Jeudi 26 août, Otentikk Street Brothers (OSB) a célébré ses 29 ans. « Déjà ! », déclare Bruno Raya, fondateur et leader du quatuor de Plaisance, Rose-Hill. « Chaque année, nous marquons traditionnellement notre anniversaire, entourés de nos fans », confie l’artiste. « Hélas ! cette année, avec le Covid-19 et toutes les complications qu’entraîne cette pandémie, nous ne pouvons organiser de concert. Mais ce n’est que partie remise ! », signale le principal intéressé. Car « dès que la situation le permettra, Yo, Tikkenzo et moi-même serons au rendez-vous ! Entre-temps, nous planchons sur un single. »

OSB voit le jour en 1992. Bruno Raya est alors ado et est irrémédiablement attiré par « les sons urbains de l’époque : le rap, le raggamuffin ». Les membres d’origine et lui ne partageant pas tout à fait les mêmes idéaux et philosophies, quand il en vient à l’écriture de morceaux devant figurer sur leur premier album, la bande se sépare, pour mieux s’articuler. En effet, entouré de ses nouveaux complices, dont son frère Kœny, Didier Lapierre, Giovani Bouton, Michaël Bouton, Amédée Léonide et Roudy Alexandre, le combo commence à se faire connaître du public mauricien. « Nou finn tuzur demark nou par nou bann tex engaze », rappelle Bruno Raya. Ce qui se traduit dans leurs titres, dont les plus populaires et qui ont résisté au temps, comme Mo nas, Tulezur mo dir li, Leklavazis 6Tem (Montagne Le Morne), Noukkila, Devwar ris, Kreolite… sans oublier les éternels Panik dan baz, Marizann, Protez la natir, Zilwa leve lebra ou Revey Twa !

« OSB a été et reste toujours présent, solidement, sur la scène musicale locale, d’une part. Mais aussi au sein de notre société. Nou finn truv plizir zenerasyon moricien grandi avek nou », souligne encore M. Raya. Et de poursuivre : « Linguistiquement aussi bien que scéniquement et sur le plan des idées, notre combo a été à l’avant-garde. Ce qui se traduit par les grandes foules à nos sound-system, qui sont ensuite devenus des concerts. »
Le quatuor de Plaisance prenant son envol, ses membres déploient leurs ailes. À l’instar de Blakkayo, Dagger Kila et Master Kool B qui ont tous leurs opus en solo. Si Pascale Ferdinand (Dagger Kila) ne figure plus dans le line-up du quatuor, « pris par ses engagements personnels », OSB n’en demeure pas moins « un groupe qui continue à observer et commenter ce qui se passe dans notre pays ».

Imbus de justice sociale et de paix nationale, « nous chantons depuis toujours notre liberté de penser et notre métissage culturel », renchérit Bruno Raya. « Nous sommes pleinement conscients de l’immense richesse que représente le peuple mauricien. Mais hélas ! trop souvent, la politique vient gâcher la beauté de cette nation forte et belle. »

À défaut d’un gig ou d’un concert, ce week-end qui marque leur 29 ans, « et en marge de nos 30 ans, l’an prochain, je prie vraiment pour que la situation soit meilleure et que nous puissions offrir à nos fans un vrai, bon concert ». Bruno Raya, Blakayyo et Tikkenzo planchent actuellement « sur un morceau que nous présenterons bientôt ». Sur le plan personnel, « comme mon parcours personnel est parallèle à celui du groupe, j’ai aussi été au four et au moulin », signale B. Raya. Résultat : un single concocté avec Ultimatum et Orizinal Danzer, deux “old school”. « J’espère que les fans aimeront ! C’est un titre dansant et plaisant. Histoire de déstresser et de profiter de la vie. »