Il rappelle que ce musée correspond aux besoins et aux attentes d’une société longtemps mise à l’écart et dont l’histoire a été marginalisée. « C’est un lieu de mémoire qui servira à construire l’avenir en permettant aux groupes autrefois marginalisés d’accueillir les outils qui faciliteront leur vie commune. La création du musée fait partie des mesures concrètes visant à lutter contre toutes les formes de racisme de discrimination raciale et de l’intolérance », dit-il.

Il a précisé toutefois que l’histoire n’est pas une mise en accusation. « Un musée n’est pas un lieu pour présenter les critiques. Connaitre le passé n’est pas diviser, ce n’est pas de fragmenter la société c’est un moyen d’affirmer une nécessité d’égalité entre les êtres humains. Il s’agit de connaitre les formes du travail forcé du passé pour comprendre le présent », affirme-t-il.

Pravind Jugnauth a remercié les pays qui contribuent à la création du musée notamment la France, représentée son ambassadrice Florence Caussé-Tissier et les deux experts français, à savoir Olivia Bourrat, conservatrice en chef du patrimoine, et Damien Bigot, responsable de l’unité Culture et patrimoine au ministère français de la Culture, présents à la cérémonie hier soir. Il a aussi cité le Japon et les États-Unis pour leur contribution. Il a conclu en insistant sur la volonté de rendre un hommage appuyé et d’exprimer une reconnaissance vivante aux femmes et hommes qui étaient réduits à l’esclavage arraché de leurs pays, déracinés dans leur âme pour servir l’économie coloniale aux 18e et 19e siècle.

Le président de l’ISM, Jean Maxy Simonet, a fait l’historique du projet de création du musée et a observé que les travaux de rénovation ont remis en valeur la compétence et la dextérité des esclaves qui ont contribué à la construction de cet édifice en 1740 et qui devait l’ancien hôpital militaire de Port-Louis sous la colonisation française.

La cérémonie d’hier a aussi été marquée par le lancement d’une publication sur les recommandations du processus de consultation publique sur le thème « Briser le silence », organisée par ISM (Mauritius) Ltd à la fin de l’année dernière et au début de cette année.

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